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“Big data”, un intitulé pour attirer les foules ?

Céline Authemayou
Publié le
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“Big data”, un intitulé pour attirer les foules ?

Alors que l’expression “big data” s’affiche un peu partout et a dépassé le simple cercle du monde du numérique, quelles sont les motivations qui poussent les écoles à utiliser ce terme dans l’intitulé de leurs formations ? N’y a-t-il pas un risque de répondre à un simple effet de mode ?

“Ce n'est pas parce que le sujet bénéficie de l'effet de mode qu'il n'y a pas de tendance de fond”, tient à préciser Nicolas Glady de l'ESSEC. Pour les écoles, le terme permet d'attirer l'œil des étudiants, voire de les recruter, grâce à un terme qu'ils connaissent.

“Côté entreprise, cela permet également de faciliter les premiers contacts, note Alain Bidault, responsable de la filière statistique et ingénierie des données à l'ENSAI. Nous devons être capables de leur parler avec des mots-clés percutants.” L'ENSIMAG et Grenoble EM ont décidé elles aussi d'utiliser le terme “big data” dans l'intitulé de leur futur mastère spécialisé. “C'est bien plus qu'une étiquette, affirme Yves Denneulin, directeur de l'école d'ingénieurs grenobloise. Il s'agit pour nous de passer de l'implicite à l'explicite : jusqu'à présent, le big data était diffus dans toutes nos formations. Désormais, il bénéficie de son propre cursus.”

Le big data est pour nous un bon moyen de mettre en avant les débouchés offerts par les mathématiques appliquées (P. Besse)

Un intérêt ravivé pour les mathématiques


Attention toutefois à ne pas transformer l'expression en facile “fourre-tout”. Stéphan Clémençon de Télécom ParisTech rappelle que l'expression correspond à une réalité scientifique très précise. “Il ne faut pas se contenter d'un relooking des cursus : il est crucial de pouvoir incarner le sujet, notamment à travers une recherche forte et dynamique.” Mais loin du simple débat étymologique, d'autres voient dans cette déferlante une véritable aubaine.

“Il est difficile d'expliquer à un élève de terminale ce qu'est un ingénieur mathématicien, concède Philippe Besse, de l'INSA Toulouse. Le big data est pour nous un bon moyen de mettre en avant les débouchés offerts par les mathématiques appliquées, à une époque où la filière peine parfois à attirer. Avec le big data, c'est la première fois que le terme ‘statisticien’ est repris dans les médias. Nous autres, mathématiciens, qui ne sommes pas très forts en communication, nous sommes ravis de cet intérêt !”

Datascience.net : l'intelligence collective au service du big data
Quand le big data fait l'objet de challenges... Créé en décembre 2013, le site datascience.net permet à tout internaute ayant des connaissances dans le domaine de l'analyse des données de plancher sur un problème proposé par une entreprise du secteur et de remporter une petite somme en cas de succès. Conçu par la société de conseil Bluestone et le GENES (Groupe des écoles nationales d'économie et statistique), le site s'inspire de son homologue américain Kaggle. Pour l'instant, peu de challenges sont proposés et les sommes offertes (1.000 €, 2.000 €) sont bien loin de celles de Kaggle (jusqu'à 100.000 $, soit 74.000 €). Mais pour les fondateurs du site, le but de l'initiative est avant tout de confronter les étudiants à des cas concrets "et de leur permettre de prendre conscience que leur formation est en rapport direct avec le besoin des entreprises", argumente Pascal Chevalier, directeur de l'ENSAI.

Céline Authemayou | Publié le

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