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Montpellier 1 investit dans ses ressources humaines

De notre correspondant à Montpellier, Guillaume Mollaret
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Montpellier 1 - ©G. Mollaret
Montpellier 1 - ©G. Mollaret

Mise en place d’un système de primes d’intéressement sur projet, politique indemnitaire en faveur des personnels administratifs et techniques… Montpellier 1 a adopté une politique de gestion des ressources humaines (GRH) ambitieuse, malgré un budget contraint.

Avec un budget de 161 millions d’euros dont 78% de masse salariale, l’université a, à budget constant, redéployé 2 millions d’euros pour développer une politique de ressources humaines que le président Philippe Augé veut «novatrice et ambitieuse». Une préoccupation mise en avant depuis le passage de l’université à l’autonomie en 2009, dans le cadre de la LRU.

«Les dotations de l’État ne suivent pas. Il faut trouver des moyens ailleurs avec par exemple la location de salles. Pourtant, j’ai fait le choix de ne pas geler les postes», explique le président. Ainsi, la décision de recruter vingt postdocs par an, sur le principe d’un appel à candidatures. Le dispositif fonctionne sur le mode de deux campagnes (chacune pour dix postes) de recrutement par an, renouvelable une fois. Le coût de l’opération s’élève à 1 million d’euros, soit la moitié de l’enveloppe dédiée à la GRH.

Les autres points du dispositif sont, pour l’essentiel, déclinés en quatre points :

L’intéressement sur projet en direction des agents souhaitant s’impliquer dans l’introduction de dispositifs visant à l’amélioration du service public au sein de l’université, alors que la tâche n’incombe pas spécialement à leur mission. À ce titre, la création d’une Web TV et d’un guide d’accueil pour les nouveaux personnels a notamment été saluée l’an dernier.

Trois commissions recherche, gestion-administration, enseignement ont ainsi vu le jour. Le professeur Maurice Hayot (médecine), à l’origine de l’une de ces commissions, se souvient ainsi qu’une prime avait été attribuée à une préparatrice de laboratoire qui avait élaboré une vidéo, disponible sur le site Internet de Montpellier 1, à l’attention des étudiants afin de leur présenter les bonnes pratiques d’usage du labo.

Un dispositif de prime "référentiel équivalence horaires" – «qui n’a rien à voir avec une prime de rendement qu’il serait bien difficile d’instaurer dans une structure comme la nôtre», convient Philippe Augé – a été créé pour inciter les agents à s’impliquer dans des fonctions parapédagogiques comme l’accompagnement des étudiants dans le suivi de leurs stages.

De son côté, le syndicat enseignant Snesup, qui a participé à la mise en œuvre, sur la forme, de ces dispositifs «en concertation», précise-t-il, demeure critique sur le fond. «Nous sommes pour tout ce qui peut mettre en valeur les tâches invisibles. En revanche, le système de primes, donc hors salaires, ne nous convient pas, soutient Sandrine Michel, maître de conférences HDR en économie, représentante du Snesup au sein de Montpellier 1. Ce système repose sur une individualisation des carrières à laquelle nous sommes opposés. Par ailleurs, nous militons pour que toutes ces tâches invisibles aujourd’hui valorisées par cet intéressement soient désormais incluses dans le temps de travail et payées en salaires.»

Le rehaussement d’emploi, en faisant passer un maître de conférences au statut de professeur, en opérant de même dans le secteur administratif et technique, a également cours au sein des facultés de médecine et de droit montpelliéraines. Une mesure cependant difficile à tenir, avoue le chef d’établissement : «Il y a une série de besoins qui ne sont pas couverts pas l’État et pour lesquels nous devons redéployer des ressources. Les dotations ne prennent pas en compte le glissement vieillissement technicité [GVT].»

Par ailleurs, l’université, qui se dit ouverte à l’emploi de personnes handicapées, affirme libeller régulièrement des offres d’emploi «tous niveaux» à l’attention de cette population de travailleurs.

Une politique volontariste sur le long terme ?


Une politique volontariste que Philippe Augé craint de ne pouvoir maintenir en l’état dans les années à venir : «Le risque, c’est que, dans quelques années, les efforts fournis par l’université soient engloutis dans la couverture de frais engagés auparavant par l’État et non compensés !» Ainsi met-il en exergue le coût de rénovation du patrimoine de l’université : «Pour nos bâtiments, leur mise aux normes de sécurité et handicap va coûter 30 millions d’euros.» Soit l’équivalent de 28% d’un budget annuel.

Combien de personnels concernés en 2012 ?


- Les dispositif d'intéressement :
Concernant le dispositif d'intéressement sur projet: 9 dossiers ont été retenus dans la campagne 2012 pour 34 agents concernés ( IATS, contractuel, enseignants...)
Concernant le dispositif d'intéressement collectif de service: 555 agents titulaires IATS ont bénéficié de la prime d'intéressement collectif de service ( PICS) en décembre 2012 et 135 agents contractuels.

- Nombre de bénéficiaires de la PIAC (prime d'investissement des agents contractuels) : 155 en 2012

- Nombre de bénéficiaires du dispositif référentiel équivalences horaires: 160 sous forme de primes et 17 sous forme de décote pour l'année 2011/12

- Nombre de bénéficiaires de la PES: (prime d'excellence scientifique) 106 en 2012/13

Mise en place d’une démarche qualité

Afin de mesurer les effets et conséquences de cette politique RH, l’université s’est adjoint les services du cabinet Ernst & Young (coût d’environ 50 000 €) afin d’adopter une démarche qualité qui a eu des répercussions sur les formations de l’université. Elle a notamment permis de mieux accueillir les néo-bacheliers. «Afin de mieux cerner ce qui fonctionnait et ne fonctionnait pas, nous avons réalisé une enquête de satisfaction. Il en est ressorti un besoin de dématérialisation plus important des inscriptions. Ainsi, on a aujourd’hui réduit à un rendez-vous au lieu de trois la démarche d’inscription, ce qui favorise l’arrivée d’étudiants n’habitant pas Montpellier, avance Sébastien Pons, directeur de la prospective au sein de l’université. Est également apparue la nécessité de formation de nos vacataires étudiants qui travaillent à l’inscription des nouveaux arrivants. Avant la mise en place de cette démarche, beaucoup ne connaissaient pas l’ensemble de l’offre de formations proposées par l’université ! Depuis, on peut estimer que nos étudiants sont mieux orientés.»

Une démarche d’amélioration continue que l’université inscrit dans un plan quadriennal, lequel prendra fin en 2014, avant d’être probablement reconduit.




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