Le campus du futur se prépare à Toulouse

De notre correspondant à Toulouse, Frédéric Dessort
Publié le
Envoyer cet article à un ami
Université Toulouse 3 // ©UPS
Université Toulouse 3 // ©UPS
Être un cordonnier bien chaussé : tel est le credo de Bertrand Monthubert en associant enseignants-chercheurs, étudiants et doctorants pour concevoir le campus du futur. Les premières innovations intégreront, dès 2017, les bâtiments érigés dans le cadre du plan campus, dont l'université Toulouse - 3 Paul-Sabatier (UPS) est largement bénéficiaire.

À l'heure de l'austérité, il est un domaine dans lequel Toulouse 3 est épargnée de la disette budgétaire : le plan Campus. L'établissement capte en effet la grande majorité d'une manne de 250 M€ dédiée à la Ville rose. Entre 2017 et 2019, ce sont 11 ensembles qui vont être érigés sur le campus du sud-est toulousain. Soit 56.000 m² dont 9.300 m² de rénovations, alors que l'ensemble des locaux totalisent actuellement 324.000 m2. Un programme immobilier qui entraînera en parallèle la destruction de près de 30.000 m² de bâtiments vétustes, voire dangereux. Même si tous les problèmes ne seront pas résolus, il s'agit là d'un véritable renouveau pour ce vaste campus lancé au début des années 1960.

Avec une particularité : “Nous avons des équipes formidables de chercheurs dans les domaines de l'énergie, de la robotique, de l'informatique, de la physique des matériaux... j'ai voulu les associer à cette dynamique”, explique Bertrand Monthubert, président de l'UPS, portant cette ambition dès son élection en 2012.

Un projet participatif

Une idée qui a pris corps à la rentrée 2013 avec le lancement du programme NeOCampus, en parallèle du plan campus. “Le O et le C de NeOCampus renvoient à Campus Occitan”, précise d'emblée Marie-Pierre Gleizes, enseignante-chercheure à l'IRIT et pilote du projet, pour qui la référence culturelle régionale tient à cœur.

Un programme de recherche sur le campus du futur qui va au-delà de la rénovation de Toulouse 3 tout en y participant. “Dès les premières études de faisabilité, qui devraient intervenir courant 2015, nous demanderons aux membres de NeOCampus de nous faire des préconisations, afin d'adapter la conception des bâtiments”, précise Brigitte Bonin, DGS de l'établissement.

Dès les premières études de faisabilité, nous demanderons aux membres de NeOCampus de nous faire des préconisations, afin d'adapter la conception des bâtiments..
(B. Bonin)

Huit laboratoires sont d'ores et déjà dans la boucle. Quelques projets de stages ont été menés par des groupes d'étudiants : un en L3, un en M1, et 6 en M2. Encadré par le laboratoire matériaux et durabilité des constructions, l'un d'eux visait par exemple à concevoir et réaliser des bancs, tables et autres mobiliers communs en bétons fibrés et ultra performants.

Interdisciplinarité et coworking

Sept thèses sont d'ores et déjà en cours : quatre d'entre elles sont financées en propre par l'UPS, deux avec le conseil régional Midi-Pyrénées, et une par la voie ministérielle. “L'interdisciplinarité est au cœur de la méthode : je crois beaucoup au ‘coworking’ étudiant, sous la forme de projets qui les amèneront à collaborer avec des camarades de disciplines diverses, jusqu'aux SHS”, souligne Marie-Pierre Gleizes.

Je crois beaucoup au ‘coworking’ étudiant.
(M. P. Gleizes)

Le premier doctorat, initié en 2013, traite de l'économie d'énergie. Thème : l'amélioration de l'éclairage grâce à un réseau électrique de basse tension. Autre développement : une technologie permettant de suivre la consommation énergétique des bâtiments, dans lesquels des réseaux de capteurs seront déployés... La question de l'autonomie énergétique étant très largement abordée par l'un des partenaires de NeOCampus, le LAAS-CNRS, au travers de son projet et bâtiment phare : Adream.

Car NeoCampus dépasse le cadre de Toulouse 3. L'IUP d'arts appliqués de Toulouse 2 - Jean-Jaurès a ainsi été mis à contribution : trois projets d'étudiants doivent aboutir fin novembre. Leur mission : imaginer la salle de cours du futur, tant en termes de design que de fonctionnalités et d'agencements novateurs.

Un campus numérique

Sur le plan des services numériques, une “app” mobile NeOCampusdevrait être proposée aux étudiants dès juin 2015, agents, enseignants-chercheurs... Les idées de fonctionnalités ne manquent pas, à commencer tout simplement par une carte interactive du vaste campus (près de 1,5 km sur 1 km !). Une déclinaison est déjà envisagée pour les personnes handicapées : le logiciel leur indiquera, en fonction de leur position, un cheminement optimal et accessible vers leur point de destination.

null

Une simulation de l'application NeoCampus- ©UPS

D'autres innovations sont envisagées à plus long terme pour améliorer le quotidien : “Les étudiants qui sortiront de leur cours à midi pourront connaître le temps d'attente à prévoir au restaurant universitaire. Réciproquement, il sera possible d'anticiper le nombre de repas à préparer”, explique Marie-Pierre Gleizes.

Si les premiers bâtiments sortiront de terre en 2017, il faudra du temps pour voir émerger ce campus du futur, qui pourra inspirer d'autres établissements.


De notre correspondant à Toulouse, Frédéric Dessort | Publié le