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La professionnalisation des formations à l’université : un atout à dépasser

Un dossier de Fabienne Guimont
Publié le
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Bâtiment Copernic, cité Descartes - Université Paris-Est-Marne-la-Vallée
Bâtiment Copernic, cité Descartes - Université Paris-Est-Marne-la-Vallée

Première université pour l’apprentissage et modèle pour la professionnalisation de ses formations, l’image colle à l’UPEMLV. Une caractéristique fondatrice des universités nouvelles dont la jeune université aimerait aujourd’hui se départir sans se trahir.

Université pluridisciplinaire (hors santé et droit) des SHS aux mathématiques en passant par l’ingénierie, l’urbanisme et le tourisme, l’université Paris-Est-Marne-la-Vallée reste marquée par les inconvénients de sa jeunesse. Au premier titre : sa sous-dotation en personnels. L’université l’estime à 177 enseignants et administratifs sur un petit millier de collaborateurs. Un des premiers points faibles déjà soulignés par l’AERES dans son rapport de 2010, qui rappelait ce handicap "pour mener à bien simultanément les multiples chantiers projetés".

La culture de l’apprentissage et ses limites

L’université reste également marquée par ses principes fondateurs. Ses premiers cycles représentent 71% des inscrits en 2011-2012, recrutés en grande majorité dans les départements proches, conformément à sa vocation initiale d’absorber une partie des effectifs du supérieur francilien et de par le développement de sa cinquantaine de licences professionnelles. Partenaire de 10 CFA (centres de formation d’apprentis), l’UPEMLV reste la première au niveau national sur le taux d’apprentis : 22% de ses étudiants sont inscrits dans l’un de ses 84 diplômes ouverts à l’apprentissage.

"Nous considérons l’entreprise comme un lieu de formation. C’est ce qui fait notre marque de fabrique sur l’apprentissage, avec sa pédagogie proche du terrain à travers les projets tutorés et l’expérience professionnelle acquise", expose Frédéric Toumazet, vice-président enseignements et professionnalisation de l’UPEMLV, lui-même formé en apprentissage. Outils de suivi des apprentis en temps réel (avec le livret d’apprentissage électronique), comités de pilotage des formations en apprentissage, rencontres tous les dix jours avec les directeurs des CFA permettent de faire "coller les formations au terrain".

"Aujourd’hui, les licences professionnelles qui ne répondent plus à la demande devront fermer", soutient le vice-président. Cette culture de la professionnalisation se diffuse au-delà des formations en apprentissage. Les stages sont obligatoires dans toutes les L3. En 2011-2012, au moins un étudiant sur deux est parti en stage : le BAIP en a conventionné 5.700, hors apprentissage. Et la meilleure insertion professionnelle des apprentis diplômés – essentiellement sur le taux d’emploi stable et sur les salaires quelques années après l’embauche – continue à donner raison à ce mode de formation.

Un seuil atteint

Cette image d’une professionnalisation accomplie, l’université aimerait pourtant la contrebalancer en mettant en avant ses atouts scientifiques (lien article 3). Derrière ce repositionnement, il y a la crainte d’être cataloguée comme une "université de proximité", ainsi que la Cour des comptes décrit les universités des villes nouvelles franciliennes dans son rapport de 2012 .

"Nous avons poussé le développement de l’apprentissage même dans des formations de SHS où cela est moins naturel. Aujourd’hui, nous avons atteint un seuil car l’apprentissage ne s’adapte pas à tous les niveaux de formation et ne peut toucher tous les publics, comme les étudiants étrangers. Ce n’est pas non plus une poule aux œufs d’or. Sur nos 100 millions d’euros de budget, 30 millions proviennent de ressources propres, dont seulement 5 millions de l’apprentissage", rappelle le président de l’UPEMLV.

Un dossier de Fabienne Guimont
Septembre 2012


Un dossier de Fabienne Guimont | Publié le

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