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Portrait d'université. Créteil veut sa place au soleil

Marie-Anne Noury
Publié le
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UPEC - campus de Créteil
UPEC - campus de Créteil // ©  Marie-Anne Nourry

Implantée à quelques stations de métro de Paris, l'Upec (université Paris-Est Créteil Val-de-Marne) a investi le vaste territoire de l'Est francilien. Avec 30.000 étudiants, elle compte désormais parmi les plus grosses universités pluridisciplinaires de France et doit fusionner en 2017 avec sa voisine de Marne-la-Vallée. Dans l'ombre des universités parisiennes, Créteil s'efforce de proposer un modèle différencié.

Assumer une place d'université "en banlieue", proche de son territoire, tout en se mesurant aux universités parisiennes au travers d'une recherche d'excellence. C'est dans cette dualité que l'Upec (université Paris-Est Créteil Val-de-Marne), établie dans l'est francilien jusqu'aux franges de la Seine-et-Marne, depuis plus de quarante ans, forge son identité. Et s'efforce, autour de cinq piliers, de proposer un modèle qui la distingue de ses grandes sœurs.

#1 Ouvrir une porte sur Paris

"L'Upec est une porte d'entrée vers la région Île-de-France, dans la mesure où les loyers à l'est de la capitale sont moins chers qu'à Paris, argue Luc Hittinger, président de l'université. Outre les étudiants, qui viennent de toute la France à partir du master, nous avons accueilli 130 nouveaux personnels issus de la métropole, de la Réunion ou encore de Madagascar."

Pour attirer les jeunes maîtres de conférences, l'université a créé un environnement de travail confortable qu'il est difficile de trouver dans les universités parisiennes. "Nous leurs offrons des locaux et les accompagnons, que ce soit pour cinq ou pour dix ans, l'important étant de pouvoir les garder le temps d'un projet", poursuit le président. Cette relation profite à l'université puisque ces enseignants-chercheurs "dans la fleur de l'âge" sont dans une dynamique de publication. L'Upec attire également les maîtres de conférences parisiens sur des postes de professeurs, plus simples à décrocher que dans les universités intramuros.

#2 Afficher des projets phares en recherche

"On n’est pas dans le classement de Shanghai et on n’a pas de médailles Fields ou de prix Nobel mais on essaie de se démarquer", glisse un proche de la présidence. Parmi les points forts que l'Upec entend développer : la recherche biomédicale, au travers du Collegium Galilée partagé avec l'UPMC (université Pierre-et-Marie-Curie) ; et les sciences de l'environnement avec le Lisa (Laboratoire interuniversitaire des systèmes atmosphériques), en commun avec Paris-Diderot et le CNRS.

L'Upec peut d'ailleurs se targuer d'avoir participé à l’atterrissage de la sonde Rosetta en novembre 2014, via ce laboratoire, ce qui lui a donné une résonance internationale.

Bibliothèque de l'UPEC

#3 Fidéliser les bons étudiants

"Quand on est à proximité de Paris, il y a une facilité de transport et on ne peut pas construire des murs", observe Luc Hittinger. Entre la licence et le master, un grand brassage s'opère. "On perd une moitié de nos étudiants et inversement une moitié des étudiants arrive en provenance de la région ou du reste de la France", poursuit le président.

Quand on est à proximité de Paris, il y a une facilité de transport et on ne peut pas construire des murs. (L. Hittinger

Pour fidéliser les bons éléments, l'université cristolienne prévoit de multiplier les filières sélectives. "Nous voulons proposer à partir de la rentrée 2015 une licence en deux ans, mettre en place des parcours internationaux avec des cours en langue étrangère et étendre le système des doubles licences", détaille Yves Palau, vice-président du Cevu (conseil des études et de la vie universitaire).

Et, pour résister à l'attractivité des masters parisiens, l'Upec veut gagner en spécificité en proposant des spécialisations qu'on ne trouve pas ailleurs, telles que les masters en management de la santé, en chimie organique ou encore en management des universités.

#4 Accompagner les publics en difficulté

 "On ne peut pas faire réussir tout le monde, les chiffres le montrent, mais il faut essayer de trouver des alternatives", indique Yves Palau. À compter de la rentrée 2015, l'Upec lance un dispositif d’accompagnement durant les soixante premiers jours en licence 1. "L'idée est de profiter de cette période pour suivre nos étudiants de près et éventuellement leur proposer des alternatives, car on sait que beaucoup abandonnent autour de la Toussaint", explique le vice-président du Cevu.

À un bac pro qui s'inscrit par défaut en licence de lettres, l'université pourra par exemple proposer une réorientation en BTS avant la fin d'année en le préparant grâce à une formation transversale, ou le former avec des DU pour l'amener à intégrer le marché du travail au bout d'un ou deux ans. "Nous avons signé une convention avec Pôle emploi", précise le vice-président.

 #5 Dynamiser la vie étudiante

"Il y a tellement de choses à faire à l'extérieur que la vie de campus s'en trouve réduite, admet Yves Palau. Quand les cours sont finis, les étudiants prennent le métro et vont ailleurs." Pour développer la vie de campus, l'Upec multiplie les événements visant à créer un sentiment d'appartenance. "Happy Upec" s'est tenu à la rentrée sur trois jours pour faire découvrir les services et les associations de l'université dans un cadre festif. Des graffeurs ont été invités à décorer les murs du campus principal et des concerts organisés pour attirer les étudiants.

L'institution mise aussi sur une implication accrue des étudiants dans les services de l'université, grâce à la requalification d'emplois étudiants. "Mais on ne va pas mettre l’esprit Upec en avant dans les prochains mois car cela n'aura plus de sens après la fusion avec l'Upem" (université Paris-Est Marne-la-Vallée), poursuit le vice-président. À compter de 2017, l'enjeu sera en effet de faire vivre la nouvelle université unique de l'est francilien.


Marie-Anne Noury | Publié le

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