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Xavier Vandendriessche : "La concurrence entre les universités de Lille est révolue"

Morgane Taquet
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Siège de l'université Lille 2 Droit et Santé
Annoncée d'abord en 2011, la fusion des trois universités lilloises aura finalement lieu en 2018. // ©  Morgane Taquet

Présentation du projet Idex, préparation de la fusion des universités d'ici 2018... L'année s'annonce chargée pour les universités lilloises. Le président de l'université Lille 2, Xavier Vandendriessche, affiche son optimisme.

Xavier Vandendriessche, président de l'université Lille 2 droit et santéVous aviez annoncé une université fédérale en 2011, puis, finalement, la fusion des universités en 2018, quelques mois après avoir été recalé par la première vague Idex. Pourquoi attendre pour fusionner ?

Nous travaillons sur le meilleur modèle à mettre en place depuis près de cinq ans. Diverses solutions ont été testées. Nous avons observé les fusions réalisées, par exemple, à Aix-Marseille ou à Strasbourg. Et nous en avons déduit qu'une bonne fusion, c'est une opération qui prend à peu près dix ans. Dix ans, c'est le temps que cela nous aura pris. Depuis des années, une logique de concurrence régnait entre les universités lilloises, ce temps est révolu.

Les universités lilloises s'étendent sur une dizaine de sites. Est-ce que cette organisation multisite est un frein à une fusion réussie ?

La présence de l'université sur une pluralité de sites est dans l'ADN de notre établissement depuis sa création, tant dans son organisation que dans sa gestion. Il faut garantir un équilibre subtil entre ce qui relève du siège et des composantes. On imagine difficilement une université de 70.000 étudiants localisée sur un seul site et cette diversité est source de richesse.

L'essentiel va consister à susciter chez nos étudiants et au sein de l'ensemble de la communauté universitaire la fierté d'appartenir à cette université. S'agissant de la vie étudiante, en particulier, nous avons le projet de faire du campus sportif José-Savoye le cœur de la vie étudiante lilloise, un véritable campus à l'américaine : activités sportives et culturelles, lieu d'échanges et d'interconnectivité.

Une bonne fusion, c'est une opération qui prend à peu près dix ans !

Vous aviez prévu de ne pas voter votre budget 2015 pour protester contre le prélèvement sur votre fonds de roulement ? Qu'en est-il ?

Je n'ai pas eu à voter de budget rectificatif, car c'est sur le dernier tiers versé au titre de la dotation de l'État que nous constaterons sans doute un trou de 8 millions d'euros. Plusieurs possibilités se présenteront alors à nous : soit nous exécutons un budget en déficit et nous comblons les 8 millions d'euros en puisant dans le fonds de roulement ; ceci imposera nécessairement de décider sur quels investissements réduire la voilure. Soit, nous refusons de voter le budget et c'est le recteur qui exercera le pouvoir budgétaire de l'université. C'est le conseil d'administration qui décidera de la marche à suivre.

Le gouvernement a annoncé qu'il n'y aura pas de prélèvements sur les fonds de roulement des universités en 2016. Êtes-vous soulagé ?

Soulagé n'est pas le mot. Disons que nous allons revenir à la situation antérieure, dite "normale". Malgré tout, le modèle Sympa est un modèle déséquilibré et injuste. Nos effectifs étudiants ont augmenté de 20% en cinq ans, mais les créations de postes ne suivent pas. Faire financer les universités par les universités, c'est un comble ! Comme si l'État appliquait la même règle entre les CHU ! La fusion doit être une réponse à cette difficulté, à condition, comme cela a été prévu, qu'elle soit accompagnée par l'État.

Le projet d'Idex lillois avait été recalé lors de la première vague. Vous avez été présélectionné pour cette deuxième saison. Quelles sont vos chances ?

J'y crois ! D'autant plus que le jury, par notre présélection en avril dernier, nous a confirmé que nous étions au niveau. Nous avons apporté le plus grand soin à la rédaction du dossier de sélection, en répondant systématiquement aux critiques ou recommandations du jury. Ainsi, nous avons développé le volet formation en mettant mieux en valeur nos atouts, nous avons mieux articulé notre stratégie à l'international et nous avons resserré et clarifié la gouvernance.

Justement, votre projet d'Idex propose une gouvernance resserrée autour de laquelle vont graviter notamment les autres universités de la Région. Quel est l'avenir de la Comue dans ce contexte ?

Bien sûr, l'université de Lille est la locomotive, mais nous ne pourrions pas exister sans les autres établissements, notamment le pôle santé avec le CHU. La Comue va donc continuer à exister car elle est le lieu essentiel de dialogue, de concertation et de construction de la stratégie globale de l'enseignement supérieur et de la recherche dans notre région.


Morgane Taquet | Publié le

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