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Université d’Orléans : Édifice, un projet ambitieux

Olivier Monod
Publié le
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La bibliothèque de l'université d'Orléans // ©Université d'Orléans - JS Loiseau.
La bibliothèque de l'université d'Orléans // ©Université d'Orléans - JS Loiseau.

Faire suivre des doctorants par des lycéens pendant toute la durée de leur thèse et permettre aux adolescents de participer aux manipulations. Telle est l’expérience qui va être tentée par l’université d’Orléans, le CNRS et trois lycées des alentours dans le cadre d’une Idefi (initiative d’excellence en formation innovante).

Grâce aux investissements d’avenir, l’université d’Orléans dispose de 5,3 millions d’euros pour redorer les carrières scientifiques tout en rapprochant l’enseignement secondaire du supérieur.

Le projet Édifice se décompose en cinq phases, dont la première est d’ores et déjà lancée. Le concept est simple : envoyer des lycéens dans des laboratoires. Vingt-huit doctorants en première année de thèse encadrent 90 élèves de seconde. Les lycées Franklin, Pothier et Voltaire d’Orléans font passer cette activité dans le cadre des enseignements d’exploration. Les écoles doctorales et le CNU (Conseil national des universités) reconnaissent la démarche pour les doctorants, lesquels perçoivent une rémunération supplémentaire.

L’objectif est que les adolescents se confrontent à une réelle démarche scientifique dans laquelle les résultats ne sont pas connus à l’avance. Ils seront amenés à prendre part aux travaux du doctorant à raison d’une demi-journée par semaine ou par quinzaine. Le doctorant, lui, se forme ainsi à la pédagogie et à la médiation scientifique.

Une posture réflexive

Afin de répondre au cahier des charges de l’Idefi, l’initiative doit avoir une vocation démonstrative. C’est pourquoi chaque lycée a adopté des méthodes de sélection des élèves participants différentes. Et l’université met en œuvre une thèse de sociologie et une thèse de didactique pour analyser le processus en cours.

Mais le projet Édifice ne s’arrête pas là. Il proposera aux profils ainsi repérés des licences propédeutiques visant à les préparer aux concours des grandes écoles. Le but n’est pas de faire de l’ombre aux classes préparatoires des lycées voisins, mais d’accompagner vers des formations d’excellence des étudiants qui s’autocensurent et n’osent pas, aujourd’hui, prétendre à ces filières. Cette volonté se manifestera nécessairement par un développement des filières pluridisciplinaires à l’université.

Plus largement, au sommet du projet Édifice, il y a la volonté de mettre en réseau les masters nationaux traitant des mêmes sujets. Avec l’appui du CNRS (Centre national de la recherche scientifique), Youssoufi Touré espère faire émerger une communauté soudée plutôt que concurrente à partir des différents masters existants sur une seule thématique. Il ne reste plus qu’à convaincre les confrères…


Olivier Monod | Publié le

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