Louis Vogel (président de l’université Paris 2-Assas) : "Qui aurait cru que nous allions lancer un campus à Singapour avec l’INSEAD !"


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Président de l’université Paris 2 depuis 2006, Louis Vogel termine son mandat en juin 2012 et ne se représente pas. Un nouveau tournant pour l’universitaire, à la tête de la CPU (Conférence des présidents d’université) depuis 2010. Quelle nouvelle vie pour le professeur de droit comparé ? Quels défis pour son successeur à la tête d’Assas ? Louis Vogel répond aux questions d’EducPros.

Vous terminez votre mandat à la tête de Paris 2 dans quelques mois. Quels sont vos projets ?

Je reste président d’Assas jusqu’à juin et conserve la présidence de la CPU pendant un an. Enfin, je vais me représenter à la présidence du PRES Sorbonne Université à l’été 2012.

Quel sera le premier défi de votre successeur à la tête d’Assas ?

Il faudra qu’il s’intègre au sein de l’équipe de Sorbonne Université, et que Paris 2 y trouve toute sa place, en assurant le développement des filières communes et celui de l’École internationale de droit.

Gouverner une université de juristes, est-ce difficile ?

Nous sommes un peu particuliers : par définition, un juriste conserve les structures. Nous avons donc tendance à préserver, plus qu’à innover. Le changement doit ainsi être raisonné. De plus, contrairement aux sciences, qui sont universelles, nous sommes une discipline nationale, attachée au territoire, moins portée par essence vers l’international.

Mais les choses changent et les juristes en ont bien conscience. Nous réformons nos structures et nous nous ouvrons à l’international. Qui aurait cru que nous allions lancer un campus à Singapour avec l’INSEAD !

À quel modèle étranger devrait ressembler votre université ?

On ne peut pas transposer un seul modèle, mais il existe des bonnes choses à prendre partout. Dans les grandes écoles, la gestion des réseaux d’anciens par exemple, que nous essayons de développer avec l’association, l’annuaire, la fondation.

«Nous avons écouté les recommandations du jury IDEX et fait progresser notre structure jusqu’à un point que nous n’aurions pu imaginer atteindre»

Il faut aussi s’inspirer des grandes universités européennes, qui délivrent des enseignements dans des classes de plus petite dimension, avec plus d’interactivité et d’interdisciplinarité. C’est ce que nous faisons avec Sorbonne Université et les bilicences, ou encore avec le développement des cours en podcast, qui permettent aux enseignants d’approfondir avec les étudiants ce qui a déjà été vu en ligne.

Vous avez remporté l’Idex avec Sorbonne Université . Quelle a été la recette du succès ?

C’est simple, nous avons joué le jeu. L’Idex est un processus d’amélioration, avec des allers-retours devant le jury. Nous avons été recalés au premier tour, en raison d’une gouvernance jugée pas assez solide. Nous avons écouté ses recommandations, et fait progresser notre structure jusqu’à un point que nous n’aurions pu imaginer atteindre.

Quelles seront les premières mesures concrètes pour l’université d’Assas ?

Elles sont nombreuses. Dans tous les domaines, nous avons fixé des objectifs, avec un agenda détaillé. Par exemple, une augmentation du nombre d’étudiants dans le Collège de la Sorbonne [bilicences entre Paris 2, Paris 4 et l’UPMC] d’ici un an. Notons une mesure fondamentale : l’instauration d’une signature unique des publications.

Lire aussi

• La fiche biographique de Louis Vogel
• La fiche de l’université Paris 2

Propos recueillis par Camille Stromboni
Mars 2012


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