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Jacques Comby, président de Lyon 3 : "L’image d’université d’extrême droite ne correspond absolument plus à la réalité"

Propos recueillis par Franck Dorge
Publié le
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Le site de la Manufacture des tabacs de l'université Lyon 3
Le site de la Manufacture des tabacs de l'université Lyon 3 // ©  Université Lyon 3 Jean-Moulin

Élu en mai 2012, Jacques Comby explique à EducPros comment il veut renforcer la place de Lyon 3 tant au niveau local qu’international. Le tout dans un contexte budgétaire fort contraint.


Jacques CombyCertaines personnes perçoivent encore Lyon 3 comme une université marquée à droite, voire à l’extrême droite. Cet a priori est-il toujours fondé – surtout depuis le
départ à la retraite de Bruno Gollnisch  ?

La perception que vous évoquez est aujourd’hui marginale. Nous ne sommes plus perçus à l’identique. Par le passé, Lyon 3 a été confondue avec une université d’extrême droite. À ce titre, elle a souvent été diabolisée. Cette image ne correspond absolument plus à la réalité. Avec le temps, les générations et les équipes ont été renouvelées à l’université Jean-Moulin-Lyon 3. Nous devons maintenant aller de l’avant pour construire l’université de demain. La réintégration en 2011 puis le départ à la retraire en septembre dernier de Bruno Gollnisch ont été des épiphénomènes qui appartiennent dorénavant au passé.


Lyon 3 est l’une des universités françaises les moins bien dotées. Que comptez-vous faire ?

"Si notre situation financière demeure saine, c’est en raison de la politique de rigueur budgétaire"

Il est vrai que notre université manque de moyens, notamment de personnels administratifs et enseignants. Notre dotation en personnel est très inférieure à celles d’universités qui possèdent un nombre d’étudiants bien inférieur au nôtre. Si notre situation financière demeure saine, c’est en raison de la politique de rigueur budgétaire menée par le président Fulchiron et aux gros efforts consentis par les personnels au moment du passage aux RCE [responsabilités et compétences élargies]. Cependant, nous ne pourrons pas continuer ainsi si nous voulons que notre université puisse remplir correctement ses missions de service public. J’ai confiance en l’aide de l’État avec lequel j’ai de nombreux échanges. Nous devons accompagner cette aide et prendre nos responsabilités en période de crise en étant force d’innovation et en développant nos partenariats avec le monde économique.


Au-delà des finances et de l’image de Lyon 3, quelles seront les priorités de votre mandat ?

"Ce n’est qu’en étant forts localement que nous pourrons exister au niveau national et à l’international"

Ces priorités s’inscrivent parallèlement aux questions posées sur l’image et les moyens de l’université. Il s’agit de renforcer la place de Lyon 3 à toutes les échelles – locale, nationale et internationale – pour que l’université Jean-Moulin-Lyon 3 poursuive son ouverture, développe ses partenariats et ne se referme pas sur elle-même. Pour cela, la première étape consiste à renforcer nos relations avec les établissements d’enseignement supérieur et de recherche, les collectivités et les acteurs socio-économiques de nos territoires. Ce n’est qu’en étant forts localement que nous pourrons exister au niveau national et à l’international. Des relations étroites existent déjà avec des universités européennes et africaines. Actuellement, nous développons nos relations avec les universités du Brésil et de Chine, notamment avec celles de Sao Paulo et de Shanghai.

Il faut ensuite se donner les moyens d’innover en matière de recherche et de formations. Pour cela, il faut libérer les initiatives, motiver l’ensemble des personnels, les mobiliser, les accompagner et fonctionner en mode projet, en favorisant le dialogue avec les équipes de recherche et les composantes.

Enfin, il faut encore renforcer la qualité des formations, mais aussi savoir les renouveler, les diversifier pour répondre aux besoins du monde socio-économique et aux problématiques sociétales. Cela fait partie de nos missions de service public.


Des rapprochements entre Lyon 2 et Lyon 3 semblent s’opérer. Qu’en est-il ?

"Le rapprochement avec Lyon 2 doit se renforcer encore dans l’avenir"

Les relations entre Lyon 2 et Lyon 3 n’ont jamais été aussi bonnes et je travaille en étroite collaboration avec le président Mayaud et son équipe. Nous avons de nombreuses collaborations avec Lyon 2, qui ne cessent de croître tant au niveau des formations – c’est ainsi que nous avons développé des bilicences et des masters professionnels en commun – que de la recherche par le biais d’UMR partagées. Ce rapprochement doit se renforcer encore dans l’avenir. Ces excellentes relations par ailleurs ne se font pas au détriment de nos collaborations avec les autres établissements d’enseignement et de recherche du PRES et nous tenons beaucoup à nos relations avec Lyon 1 et l’université de Saint-Étienne. Lyon 3 a notamment de très nombreux partenariats avec les sciences dures.


Quel regard portez-vous sur le PRES "Université de Lyon" et sur son devenir ?

Faire travailler ensemble dix-neuf établissements – quatre universités et quinze écoles – relève de l’exploit et à ce titre j’ai beaucoup de respect pour le travail de mes prédécesseurs ; je l’ai vécu concrètement lors de mon mandat de vice-président à la recherche.

Cependant, on a sûrement voulu aller un peu trop vite dans la construction d’une infrastructure Université de Lyon. Une université confédérale se fera si ce sont les établissements qui la construisent et qui la portent. Parfois, souvent… les infrastructures sont imposées sur un modèle beaucoup trop technocratique.



Propos recueillis par Franck Dorge | Publié le

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