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Université de Tours : cap sur l’insertion et l’entrepreneuriat

Caroline Franc
Publié le
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Le site des Tanneurs de l'université de Tours.
Le site des Tanneurs de l'université de Tours. // ©  Université François-Rabelais

L’université de Tours a mis en place plusieurs dispositifs en faveur de l’insertion des diplômés et multiplie les collaborations avec les entreprises de la région.

La mission de Dominique Deschamps, chargée de mission «entrepreneuriat» de l’université de Tours ? Sensibiliser les 23.000 étudiants de l’université, mais aussi les enseignants, à la notion d’entrepreneuriat, puis les accompagner dans leurs projets éventuels. Outre les visites d’entreprises et tables rondes auxquelles sont conviés tous les acteurs de l’université, l’arsenal mis en œuvre comprend notamment le dispositif «Une nuit pour entreprendre».

Le principe est simple : tous les étudiants en master de la région Centre – Tours, mais aussi Orléans – sont invités à créer une entreprise en… une nuit. Les participants, au nombre de 40 pour l’édition 2012, forment des équipes pluridisciplinaires aux compétences diverses (histoire, anglais, droit, futurs ingénieurs…) et travaillent avec des coachs et professionnels du marketing et des finances. À 7 heures du matin, un jury se réunit et désigne le projet le mieux ficelé. L’université de Tours participe également au concours Creacampus dont le principe est sensiblement le même.

Un pôle entrepreneuriat


Le pôle entrepreneuriat a par ailleurs inauguré cette année une certification en cours du soir.
Vingt-cinq heures sur l’année pour apprendre les clés du montage de projet et de la création d’entreprise. Un succès : alors que l’université avait tablé sur une quinzaine de participants, les inscriptions ont tellement afflué – plus d’une centaine – que les effectifs prévus ont été doublés. 40 personnes ont pu suivre ces cours. Prochaine étape, convaincre les enseignants de participer eux aussi à ce type de rencontres. Enfin, la Semaine de l’entrepreneuriat, qui a lieu cette année du 11 au 14 février, fera se rencontrer entreprises, acteurs locaux et étudiants.

Mettre le cap sur l’insertion et l’entrepreneuriat a nécessité de s'organiser. Créé en 2009, le pôle entrepreneuriat a été placé sous la houlette de la MOIP (Maison d’orientation et d’insertion professionnelle). Une maison qui a pris en 2012 la suite du SUIO (service universitaire d’information et d’orientation) afin de réunir les missions d’insertion et d’orientation sous une même bannière.

Un job board de l’université

Autre outil incontournable de l’université de Tours, son job board «R’Pro», lancé il y a cinq ans. «Nous étions alors pionniers en la matière, même si aujourd’hui nombreux sont les établissements qui disposent d’un tel portail», explique Carole Accolas, directrice de la MOIP. 13.000 étudiants y sont inscrits, ce qui représente plus de la moitié des effectifs de l’université, auxquels s’ajoutent pas loin de 6.000 jeunes diplômés. 1.500 entreprises déposent des annonces et 3.700 offres d’emplois ou de stages ont été proposées via le site. «Au-delà de ça, c’est aussi un formidable moyen pour l’université de garder un contact avec ses anciens, mais aussi de créer des relations durables avec les entreprises, qui viennent pour la plupart désormais spontanément déposer leurs annonces», poursuit Carole Accolas.

La MOIP vient par ailleurs de créer un «Passeport vie pro», destiné aux diplômés de moins de trois ans n’étant pas encore en poste. Ceux-ci bénéficient d’un coaching personnalisé : aide à la construction d’un projet professionnel, à la rédaction d’un CV, à la conduite d’un entretien, identification des entreprises susceptibles d’être intéressées par leur profil, etc. Sur les trente diplômés accompagnés lors de la première édition, les deux tiers ont trouvé un emploi dans la foulée.

Des modules d'insertion professionnelle en doctorat

L'université se préoccupe de l'insertion de ses étudiants à tous les niveaux, y compris les docteurs. «L’écart entre le nombre de doctorants et de postes disponibles dans la recherche publique est tel que nous nous devons d’accompagner nos étudiants vers d’autres carrières que celles offertes par les organismes de recherche ou universitaires», souligne Emmanuel Lesigne, vice-président du conseil scientifique, chargé de la recherche, des études doctorales et de la valorisation. Concrètement, cela se traduit par des modules de formation axés sur l’insertion professionnelle et visant à «renforcer les compétences transversales des doctorants».

Au programme : des cours sur la rédaction d’un CV, la prise de parole en public, le management ou encore la connaissance de l’entreprise. À cela s’ajoutent les Doctoriales, organisées avec l’université d’Orléans. Un séminaire d’une semaine proposant des simulations d’embauche, des rencontres avec des entreprises, mais aussi, en guise d’aboutissement, la création d’un projet innovant présenté devant un jury d’experts.

Des laboratoires mixtes public-privé

S’ouvrir sur son environnement économique passe également pour l’université par un adossement de la recherche aux entreprises du tissu local. D’où l’instauration de laboratoires mixtes public-privé, les CER (centres d’études et de recherche) avec des industriels de la région. «L’objectif de ces partenariats est de faire émerger des pôles d’excellence attractifs qui concourront à améliorer la compétitivité des entreprises et favoriser l’emploi des jeunes diplômés», indique Loïc Vaillant, président de l’université.

En cinq ans, 6 CER ont été créés en partenariat avec les entreprises ST microélectronics, Safety, Hutchinson, Cyclopharma, RCP Design Global/Spincontrol/CQFDgustation. Une implication des entreprises au sein de l’université qui se concrétise également à travers la fondation Rabelais. Une manière de boucler la boucle...


Caroline Franc | Publié le

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Anthony G..

M. Lesigne aurait pu parler de l'association des Doctorants de Tours (ADOCT) qui contribue grandement à l'ouverture des doctorants (et M2) sur le monde du privé (dans tous les champs disciplinaires), notamment avec les "Apéro-thématiques" qui ont lieu régulièrement le long de l'année (format convivial où se retrouve les entreprises et les doctorants) et surtout avec le Forum d'Insertion Professionnelle des Jeunes Chercheurs ! (qui aura lieu le 30 Mai cette année). Les doctorants n'ont pas attendu que l'université se réveille sur la poursuite de carrière (hors académique) ;) Mais les Écoles Doctorales ont beaucoup progressé sur ce point en quelques années ! C'est une bonne chose.

Anthony G..

M. Lesigne aurait pu parler de l'association des Doctorants de Tours (ADOCT) qui contribue grandement à l'ouverture des doctorants (et M2) sur le monde du privé (dans tous les champs disciplinaires), notamment avec les "Apéro-thématiques" qui ont lieu régulièrement le long de l'année (format convivial où se retrouve les entreprises et les doctorants) et surtout avec le Forum d'Insertion Professionnelle des Jeunes Chercheurs ! (qui aura lieu le 30 Mai cette année). Les doctorants n'ont pas attendu que l'université se réveille sur la poursuite de carrière (hors académique) ;) Mais les Écoles Doctorales ont beaucoup progressé sur ce point en quelques années ! C'est une bonne chose.