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Université d’Orléans : une révolution structurelle en cours


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Le laboratoire d'optique de l'université d'Orléans // ©Université d'Orléans - JS Loiseau.
Le laboratoire d'optique de l'université d'Orléans // ©Université d'Orléans - JS Loiseau.

Le président Youssoufi Touré réorganise complètement les UFR de son établissement. Avec deux idées en tête : faciliter la pluridisciplinarité et rapprocher recherche et formation.

Avant-gardiste, politique ou anecdotique ? Le changement organisationnel de l’université d’Orléans est tel qu’il pourrait servir d’exemple ou retomber comme un soufflé. Tout dépend de son appropriation par les personnels.

Pour le moment élèves, personnels administratifs et enseignants-chercheurs sont perdus. Entre contresens, explications floues et aveux d’incompréhension, il ne reste guère plus que le président lui-même pour expliquer cette réforme qui "demande un peu de temps pour être comprise", reconnaît-il.

Pourquoi changer ? "Les UFR devaient assurer la formation et la recherche, analyse Youssoufi Touré. Mais elles étaient composées de départements qui ne s’occupaient que de formation et de laboratoires qui ne s’occupaient que de recherche. Nous avons mis en place une structure de base à la place des départements et des laboratoires, l’Institut thématique pluridisciplinaire [ITP], qui regroupe des BIATOSS, des enseignants, des enseignants-chercheurs et des chercheurs de l’université, du CNRS et du BRGM."

Des chercheurs CNRS dans l’université

L’objectif est que "les pédagogues et les chercheurs soient associés dans la construction de l’offre de formation". Une nouveauté qui permet de renforcer les liens entre l’université et son environnement immédiat de recherche.

Le président a voulu valoriser la notion d’équipe pédagogique. "Il s’agit d’un réel changement culturel, annonce-t-il. Pour nous, l’équipe de formation doit être constituée par les enseignants, les enseignants-chercheurs, les chercheurs, les BIATOSS et les ITA. Ils n’étaient pas réunis ensemble avant."

Six ITP ont ainsi été créés (voir schéma) : Géosciences, environnement, espace ; Énergie et matériaux ; Sciences biologiques, chimie du vivant ; Modélisation, systèmes, langages ; Humanités, cultures, sociétés ; Normes organisations, marchés territoires, institutions, sociétés.

Schéma ITP de l'Université d'Orléans

"Casser les murs entre les disciplines"



Il apparaît vite que le périmètre de ces ITP est bien plus large que celui des départements classiques dans les universités. C’est là le deuxième objectif de la direction d’Orléans : favoriser l’interdisciplinarité. "Nous avons voulu casser les murs entre les disciplines", soutient Youssoufi Touré. Les ITP sont regroupés en UFR (voir schéma). Les personnels seront ainsi structurellement poussés à entrer en contact avec des collègues d’autres matières.

Rapports de force


Cette réforme, opérationnelle en septembre 2013, n’est pas exempte de soupçons d’arrière-pensées politiques. Le rapport de l’AERES sur l’université d’Orléans soulignait "le poids excessif des composantes et un pilotage central insuffisamment affirmé à ce jour". En redistribuant les cartes des départements et des UFR, la présidence semble vouloir reprendre la main. D’autant plus que ces changements profonds sont organisés en parallèle des élections internes des représentants des étudiants et des personnels. "Cela a créé des conflits", admet Youssoufi Touré. Les ITP ne sont pas une réponse au comportement facultaire de l'université. Cela peut être une conséquence, mais ce n'est pas le moteur de ce changement. »

En attendant, le président profite à plein de l’autonomie des universités. "La loi a changé depuis 2007, les UFR font partie des politiques d’établissement au lieu d’être des objets immuables." Une situation qui fait dire à Youssoufi Touré : "Ce n’est pas complexe, c’est nouveau.» À suivre…




La carte d’identité de l’université d’Orléans
Nombre d’étudiants : 14.000.
– Taux de boursiers : 42%, soit  5916 étudiants.
– Taux d’étudiants étrangers : 15,25%, soit 2.135 étudiants.

Nombre de composantes : 10 (UFR sciences et techniques, UFR LLSH, UFR DEG, 4 IUT, OSUC, Polytech, IUFM).
– Nombre d’enseignants et d’enseignants-chercheurs : 1.106.
– Nombre de personnels administratifs : 764.
– Budget 2012 : 157,3 M€.

Nombre de diplômes d’université : 76.
– 24 mentions de licence.
– 31 licences professionnelles.
– 21 mentions de master avec 52 spécialités.
– 4 spécialités de la formation ingénieur.
– 11 spécialités de DUT.

27 unités de recherche.
– 2 Labex.
– 1 Equipex.
– 1 Idefi.
– 4 écoles doctorales.
– 509 doctorants.

•  Nombre de sites : 6, soit 232.092 m2.

•  Passage aux RCE en 2011


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