Newsletter

L’UPEMLV et la recherche : jouer la logique de site (pour exister)

Un dossier de Fabienne Guimont
Publié le
Envoyer cet article à un ami
DR
DR

Comment exister scientifiquement sur la scène internationale avec 500 enseignants-chercheurs dans l’Est parisien ? L’université a résolu l’équation en redéfinissant sa recherche sur les grandes thématiques de l’université Paris-Est, le PRES dont elle est fondatrice.


"Marne-la-Vallée est plus identifiée à Disneyland qu’à l’université." Un aveu lucide de la part de la direction scientifique de l’université Paris-Est-Marne-la-Vallée (UPEMLV). Un moteur aussi de sa politique de reconfiguration thématique. Si l’université pèse en effet dans les contingents étudiants, avec 11.000 des 18.000 de la cité Descartes, elle n’aligne que quelque 500 enseignants et chercheurs sur les 1.600 du site. Un poids numériquement faible, mais de qualité. Le dernier rapport de l’AERES (Agence d'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur) de mars 2010 sur l’université notait que "la proportion de chercheurs considérés comme “publiants” dans les unités de recherche est satisfaisante, voire excellente".

Université Paris-Est : une bannière de recherche commune

Sur ces bases, l’université a fondé sa politique scientifique essentiellement sur les partenariats avec des grandes écoles et des organismes de recherche du site Descartes et, au-delà, avec les membres du PRES Université Paris-Est dont elle est fondatrice depuis 2007. En cinq ans, elle a mis sa recherche en cohérence avec celles des laboratoires de l’École des Ponts ParisTech, de l’ESIEE ou encore de l’UPEC.

Premiers signes tangibles de cette collaboration scientifique sous l’égide de l’Université Paris-Est : les publications, les doctorats sont sous son sceau et les écoles doctorales sont communes à ses membres. "Avant le PRES, on avait des écoles doctorales fourre-tout. Ces écoles doctorales multi-établissements au sein du PRES nous ont permis de mieux structurer nos champs disciplinaires. On a pu constituer de plus grosses équipes de recherche et obtenir le soutien du CNRS, comme avec le laboratoire de mathématiques, associé à une équipe de l’UPEC et labellisé ainsi UMR CNRS", témoigne Damien Lamberton, vice-président recherche de l’UPEMLV.

Devenir une référence sur l’urbanisme

Autre restructuration menée, celle des thématiques de recherche autour de l’urbanisme d’une part et des mathématiques/informatique/électronique d’autre part. Des recherches qui déclinent un des pôles prioritaires du PRES intitulé "Ville, environnement et leurs ingénieries" , et en partie celui de "sciences-société", davantage tourné sur l’UPEC et l’hôpital Henri-Mondor de Créteil.

Sur l’urbanisme, l’université entend devenir un pôle de référence, alors que la cité Descartes a été labellisée cluster national sur la ville durable, avec une concentration de 25% de la recherche française et son pôle de compétitivité Advancity.

À la rentrée 2013, l’Institut d’urbanisme de Paris (IUP), actuellement rattaché à l’UPEC, s’installera avec l’IFU (Institut français d’urbanisme) dans un nouveau bâtiment sur la cité Descartes. "Ce rapprochement se fait dans une logique de construction, sans contreparties", explique Gilles Roussel, président de l’université seine-et-marnaise. "Cela évite les logiques de concurrence entre établissements et nous permet des rapprochements avec les grandes écoles", résume Éric Lamberton. Deux pôles renforcés avec l’attribution de deux des quatre Labex au PRES Paris-Est – Futurs urbains et Bezout – sur les modèles et algorithmes avec des applications sur la santé et la ville.

La pluridisciplinarité comme étendard

En sciences humaines et sociales, l’université tient à défendre une logique pluridisciplinaire face à une logique d’excellence sur une spécialité. "Nos équipes sont pluridisciplinaires alors que la logique des mastodontes veut que l’excellence soit concentrée sur une discipline. On s’en sort avec ces Labex pluridisciplinaires, en travaillant à la frontière des savoirs. Il faut savoir maintenir la pluridisciplinarité pour nos étudiants", rappelle Caroline Trotot, vice-présidente adjointe recherche de l’université. Ce maître de conférences en littérature française des XVIe et XVIIe siècles travaille d’ailleurs avec des universitaires spécialistes des images numériques sur un programme de recherche en écriture de l’histoire. "Ces champs couverts assez larges nous permettent une ouverture internationale. Nous avons des programmes de recherche avec la Corée du Sud ou la Pologne", illustre-t-elle, même si l’international reste cependant un des points faibles de l’UPEMLV.

De jeunes talents à attirer

Quid des recrutements de chercheurs pour développer son potentiel scientifique de jeune université ? "L’université a la particularité d’affilier ses enseignants-chercheurs à leur unité de recherche et non à leur UFR. Priorité est ainsi donnée à leur activité de recherche et ils sont identifiés davantage à leur laboratoire qu’à une composante. Ils enseignent souvent dans plusieurs composantes", argumente Damien Lamberton, qui a enseigné lui-même comme professeur de mathématiques dans les UFR d’économie-gestion et de mathématiques à son arrivée en 1993.

Les ouvertures de postes sont également portées par les unités de recherche, ce qui permet de recruter des profils de recherche ciblés. "Même si nous avons de forts besoins d’enseignants comme dans les jeunes universités, nous attirons des jeunes chercheurs grâce aux Labex et à nos laboratoires notés A et A+. Nous leur accordons également 30 heures de décharge d’enseignement lors des deux premières années", détaille le vice-président recherche.

L’université a aussi décliné ses propres appels à projets de recherche. Dernier atout pour faire venir les jeunes talents scientifiques ? Le futur tracé du Grand Paris passant par la cité Descartes lui sert d’argument de choix en la rapprochant de la capitale… et de Créteil.

Un dossier de Fabienne Guimont
Septembre 2012


Un dossier de Fabienne Guimont | Publié le

Vos commentaires (0)

Nouveau commentaire
Annuler
* Informations obligatoires