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Université Montpellier 3 : une licence progressive avant l'heure

Camille Stromboni
Publié le
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Université Pau-Valéry Montpellier 3 - ©C.Stromboni - avril 2014 (5)
Université Pau-Valéry Montpellier 3 - ©C.Stromboni - avril 2014 (5)

La spécialisation progressive en licence, avant la réforme nationale en cours... Si l'université Montpellier 3 est souvent perçue comme rebelle face au ministère de l'Enseignement supérieur, elle a mis en place, depuis plusieurs années, un premier cycle par étapes, prôné actuellement par l'État. Avec dans l'idée de faciliter les passerelles pour lutter contre l'échec, mais pas seulement.

"Pour une fois que nos problématiques rencontrent celles du ministère", avance avec malice Laure Échalier, vice-présidente du CEVU (Conseil des études et de la vie universitaire). Geneviève Fioraso défend en effet une nouvelle licence plus progressive, pour lutter contre l'échec en L1, inscrite dans la loi sur l'enseignement supérieur.

Et à Montpellier 3, celle-ci est en place depuis... 2011 ! "Nous nous sommes intéressés à la réussite étudiante dès 2008, témoigne la vice-présidente. Il y a eu ensuite le plan licence, et l'habilitation de nos diplômes. Nous avons ainsi construit des maquettes avec une spécialisation progressive en licence dès 2011."

Chaque diplôme se partage en trois blocs : le tronc commun (avec une majeure et une mineure), la spécialité disciplinaire et les transversaux (langue, méthodologie, culture générale, sport).

"Nos étudiants peuvent se réorienter dans une autre spécialité à la fin du premier semestre ou du second, en conservant tous les crédits acquis, explique la vice-présidente. On considère que, si un étudiant a validé ses unités d'enseignement, elles sont transférables car il pourra s'adapter, ayant atteint un certain niveau universitaire. Ce n'est pas pour autant une propédeutique, où les étudiants feraient de la méthodologie hors-sol, un étudiant s'inscrit toujours dans une discipline."

Université Paul Valéry Montpellier 3 - ©C.Stromboni - avril 2014 (6)

peu de réorientations

Quels résultats en termes de passerelles à Paul-Valéry ? "Les réorientations ne concernent pas un wagon d'étudiants", reconnaît Laure Échalier. Environ 50 font ce choix à l'issue du premier semestre de L1 [sur 6.000 étudiants], les chiffres ne sont pas disponibles à l'issue du S2.

"Heureusement, l'objectif n'est pas seulement là. C'est aussi la pluridisciplinarité d'une université qui unit arts, lettres, langues et SHS que nous offrons aux étudiants", explique encore la vice-présidente.

"Nous avons une superbe licence mais peu s'en saisissent, ajoute la présidente Anne Fraïsse. Être moins disciplinaire n'est pas du tout plus facile pour un nouvel étudiant. Cela rend surtout la licence plus riche." Pour 2015, les nouvelles maquettes ont subi quelques ajustements, avec un élargissement de la palette des matières accessibles en mineure pour les étudiants.

Deux chances aux partiels

À Paul-Valéry enfin, les modalités de contrôle de connaissances ont aussi été réfléchies dans le souci de favoriser la réussite en licence – sans rien renier des exigences, souligne toujours Anne Fraïsse ! Jugées favorables par Emma Le Guen, ancienne vice-présidente étudiante (Unef), elles offrent en effet deux chances aux étudiants, qui peuvent tous, s'il le souhaitent, aller aux rattrapages pour faire remonter leurs notes. Seule la meilleure sera conservée in fine.

En pratique, ce sont surtout les L3 et les M1 qui se sont emparés de ce dispositif.

"À Montpellier 3, tout est fait pour aider les étudiants de licence, conclut l'étudiante de master 1. Mais, comme l'université n'a pas d'argent, on se retrouve quand même souvent dans des TD avec beaucoup de monde." La question du manque de moyens, premier cheval de bataille de la présidente Fraïsse, n'est jamais loin.


Camille Stromboni | Publié le

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