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L’université de Pau et des pays de l’Adour, les deux pieds dans son territoire

Isabelle Dautresme
Publié le
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Université de Pau et des Pays de l'Adour - Site de Pau - Patio
Université de Pau et des Pays de l'Adour - Site de Pau - Patio

Avec ses 11.000 étudiants, répartis sur deux pôles (Pau et la Côte basque), l’UPPA (université de Pau et des pays de l’Adour) mise sur une offre de formation et une recherche fortement ancrées dans son territoire. Sur la Côte basque, le BTP, la biologie et les milieux aquatiques sont à l’honneur, à Pau, les mathématiques et le génie pétrolier.

"Vous en connaissez beaucoup, vous, des Basques ou des Béarnais candidats au départ ? Moi non !", lâche Christian Labenne, directeur de l'UFR (unité de formation et de recherche) pluridisciplinaire de Bayonne, Anglet et Biarritz, dans un grand sourire.

"Nos étudiants sont particulièrement attachés à leur région. Non seulement, ils ne souhaitent pas la quitter pour aller étudier ailleurs, mais ils veulent pouvoir y rester une fois diplômés", confirme Mohamed Amara, président de l'UPPA (université de Pau et des pays de l’Adour).

D'où la nécessité pour son université de proposer à la fois une offre de formation pluridisciplinaire, susceptible de répondre aux attentes du plus grand nombre, mais aussi des spécialités fortement connectées aux besoins du bassin d'emploi. Une problématique commune à toutes les universités qui jouent un rôle important dans l'aménagement du territoire.

Mais peut-être encore plus pour la paloise, située à moins de deux heures de route du pôle universitaire bordelais, et dont elle doit réussir à se démarquer. "L'UPPA a toute sa place à côté des universités bordelaises, justement car elle parvient à bien travailler ses ancrages locaux", estime son président Mohamed Amara.

Université de Pau et des pays de l'Adour - Amphithéatres ©I.Dautresme

transports et btp : des formations au plus près des besoins des entreprises

À écouter Noëlle Bru, directrice de l'UFR sciences et techniques de la Côte basque : "Le tissu économique sud aquitain est composé pour l'essentiel de PME-PMI. Ce type d'entreprises a des besoins bien spécifiques auxquels nos formations cherchent à coller au mieux."

Il en va, par exemple, de la licence pro "management, création et reprise de PME & PMI dans le BTP". L'idée : donner la possibilité aux jeunes de reprendre les entreprises de leurs parents. "Ce qui est particulièrement important dans une région où la problématique de la transmission familiale est centrale", affirme Noëlle Bru.

Même logique pour le master informatique. "Les entreprises de transport sont de gros employeurs de part et d'autre de la frontière. Elles recherchent des profils polyvalents, d'où l'idée d'accoler la spécialité génie de la logistique industrielle et des services au master informatique. Et ça marche ! Le taux d'insertion de ce master figure parmi les plus élevés de l'université", s'enthousiasme la jeune femme.

Même l'ISABTP, s'y est mis. L'école d'ingénieurs intégrée à l'université a imaginé une option "énergie et habitat" en réponse à une demande politique locale. De son côté, la communauté d'agglomération de l'ACBA (Agglomération Côte basque-Adour) finance une chaire "éco construction", hébergée dans les locaux de l'ISABTP, et qui regroupe des laboratoires de l'UFR sciences et techniques de l'UPPA. Un échange de bons procédés en somme. "Dans une région où le secteur du BTP joue un rôle économique important, il n'y a là rien de très étonnant", souligne la directrice de l'UFR.

Université de Pau et des Pays de l'Adour - Sitesla recherche basque, les pieds dans l'eau

La Côte basque, c'est aussi l'océan. Tout proche, omniprésent ! L'eau et les ressources aquatiques occupent ainsi une place de choix dans la recherche de l'université. Le pôle de l'UPPA, situé sur la côte, profite de la proximité des laboratoires de l'INRA, de l'Ifremer et du CNRS, avec qui l'université a fondé le MIRA (Milieux et ressources aquatiques). Une fédération de sept laboratoires de recherche dont l'objectif est d'étudier l'impact de l'activité humaine et donc la durabilité des milieux aquatiques en eau douce et de mer.

"Le sujet est tellement vaste et essentiel que l'on n'a pas d'autre solution que de mutualiser nos ressources", argumente la directrice.

pau roule au pétrole

Sur le site palois, on préfère à l'eau... le pétrole ! La présence du centre de recherche de Total et de ses 2.400 salariés, dans la capitale béarnaise, oblige ! Les partenariats entre l'université et l'industriel sont nombreux. En témoigne le laboratoire de fluides complexes, qui place l'UPPA à la pointe des recherches dans le domaine du génie pétrolier.

Cette unité mixte, qui associe Total pour le volet industriel, le CNRS pour la recherche pure, et l'UPPA, permet de réaliser des projets coûteux. À venir, un pôle imagerie : "D'un montant de 6 millions d'euros", s'enthousiasme Alain Graciaa, directeur de l'IPRA (Institut pluridisciplinaire de recherche appliquée), qui fédère le laboratoire des fluides complexes avec celui des mathématiques appliquées et enfin des sciences de l'ingénieur appliquées à la mécanique et au génie électrique.

Pour l'heure, l'IPRA occupe 130 chercheurs permanents et une centaine de doctorants, postdoctorants et chercheurs associés. "Ce qui n'est pas rien pour une petite université", ne manque pas de souligner Mohamed Amara.

Quand on s'inquiète de la vulnérabilité que pourrait représenter pour l'université une si grande dépendance envers le centre industriel local de Total, susceptible de se délocaliser, le directeur de l'IPRA se veut rassurant. "Il n'y a pas que le génie pétrolier à Pau, assure-t-il. L'autre grand chantier porte sur l'aéronautique. Avec l'Aérospatial à Tarbes, Dassault sur Anglet, Turboméca, le plus gros employeur du bassin, ou encore Safran, on a de quoi faire." 

Et par chance : en mathématiques appliquées et en mécanique des fluides, les compétences requises pour l'aéronautique et pour le génie pétrolier sont les mêmes. "Nos chercheurs peuvent ainsi passer assez facilement du pétrole aux avions", sourit Alain Graciaa. De l'art de s'adapter au territoire pour survivre.


Isabelle Dautresme | Publié le

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