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Fabrice Lorente (président de l'UPVD) : «Nous devons parvenir à une complémentarité de l’offre de formation et de recherche en Languedoc-Roussillon»

Propos recueillis par Frédéric Dessort
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Lorente
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Depuis son élection le 30 mars 2012, Fabrice Lorente est, à 35 ans, le plus jeune président d'université de France. Mais il a fait ses premières armes de décideur universitaire en tant que vice-président du CEVU, de 2007 à 2012. Il définit pour EducPros sa stratégie et ses objectifs.

Dans le contexte actuel de disette budgétaire, quelles sont vos priorités ?

Mon premier objectif est de parvenir à une gestion saine de l'établissement, en faisant la chasse aux dépenses et en recherchant des recettes supplémentaires. Nous sommes déjà malmenés sur le plan financier et, depuis notre passage aux RCE (Responsabilités et compétences élargies) le 1er janvier 2012, nous avons à supporter un surcroît de 1 M€ de charges salariales. Pour anticiper cette évolution, dès mon arrivée en avril, j'ai mené une politique budgétaire extrêmement prudente. Nous avons notamment remplacé tout départ de professeurs et de maîtres de conférences par des ATER. Or, nous avons peu de marges de manœuvre : nous sommes un petit établissement sous-doté en moyens humains et financiers. Par rapport à la moyenne des universités comme la nôtre, nous avons un déficit d'environ 400 postes, personnels BIATSS et enseignants confondus ! Il est temps que l’État assume ses responsabilités.

Au lendemain de votre élection, vous avez exprimé des attentes fortes vis-à-vis des collectivités territoriales. Pourquoi ?

Entre la mairie, l'agglomération, le conseil général ou la région, certaines institutions manquent cruellement de présence aux côtés de l’UPVD. Par exemple, nous avons trois fois moins de crédits CPER que l'université de Nîmes, qui compte quatre fois moins d’étudiants que l’UPVD ! Les collectivités doivent montrer qu'elles sont attachées à l'université comme vecteur du développement économique et social. D'autant plus dans une zone sinistrée comme Perpignan et les Pyrénées-Orientales en matière d'emploi !

Les collectivités doivent montrer qu'elles sont attachées à l'université comme vecteur du développement économique et social

Quelle stratégie portez-vous en matière de formation et de recherche ?

Nous menons un important travail en vue du prochain contrat quinquennal, qui s'étendra de 2015 à 2020. Objectif : restructurer la recherche et nos 18 laboratoires, ainsi que l'offre de formation autour d'axes thématiques très forts : énergies renouvelables, Méditerranée, écologie et biologie en environnement marin, sciences fondamentales. Notre objectif : atteindre une meilleure lisibilité externe et renforcer la pluridisciplinarité, qui sera un maître mot de cette politique.

Dans cet ensemble, nous allons bien entendu appuyer plus particulièrement le développement de notre filière de pointe, autour des énergies renouvelables.

Quelle est votre position à l’égard du PRES Montpellier Sud de France, alors que l'UPVD n'y était pas active encore récemment ?

Jusqu'à 2012, Perpignan ne participait pas au PRES Montpellier Sud de France, celui-ci ayant été créé dans un contexte où seule Montpellier était concernée d’une part par le Plan campus et d’autre part par la fusion des universités de la capitale régionale. Après l'échec du projet d’Idex, les acteurs régionaux de l'ESR se sont réunis pour modifier le PRES, devenu PRES «Sud de France» le 22 juillet. Nous avons déjà des actions communes, mais j'appelle de mes vœux à aller plus loin. Nous devons parvenir à une véritable complémentarité de l'offre de formation et de recherche à l'échelle du Languedoc-Roussillon. J'ai donc exprimé clairement la volonté de travailler en synergie à l'échelon régional.

Quelles sont vos relations avec les universités de Catalogne du Sud, en Espagne ? Quel est le rôle du PRES "Pyrénées Méditerranée" ?

Nous avons 69 coopérations en cours avec les universités de Gérone, des îles Baléares, avec Barcelone et même avec Paris 6, au travers de l'Observatoire océanographique de Banyuls. Pour mieux coordonner ces actions, trouver des financements européens, avoir une meilleure lisibilité internationale, nous entendons faire émerger une structure porteuse. Elle pourrait prendre la forme d'un GECT [groupement européen de coopération territoriale). L'État espagnol vient d'accepter les statuts, nous attendons maintenant la réponse de Paris. Quant au PRES Pyrénées Méditerranée, nous n’en parlons plus sous cette forme. Il n'a pas d'existence juridique et il a engendré trop de flou.

À terme, l'idée serait que ce GECT puisse préfigurer une structuration de l'ESR dans l'eurorégion Pyrénées-Méditerranée. Cette dynamique transfrontalière, je le souligne, n'est pas exclusive de la politique régionale, qui sont parfois opposées, à tort.


Propos recueillis par Frédéric Dessort | Publié le

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