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Patrick Lévy (université Joseph-Fourier) : "Nous voulons construire une université fédérale à Grenoble"

Virginie Bertereau
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Patrick Lévy, président de l'université Joseph Fourier Grenoble 1
Patrick Lévy, président de l'université Joseph Fourier Grenoble 1 // ©  Université Joseph-Fourier

Patrick Lévy le dit lui-même : il a été élu en avril 2012 pour mener à terme la naissance de l’université unique grenobloise : l’UGA (université Grenoble-Alpes). Alors que le projet a été officiellement présenté le 21 octobre 2013, le président de l’université Joseph-Fourier-Grenoble 1 , professeur de physiologie mais aussi président de l'UNF3S (Université numérique francophone des sciences, de la santé et du sport), revient sur la stratégie de son établissement dans cet environnement en mutation.

 

Où en est l'université Grenoble-Alpes ?

Nous voulons construire une université fédérale. Nous avons réglé les problèmes, d'une part entre les universités et les organismes de recherche, d'autre part entre les établissements eux-mêmes, y compris entre l’UJF et Grenoble INP. Nous allons nous servir de la communauté d’universités et d’établissements existante comme vitrine de l’UGA.

L’idée est de fusionner les trois universités grenobloises, d’intégrer Grenoble INP (avec le statut de grand établissement) constituant un pôle des écoles d’ingénieurs et de faire du CNRS un membre à part entière. Les autres organismes doivent être questionnés sur leurs intentions.

Des pôles de recherche doivent être créés pour coordonner la politique scientifique du site. Les organismes en seraient partenaires.

Reste la question de l’université de Savoie et celle de l’IEP de Grenoble, qui n’ont pas décidé de leur position (membres ou associés). Nous aimerions une mise en place si possible avant juillet 2015 ou au plus tard au premier semestre 2016. Nous essayons de décrire une gestion de proximité avec, bien sûr, des mises en commun (notamment pour les fonctions support) mais progressives.

Des pôles de recherche doivent être créés pour coordonner la politique scientifique du site

Quels sont vos autres grands projets ?

Il y en a pas mal ! Nous allons vers la création d’une fondation abritante. Nous sommes candidats à un nouvel appel d’offres type Idex. L’échec précédent a été douloureux. Nous n’avons pas le droit à l’erreur.

L’UJF tire son épingle du jeu dans les classements internationaux comme celui, par exemple, du Times Higher Education. Quels sont vos atouts ?

 Nous évoluons effectivement bien dans de nombreux classements internationaux et, globalement, il existe peu de champs thématiques scientifiques où nous n’apparaissons pas. C’est le résultat d’une politique scientifique mise en place sur plusieurs décennies !

Il est vrai que nous bénéficions également à plein de notre environnement. De grands instruments scientifiques, comme le Synchrotron, sont implantés à proximité, et la région produit de l’emploi scientifique et technologique. Nous n’avons donc pas de complexes par rapport aux établissements parisiens. Nous ne sommes pas si loin.

Côté formation, comment expliquez-vous la légère remontée de vos effectifs après plusieurs années de baisse ?

 Tout d'abord, il faut préciser que cette hausse n’est pas seulement due aux filières santé et STAPS. Les effectifs augmentent aussi en licence sciences et technologies. À la rentrée 2013, nous sommes revenus au niveau de 2007-2008 en gagnant 14% d’étudiants. Certes, d'une manière générale, le nombre de bacheliers scientifiques a augmenté dans l’académie. Mais nous avons également mis en place une aide particulière en licence (depuis cette année), du tutorat… et la réputation internationale de l’UJF aide aussi !

Chaque fois que nos équipes gagnent un appel d'offres, l'université s'appauvrit

De nombreuses universités sont dans une situation financière difficile. Est-ce votre cas ?

Nous rencontrons des problèmes évidemment, même si la situation est moins dramatique qu’ailleurs. Ceux-ci sont surtout liés à la masse salariale. Nous souffrons du vieillissement de nos personnels, mais aussi de leur excellence scientifique qui entraîne des promotions (ce qui est très positif !), avec une prise en compte très insuffisante par l’État du GVT (glissement vieillesse technicité).

Se pose enfin la question des frais d'environnement qui sont en France notoirement inférieurs à ceux pratiqués dans les autres pays. Chaque fois que nos équipes gagnent un appel d'offres, l'université s'appauvrit car les laboratoires prennent en charge le plus souvent moins de 15% des frais de projets, contre 40 à 50% au minimum ailleurs dans le monde.

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Le dossier sur l'université Joseph Fourier sur letudiant.fr

Virginie Bertereau | Publié le

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