Fondation et collectivités locales font bon ménage sur les campus de proximité

Un dossier réalisé par Fabienne Guimont
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La FudA, première fondation universitaire, n’a pas atteint son objectif de récolter 4 millions d’euros en deux ans affiché à son lancement, en 2008 (2,5 millions avaient été versés début 2011). En cause : la crise, le faible engagement de ses anciens et des personnels et la concurrence d’autres fondations. Au sein de la fondation, Michelin, la multinationale clermontoise, ne tient pas le haut du pavé. Les collectivités locales, elles, ont trouvé dans cet outil un nouveau mode d’engagement sur les campus de proximité.

Deux conventions de campus ont été signées par la Fondation de l’université d’Auvergne  (FudA) avec les collectivités locales pour développer les sites universitaires d’Aurillac et du Puy-en-Velay, où sont installées des formations de l’IUT. Le campus du Cantal est soutenu pour 350.000 € annuels par son conseil général, la ville et l’agglomération d’Aurillac. Le campus de Haute-Loire est lui développé avec l’appui de la Ville du Puy – dont Laurent Wauquiez est maire – et de la CCI pour un engagement annuel de 170.000 €.

Aurillac et Le Puy, des campus soutenus


Pour Philippe Dulbecco, président de l’université d’Auvergne, l’objectif de ces conventions n’est pas d’augmenter le nombre d’étudiants – 600 à Aurillac, 400 au Puy et 500 à Vichy – alors même qu’il tente de réguler ses effectifs. Quatre licences pro ont même été fermées à Aurillac parce qu’elles étaient mal évaluées, en raison de taux de poursuite d’études trop importants et d’une insertion insuffisante.

Néanmoins, ces sites délocalisés doivent être aussi attractifs que ceux de Clermont-Ferrand en matière de vie étudiante et de recherche. Une unité mixte de recherche avec le CNRS vient d’ouvrir au Puy, une autre devrait voir le jour à Aurillac, en phase avec les activités du territoire (fromage à Aurillac, imagerie au Puy). Les investissements d’avenir viennent d’ailleurs de couronner le campus du Puy , avec 15 millions d’euros pour la formation en alternance. Sur ce projet particulier, l’objectif est de tripler les effectifs d’après le projet déposé...

Dans les conventions de campus, les collectivités locales sont parties prenantes et non pas simples bailleurs de fonds. «Les collectivités mettent des bâtiments à disposition, mais ont aussi une meilleure connaissance du territoire que nous», argumente Philippe Dulbecco. «Des relations véritablement partenariales» reconnues par le dernier rapport de l’AERES sur l’université, en novembre 2011.



Un dossier réalisé par Fabienne Guimont
Avril 2012


Région Auvergne : des engagements ciblés

Autre engagement ciblé, celui du conseil régional d’Auvergne, avec la construction de l’IADT (Institut d’Auvergne de développement du territoire) à Clermont-Ferrand ouvert à la rentrée 2011. Bébé du président, ce bâtiment flambant neuf regroupe quelque 200 étudiants dans des formations croisant les regards d’économistes, de juristes et de géographes. Le conseil régional et les conseils généraux de l’Allier et du Puy-de-Dôme sont intégrés à la gouvernance au sein d’un GIP (groupement d’intérêt public).

Une opération qui ne reflète pas le modeste engagement du conseil régional dans l’enseignement supérieur au-delà des investissements du contrat de plan État-région (CPER). L’Auvergne est bonne dernière pour la part de son budget consacré à l’enseignement supérieur. «Lorsqu’on propose de bons projets au conseil régional, comme des chaires d’excellence ou la construction de la faculté de chirurgie dentaire à côté du CHU, il nous accompagne mais il ne suit pas mécaniquement», nuance Philippe Dulbecco.


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