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L'université de Perpignan mise sur les énergies renouvelables

Frédéric Dessort
Publié le
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Université de Perpignan filière énergies
Université de Perpignan filière énergies

Loin de Paris, l'université de Perpignan Via Domitia (UPVD) souffre d'un manque patent de financements, selon son président. Mais elle mise sur la dynamique construite avec ses partenaires catalans et une filière dédiée aux énergies renouvelables en plein essor.

Au pays du soleil, quoi de plus naturel que de miser sur ce potentiel ? C'est bien ce que font des acteurs locaux de la recherche depuis près de soixante ans. Le four solaire d'Odeillo, sur la commune de Font-Romeu, où se situe un campus de l'UPVD, en est l'illustration historique. Installé sur ce site et sur Perpignan, le laboratoire Promes, une UPR (unité propre de recherche) du CNRS, conçoit des matériaux innovants en les soumettant aux températures extrêmes obtenues par les miroirs convergents d'Odeillo.

S'ajoutant à une filière océanologique importante, un véritable pôle dédié aux énergies renouvelables est en train de se structurer à l'UPVD. Il y a trois ans, l'école d'ingénieurs Polytech Montpellier y a lancé Polytech ENR, son département «Énergétique - énergies renouvelables», en cotutelle entre l'université Montpellier 2 et l'UPVD. L'établissement catalan assure près de 55% des heures de formation, grâce à des enseignants qui sont pour la plupart chercheurs chez Promes.

«La qualité de la recherche a séduit nos partenaires industriels [EDF Énergie, GDF-Suez, Spie, des PME..]. Et 35 des 43 élèves de notre première promotion ont trouvé un emploi dans des secteurs aussi variés que le bâtiment, l'éolien, le photovoltaïque ou encore l'énergie marine», précise Thierry Talbert, responsable de Polytech ENR, qui compte à ce jour 141 étudiants et qui commence à être très demandée. «Nous avons reçu environ 700 dossiers de candidature cette année, majoritairement en dehors de notre région», ajoute-t-il.

De nouveaux bâtiments

De manière complémentaire, l'UFR de sciences coordonne plusieurs cursus dans les énergies renouvelables. Mention phare : le master dédié à l'énergie solaire. «C'est le seul qui soit dédié à ce domaine avec celui de Chambéry. Cette année, nous comptons 62 étudiants dont le dossier a été sélectionné parmi 500 candidatures provenant de toute la France», souligne Pierre Neveu, directeur et créateur de ce master, par ailleurs membre du conseil scientifique de Derbi. Ce pôle de compétitivité dédié aux énergies renouvelables implanté sur le campus de Perpignan a obtenu une très bonne évaluation par l'État.

À l'horizon 2015 puis 2017, deux bâtiments vont être construits sur le parc d'activités de Technosud, à deux kilomètres du campus principal de l'UPVD, pour accueillir ces enseignements. C'est là que sont déjà implantés Promes et les locaux de Polytech ENR. Budget : 7 M€ apportés par les collectivités locales et régionales, Polytech, l'UPVD et le rectorat.

Cet environnement qui combine recherche, formation et entreprises attire de plus en plus d’étudiants. 550 se préparent déjà aux métiers prometteurs liés aux énergies renouvelables.

 

Des projets catalans
À quelques kilomètres de la frontière espagnole, l'UPVD a construit des relations solides avec ses partenaires catalans : les universités de Gérone, de Lleida, des îles Baléares, ainsi que l'Observatoire océanographique de Banyuls, laboratoire sous tutelle de l'UPMC et du CNRS.

Exemple majeur de coopération : le projet « Miro », avec, à la clef pour l'UPVD, une labellisation Idefi et un joli budget de 5,5 M€ réparti sur dix ans. «L'objectif de cette plate-forme est de mutualiser 26 masters autour du thème du patrimoine et du tourisme, puis de créer un master transfrontalier. Le numérique sera au cœur du dispositif : une bonne partie des cours seront dispensés en ligne», explique Guillem Salles, coordinateur de ce projet.

Frédéric Dessort | Publié le

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