Newsletter

Universités orphelines de PRES : les manœuvres en cours

Olivier Monod
Publié le
Envoyer cet article à un ami
Alors que les regroupements entre établissements franciliens ne sont pas encore achevés, trois universités se retrouvent en dehors de tous les PRES. Paris-Dauphine, Paris-Ouest-Nanterre-La Défense et Vincennes-Saint-Denis peuvent-elles vivre sans PRES ?

Vincennes-Saint-Denis, la mal-aimée

Paris 8-Vincennes-Saint-Denis est membre fondateur du campus Condorcet-Paris-Aubervilliers . Elle souhaite par ce biais se rapprocher du PRES HéSam formé par la quasi-totalité des autres membres du campus. De nombreux observateurs imaginaient Paris 8 former un regroupement au nord de Paris avec Paris 13, Cergy ou encore Nanterre. Malheureusement, Paris 13 et Cergy sont déjà associées dans d'autres structures et Nanterre ne semble pas vouloir former un PRES avec Paris 8 uniquement. Cette perspective semble donc s'éloigner.

Paris 8 trouve aussi de nombreux détracteurs, pour qui l’université souffre énormément de son histoire qui laisse une étiquette d'université d'(extrême)-gauche avec de lourds problèmes de gouvernance.

Paris-Dauphine, la franc-tireuse

Dauphine a déposé une Initiative d'excellence conjointement avec Paris Sciences et Lettres (PSL) sans pour autant demander son rattachement au PRES. Son président, Laurent Batsch, est persuadé que « dans dix ans, les Idex auront supplanté les PRES ». Avec PSL, il compte créer une "université collégiale de recherche".

Le pôle financier de la Défense réunissant Nanterre et Dauphine sur le site du quartier d'affaires est dans toutes les têtes. Il pourrait se réaliser, mais pas forcément sous forme de PRES, chaque entité relocalisant certains de ses cours sur la dalle de la Défense.

Dauphine s'est écartée du modèle universitaire français en augmentant ses droits d'inscription et en brisant le tabou de la sélection. « Nous sommes hors PRES car on nous a reproché notre différence », lance son président. Il a donc décidé de se rapprocher de PSL, un regroupement d'établissements hautement élitistes, dont les membres principaux sont restés soudés au sein de Sorbonne université. Des intérêts partagés puisque PSL ne compte pas d’université parmi ses membres.

Paris-Ouest-Nanterre-La Défense, l'incomprise

Selon sa présidente Bernadette Madeuf, « notre université peut devenir le pôle SHS [sciences humaines et sociales] d’UniverSud. Cela répondrait au souhait de notre ministre et permettrait de réaliser une “comprehensive university” du type des universités anglo-saxonnes de réputation mondiale. » De par sa taille et l'existence de son campus, Paris 10 présente en effet de sérieux atouts pour rejoindre un PRES UniverSud Paris très marqué par les scientifiques.

Sa présidente cherchant à tout prix un rapprochement, on a imaginé Nanterre avec tout le monde : sur le campus Condorcet, avec HéSam, à la Défense avec Dauphine, ou encore en leader d'un PRES Paris-Ouest avec Versailles et Cergy. Beaucoup de discussions ont eu lieu, pour peu de débouchés concrets pour le moment.

Nanterre s'est mise à la recherche d'un PRES un peu tard car cela n'était pas la priorité de l'équipe en place en 2006. Aujourd'hui, sa taille et sa notoriété font peur aux plus petites universités telles que Cergy et Versailles. Un rapprochement avec un PRES parisien n'est pas plus envisageable. « Nanterre est perçue comme une université parisienne par les universités de banlieue et comme une université de province par les universités parisiennes », conclut sa présidente.

Dossier réalisé par Olivier Monod
Mars 2011


Olivier Monod | Publié le

Vos commentaires (0)

Nouveau commentaire
Annuler
* Informations obligatoires

Les annuaires du sup

Newsletters gratuites

Soyez informés de l'actualité de l'enseignement supérieur et de la recherche.

Abonnez-vous gratuitement

Je m'abonne