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Formations en big data : une spécialisation en fin de parcours

Céline Authemayou
Publié le
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@ Ensae
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Mastère spécialisé, certificat d’études, création de filières en formation continue… Certaines écoles d’ingénieurs et de management ont choisi d’ouvrir leurs portes au big data par le biais de formations spécialisées. Elles visent prioritairement les professionnels et offrent l’avantage de s’adapter facilement aux besoins du marché car elles sont rapides à créer et de courte durée.

Depuis la rentrée 2013, Télécom ParisTech propose un mastère spécialisé big data : gestion et analyse des données massives (BGD). 50 % des étudiants de la première promotion sont des diplômés ingénieurs en poste depuis deux à trois ans. Les autres sont des quarantenaires en reconversion. Pour créer la maquette de ce programme, composé de 500 heures de cours et de projets tutorés, l'école d'ingénieurs a mis en place un comité de veille constitué notamment de partenaires industriels. Et le succès est au rendez-vous. À tel point que Télécom ParisTech va étoffer son offre à destination des professionnels et ouvrir en avril 2014 un CES (certificat d'études spécialisées) data scientist.

“Cette formation est particulièrement bien adaptée aux professionnels car elle est proposée à temps partiel et dure 24 jours”, explique Stéphan Clémençon, responsable pédagogique de ce CES. “Dans le domaine du big data, les besoins se portent clairement sur des profils très spécialisés”, reconnaît Yves Denneulin, directeur de l'ENSIMAG. L'école d'ingénieurs de Grenoble INP va lancer à la rentrée 2014 un mastère spécialisé big data en partenariat avec Grenoble EM (via son école EMSI). “La nature même de ce diplôme, plus malléable et rapide à mettre en place, permet de répondre aux besoins actuels du marché, poursuit Yves Denneulin. Le diplôme d'ingénieurs, soumis à l'habilitation de la Commission des titres d'ingénieurs, est quant à lui plus rigide.”


Dans le domaine du big data, les besoins se portent clairement sur des profils très spécialisés (Y. Denneulin)

Les filières existantes adaptées par coloration


Malgré tout, les formations initiales se renouvellent. Que ce soit en école d'ingénieurs, en école de commerce ou à l'université, les cours s'adaptent par petites touches aux nouveaux enjeux du big data.

À Télécom Nancy, un nouvel approfondissement vient d'être créé en janvier 2014 dans la filière ingénieurs. Intitulé simplement “big data”, il a été mis sur pied en une année, en lien étroit avec des professionnels du secteur. “Nous avons créé la maquette de cette filière en tenant compte de plusieurs éléments, explique Adrien Coulet, responsable de l'approfondissement au sein de l'établissement. Tout d'abord, quelles sont les demandes des entreprises ? Ensuite, quelles sont les compétences techniques dont doivent disposer nos élèves ? Et enfin, y a-t-il des débouchés pour eux ?”

Cette dernière question n'inquiète pas l'enseignant : les étudiants ayant des compétences en analyse des données massives s'arrachent à prix d'or. “Il n'y a aucun doute, nous faisons face à une tendance de fond”, certifie Nicolas Glady professeur associé à l'ESSEC et titulaire de la chaire Accenture Strategic Business Analytics. L'établissement a intégré dans son programme Grande École des cours dédiés au big data. “Les entreprises s'arrachent nos diplômés, assure Nicolas Glady. Ces derniers ont une double compétence, devenue aujourd'hui essentielle : à la fois technique et managériale.”

Une base fondamentale à maintenir


Preuve de la bonne santé du secteur, la nouvelle filière data science, créée par l'ENSAE ParisTech à la rentrée 2013 et accessible en dernière année du cursus ingénieur, concurrence les spécialités actuariat et finance de marché, traditionnellement très prisées des étudiants. “Sur six filières proposées, data science réunit à elle seule un tiers de notre promotion”, constate Julien Pouget, directeur de l'établissement. Depuis trois ans, l'ENSAE ParisTech reçoit de plus en plus d'offres de stage et d'emploi pour des profils de data scientists.

Même constat chez l'autre grande école de statistique française, l'ENSAI. La spécialisation statistiques et ingénierie des données, proposée elle aussi aux élèves-ingénieurs de dernière année, a connu des changements, mais sa colonne vertébrale existe depuis la création de l'établissement, en 1994. “Il est indispensable d'évoluer avec les besoins des entreprises, sans toutefois faire de clientélisme, prévient Pascal Chevalier, directeur de l'école bretonne. Avant de modifier les cours, le conseil d'école et le comité d'enseignement se réunissent pour valider toutes les décisions. Tout en maintenant une base fondamentale solide en début de formation, il est aussi de notre devoir d'introduire dans nos cursus des enseignements qui permettront à nos élèves d'être très vite opérationnels sur le marché du travail.”


Céline Authemayou | Publié le

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GIS.

La spécialité Génie Informatique et Statistique de Polytech Lille (http://www.polytech-lille.fr/gis) forme des ingénieurs spécialistes du traitement de l'information (sur 3 ans), avec une véritable double compétence en informatique et statistique, particulièrement bien adaptés aux nouveaux besoins liés au Big Data. La formation GIS peut se faire également en alternance sur les 3 années.

STID.

NON, pas nécessairement en fin de parcours. Le traitement de l'information n'est pas qu'une science mathématique de fin de curusus mais une culture de la donnée qui s'acquiert. Les 12 départements STatistique et Informatique Décisionnel (STID) d'IUT permettent à des neo-bacheliers d'entrer dans cet univers où, depuis plus de 40 ans, il y plus d'offres d'emplois que de diplômés. http://www.stid-france.com/

Ensai.

L'Ensai forme, à travers sa filière Statistique et ingénierie des données, des ingénieurs au métier de Data Scientist. Après avoir pris le virage du DataMining dans les années 2000, la filière a officialisé en 2013 son passage à l’échelle du Big Data !