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Université d’Avignon : la culture pour mot d’ordre


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Coincée entre les mastodontes montpelliérain et marseillais, l’université d’Avignon a choisi sa stratégie : affirmer son identité, et sa différence… culturelle ! Outre les agrosciences, elle a fait de la culture la marque de fabrique de l’établissement, au cœur du campus de centre-ville avec les majestueux bâtiments de l’ancien hôpital Sainte-Marthe. Des formations à la recherche en passant par la vie étudiante, à grand renfort de communication, la culture irrigue toute l’université.

Etre dans la ville du Festival d’Avignon ne suffit pas. Ni celle du palais des Papes, ou encore du pont d’Avignon. Si l’université bénéficie évidemment de ce capital culturel pour affirmer son image de «cultureuse», son identité repose d’abord sur «un réservoir de formations et de laboratoires de recherche avec un haut niveau de publications», soutient Damien Malinas, vice-président culture, campus et communication.

Une équipe de chercheurs renommée en culture et communication

Une licence infocom , un master en stratégie du développement culturel noté A (1) et surtout une équipe d’une vingtaine de chercheurs «culture et communication» , qui fait partie de l’UMR Norbert Elias, et traite deux grandes thématiques : la muséologie et la question des publics. «Dans nos domaines, la visibilité est excellente. Nous sommes notamment l’une des équipes en France qui fait de la recherche innovante en muséologie, avec une approche pluridisciplinaire», se réjouit Marie-Sylvie Poli, professeur en communication et muséologie .

L’enseignante, 57 ans, qui a débuté sa carrière à Grenoble, a tout fait pour rejoindre Avignon, il y a cinq ans. «C’est important pour ma carrière d’être ici. Je ne suis pas la seule. Le dernier poste de maître de conférences en communication et culture a attiré près d’une centaine de candidatures.»

Concerts, expositions, conférences : une vie quotidienne cultivée

Le lieu ensoleillé et le campus de centre-ville, majestueux et riche en patrimoine, peuvent également jouer. «On nous propose régulièrement des concerts, des expositions, des conférences», raconte l’enseignant-chercheur.

Au-delà de ces cursus et labos «culture», qui ne représentent qu’une partie de l’offre de formation et de recherche avignonnaise, et du Festival d’Avignon – pendant lequel sont organisées les Leçons de l’université et les rencontres professionnelles –, la culture émane en effet de l’ensemble de la vie quotidienne de l’université.

Les étudiants de licence doivent tous suivre un enseignement culturel ou sportif chaque semestre, qui représente 10% de leur formation. Le «Patch culture », ouvert à l’ensemble de la communauté universitaire, donne accès une fois par an à la vingtaine de structures culturelles partenaires. Il touche désormais 1.500 étudiants (contre 400 au départ).

Une dizaine de manifestations sont organisées par la bibliothèque chaque année (projections cinématographiques, Fête de la poésie, cycle de conférences, etc.). Les «fiches navettes» permettent à tous – étudiants, enseignants, administratifs, personnes extérieures – de proposer un événement. Entre 300 et 600 fiches sont mises en place chaque année.

Le développement de partenariats avec les nombreuses institutions culturelles du département permet également d’atteindre une certaine force de frappe et, pour la petite université avignonnaise, de faire des économies. Sur les salons par exemple, elle s’affiche souvent avec d’autres formations du Vaucluse. Un Agenda 21 a été mis en place avec les nombreuses institutions culturelles du cru (2).

Une gouvernance tournée vers la culture

Une œuvre d’art a même été réalisée dans les jardins de l’université par Nancy Holt, artiste phare du Land Art, accompagnée d'une exposition . «Évidemment, cela n’aurait pu être possible sans une forte volonté politique, indique Laurence Belingard, enseignant-chercheur chargée d’action Art contemporain, à l’origine de ce projet. Il faut être patient et capable de s’adapter pour travailler avec des artistes.»

Avec un président professeur en infocom, qui a dirigé la commission nationale Culture et université , un vice-président en charge de la culture, et l’inscription de cette identité comme l’un des axes principaux du contrat quinquennal… le message est clair.

La communication : mobiliser étudiants et enseignants-chercheurs

Car si l’identité culturelle de l’université existait déjà, Emmanuel Ethis l’a fortement affirmée, à renfort de communication. «L’université existe à travers l’image qu’elle donne d’elle-même», souligne le président. La campagne «Choisir Avignon», lancée en 2009, avec une série de vidéos humoristiques réalisées par les étudiants , n’est pas passée inaperçue. Une campagne d’affichage nationale a été déployée dans les gares de l'axe Paris-Avignon au printemps 2012.

La participation des enseignants-chercheurs au site Internet de l’université est également utile. «Plus de 350 personnels contribuent directement à enrichir notre site Internet, qui compte une quinzaine d’actualités par semaine», relate le responsable de la communication Raphaël Roth.

Accueillir Vincent Peillon et Aurélie Filippetti en avril 2012 (devenus quelques mois plus tard respectivement ministre de l’Éducation et ministre de la Culture), ou être le lieu où est annoncé le programme du Festival d’Avignon en 2012, permettent enfin d’asseoir l’image de l’université. «La ministre a choisi d’emmener à Cannes des étudiants d’Avignon», se réjouit Damien Malinas, le VP Culture.

«Cela fonctionne car on y croit ! confirme Emmanuel Ethis. C’est justement entre 18 et 25 ans que cela se joue. J’ai du mal avec cette vision de la culture qui veut qu’il faudrait souffrir d’abord pour y avoir accès ensuite. La culture, c’est le partage, l’émotion et la jouissance collective.»

Un dossier réalisé par Camille Stromboni
Juillet 2012

(1) Avec deux spécialités : Médiations de la culture et des patrimoines ; Publics, culture et communication, festival, cinéma , télévision et réseaux sociaux.
(2) Les institutions initiatrices du partenariat sont l’université, l’École supérieure d’art, le Centre national des écritures du spectacle, la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon, la Maison Jean-Vilar, le Conservatoire, l’Institut supérieur des techniques du spectacle.

La culture comme levier social

Qui a dit que culture rimait avec élitisme ? Avec 40% de boursiers [55% au niveau Licence], l’université d’Avignon revendique à l’inverse une culture «militante».

«Nous avons le plus haut taux de pratique culturelle universitaire, également de pratique sportive [30%]», souligne Damien Malinas, vice-président Culture.

Les «agrosciences et sciences» sur le site Agroparc

Situé à un quart d’heure en transport du centre-ville, le campus Agroparc de l’université d’Avignon réunit l’IUT, le CERI (Centre d’enseignement et de recherche en informatique), avec les formations en informatique et le LIA (Laboratoire informatique d’Avignon), ainsi que le pôle agrosciences. Les autres filières scientifiques (mathématiques, chimie, etc.), actuellement dans le bâtiment de la fac des sciences en centre-ville, doivent rejoindre Agroparc d’ici à 2014.

span style="font-weight: bold;">Voir le campus Agroparc en photos

Lire l'autre volet du portrait de l'université d'Avignon sur letudiant.fr


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