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Olivier Laboux : "À terme, il y aura une université commune entre Nantes, Angers et Le Mans"

Mathieu Oui
Publié le
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Professeur en chirurgie dentaire, Olivier Laboux a été élu le 30 mars 2012 à la présidence de l'université de Nantes. Pour EducPros, il revient sur les priorités de son mandat et sur le rôle moteur de son établissement dans l'aménagement du territoire.

Olivier LabrouxSix mois après votre élection, pouvez-vous revenir sur les grandes priorités de votre mandat ?

Mes trois priorités sont la recherche, les étudiants et les territoires. Notre recherche est très dynamique, nous avons 75 % des unités valorisées A ou A+. Je pense qu'il faut laisser plus de temps au chercheur, souvent très occupé à rédiger des dossiers de financement. Le rééquilibrage annoncé par la ministre, entre dotations récurrentes et appels à projets, est une bonne chose. À l'université, nous souhaitons faciliter la gestion des laboratoires à travers le principe de délégation de gestion globale à une seule entité qui peut être par exemple l'INSERM ou le CNRS. Par ailleurs, les chercheurs sont demandeurs d'une plus grande convergence entre la formation et la recherche. Concrètement, cela passe par la participation des directeurs de laboratoire à la construction des cursus.

En matière de vie étudiante, j'ai souhaité donner des responsabilités élevées en créant des postes de vice-président et de conseiller, ces deux étudiants participent aux réunions de bureaux. Ils ont par exemple participé à l'organisation des assises et étaient présents à la conférence de presse de rentrée, ce qui a surpris les journalistes.

En matière de territoires, comment l'université de Nantes se positionne entre les Pays de la Loire et la Bretagne ?

Ce découpage régional entre la Bretagne et les Pays de la Loire est assez récent puisqu'il date de la période de Vichy, et il reste encore à construire. Avec les projets des investissements d'avenir qui ont été retenus, nous allons construire une dorsale Nantes-Rennes et il faut maintenir réfléchir aux prolongements. À terme, il y aura une université commune avec Angers et Le Mans. Je pense, sans pour autant parler d'université unique, qu'il y aura un réseau dans le Grand Ouest.

Avec 75 % de recherche pour toute la région, nous avons une responsabilité particulière. Et en parallèle, et de façon concomitante, nous devons également structurer une relation bi-métropolitaine avec Rennes. Cette dorsale représente un poids considérable qui va attirer les autres universités. Déjà, certaines écoles nous demandent de prendre la main : c'est le cas de l'école vétérinaire par exemple, qui souhaite être rattachée au pôle santé. Nous sommes en phase pilote pour que les reçus-collés de médecine puissent intégrer l'école vétérinaire. Cela ne se fait encore nulle part ailleurs. Nous poursuivons actuellement le tour des grandes écoles du territoire, pour voir comment travailler ensemble.

Réduire les dotations de fonctionnement des universités, c'est menacer l'innovation, la valorisation et l'employabilité des étudiants

A la rentrée, vous avez annoncé des mesures d'économie pour faire face au déficit budgétaire d'environ 2 millions d'euros. Êtes-vous inquiet pour le budget 2013 ?

En 2012, nous avons effectivement pris sur notre fonds de roulement. Nous avons dû réduire de 20 % les dotations de nos composantes et geler 14 postes. Pour 2013, oui, nous avons des inquiétudes. Selon le modèle SYMPA, nous avons un déficit de 330 postes, compensé par l'État à hauteur de 72 postes. C'est d'autant moins suffisant que la base de calcul, de 25.000 € par poste, est inférieure au seuil de salaire chargé de 45.000 €. Nous attendons le détail des arbitrages du gouvernement.

Les universités ne doivent-elles pas participer aux efforts d'économie budgétaire ?

Non, car elles participent au développement économique par l'innovation et aussi parce que les universités françaises ne sont pas les mieux loties par rapport au reste de l'Europe. Réduire les dotations de fonctionnement des universités, et des laboratoires, c'est menacer l'innovation, la valorisation et l'employabilité des étudiants. C'est tout le paradoxe de l'annonce du gouvernement de créer 1.000 nouveaux postes pour le supérieur. Cela me semble difficile de justifier que l'on gèle des postes d'un côté et que l'on accepte des créations de l'autre. Nous avons besoins en priorité de masse salariale pour pouvoir payer nos enseignants.


Mathieu Oui | Publié le

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