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Gilles Roussel, président de l’université Paris-Est-Marne-la-Vallée : "Il faut avancer sur une offre de formations cohérente avec l’UPEC"

Propos recueillis par Fabienne Guimont
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Gilles Roussel
Gilles Roussel

Élu à la tête de l’université Paris-Est-Marne-la-Vallée (UPEMLV) depuis janvier 2012, Gilles Roussel est impliqué dans la vie de l’université depuis le milieu des années 1990. Il a notamment été vice-président dans l’équipe de direction du précédent mandat. Ce docteur en informatique – passé par Paris 6, l’ENS Ulm et l’INRIA – décode les dynamiques à l’œuvre dans cette université nouvelle.

Sur quelles bases s’est construite l’université de Marne-la-Vallée ?

Le besoin de développer une recherche forte et d’insérer professionnellement les étudiants a fondé la construction de l’offre de formations de cette université pluridisciplinaire (hors santé et hors droit). Professionnalisation et recherche se sont construites en même temps. Chaque formation repose toujours, au moins au démarrage, sur l’idée d’insertion professionnelle en relation avec la formation continue, l’apprentissage, le travail avec le tissu socio-économique. Les enseignants-chercheurs ont bien intégré cette dimension. On a réussi à montrer au niveau national qu’il était possible, dans une université, de valoriser les compétences des étudiants au cours de leur cursus, même dans les filières de sciences humaines et sociales.

Comment envisagez-vous les rapprochements avec l’UPEC, l’autre université de l’Est parisien ?

L’UPEMLV et l’UPEC sont les deux universités les plus en avance sur l’apprentissage. Elles ont apporté des réponses similaires aux besoins des territoires et de la société, avec la professionnalisation de leurs cursus. Dans les prochains contrats d’établissement, qui sont concomitants, il faut avancer sur une offre de formations cohérente, en donnant des possibilités de passerelles aux étudiants entre les deux universités [voir aussi la fusion de l’IAE de l’UPEC et les masters de gestion de l’UPEMLV ].

Depuis l’an dernier, nous affichons déjà une même offre de formations de l’Est parisien sur les différents salons. En revanche, il ne s’agit pas de supprimer des formations : par exemple, la licence d’économie-gestion reste légitime dans les deux établissements pour couvrir les besoins du territoire. La fusion de l’IUP [Institut d’urbanisme de Paris], actuellement à l’UPEC, avec l’IFU [Institut français d’urbanisme] et l'installation de la future école à la cité Descartes, à la rentrée 2013, est un choix politique des établissements.

Où en est la mutualisation au sein du PRES Université Paris-Est ?

Sur la recherche, le PRES Université Paris-Est structure les relations entre universités et écoles. Un de ses moteurs est le duo UPEC-UPEMLV. L’ADN de tous les établissements du PRES reste la professionnalisation. Le PRES doit encore avancer sur l’internationalisation, le numérique, les bibliothèques, les formations, les relations avec le monde socio-économique… Mon souhait est d’affirmer l’UPEMLV comme un élément d’un groupe plus important qui assoit la visibilité de l’Est parisien. Nos atouts en recherche sont indiscutables, notamment sur la ville (des sciences humaines aux sciences dures) et les mathématiques-STIC.

L’ADN de tous les établissements du PRES reste la professionnalisation


L’UPEMLV n’a que 20 ans. Quels défis reste-t-il à relever pour en faire un véritable campus universitaire ?

L’université a souffert localement car la construction du site n’est pas terminée. Il reste un travail de réflexion à mener sur la façon de faire vivre les bâtiments répartis dans la cité Descartes. Les collectivités locales et l’État nous aident sur les études préalables et la construction de la bibliothèque, d’une maison de l’étudiant, la signalétique du site. De plus en plus, les universités sont comprises comme source de développement de la ville et la bibliothèque par exemple sera ouverte sur la vie culturelle. La question c’est "comment faire vivre un vrai campus universitaire et non un lotissement universitaire ?".

L’université s’est par ailleurs engagée dans deux clusters : tourisme au Val-d’Europe et ville durable au Val-Maubuée [cité Descartes] (1). L’idée est d’associer des acteurs pour dégager des forces académiques et économiques afin de créer du développement territorial sur ces thématiques.

L’IFSTTAR , l’Equipex Sense City s’installent sur le site notamment. L’État a programmé une partie de ses moyens sur ces clusters et pour l’offre de formation et de recherche de l’université, il est intéressant d’afficher ces clusters. À moyen terme, il faut aussi intégrer que le Grand Express régional aura une gare à la cité Descartes qui nous mettra à une station de Créteil : le SAN (syndicat d’agglomération nouvelle) Val-Maubuée a ce raisonnement en tête. Les collectivités territoriales sont là pour nous accompagner dans ce pôle est-parisien.

Propos recueillis par Fabienne Guimont
Septembre 2012

(1) Le SAN Val-d’Europe regroupe les communes de Bailly-Romainvilliers, Chessy, Coupvray, Magny-le-Hongre et Serris. Depuis 1987, un partenariat public-privé entre l’État, la région Île-de-France, le conseil général de Seine-et-Marne et la société Euro Disney doit développer le Val-d’Europe. Le SAN Val-Maubuée regroupe, lui, les communes de Champs-sur-Marne, Croissy-Beaubourg, Émerainville, Lognes, Noisiel et Torcy.


L’université Paris-Est-Marne-la-Vallée en chiffres
Le site principal de l’UPEMLV est situé à la cité Descartes, sur le territoire de la ville nouvelle de Marne-la-Vallée. Il est complété par deux autres implantations seine-et-marnaises : l’IUT site de Meaux et l’IFIS (Institut francilien d’ingénierie des services) de Serris (Val-d’Europe).

• Nombre d’étudiants : 11.000.
• Nombre d’étudiants inscrits en premier cycle : 7.200.
• Nombre d’apprentis : 2.300, soit 22%.
• Taux de boursiers : 22% (hors apprentis).
• Nombre d’enseignants-chercheurs et chercheurs : 522.
• Nombre de personnels administratifs : 446.
• Budget 2010 : 100 millions d’euros.
• 16 unités de recherche (dont 5 UMR CNRS, 1 UMR INRETS et 1 UMR MA).
• Nombre de thèses soutenues par an : 51.
• Nombre de sites : 3.
• Nombre d'étudiants étrangers en programme d'échanges (uniquement) : 127.
• Passage aux RCE (responsabilités et compétences élargies) : janvier 2009.

Source : UPEMLV, chiffres 2010-2011.


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