Grenoble EM : le MTI, principe fondateur et repère stratégique

Jean-Claude Lewandowski
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Grenoble EM
Grenoble EM // ©  Agence Prisme / Pierre Jayet
Pilier de la stratégie de Grenoble EM depuis sa création, le MTI (management technologique de l'innovation) irrigue aujourd'hui l'ensemble des activités de formation et de recherche de l'école.

À Grenoble École de management, trois lettres figurent au cœur de la stratégie : MTI, pour "management technologique et innovation". Une démarche lancée dans les années 1970 par plusieurs "gourous" américains de la gestion et adoptée par l'école dès sa création. "Cela fait partie de nos racines, considère Thierry Grange, président du conseil stratégique de GEM.

L'écosystème grenoblois, très axé sur la technologie, favorise ce positionnement. Et notre statut de membre fondateur de Giant, ce campus mondial dédié à l'innovation technologique implanté au cœur de la ville, nous permet d'accroître notre expertise sur ce sujet." Résultat, le MTI irrigue désormais toutes les composantes de l'école.

Enseignements multiformes

En formation initiale, il est enseigné en tronc commun dans la plupart des programmes, y compris le MBA – et plus particulièrement dans la filière ingénieur-manager, dans le mastère spécialisé MTI et dans la MSc "Innovation Strategy and Entrepreneurship".

Persuadés que "la différence contribue à l'innovation", les responsables de l'école ont également noué des partenariats avec des universités technologiques internationales, comme Georgia Tech aux États-Unis ou Aalto en Finlande.

Le MS MTI, pour sa part, organisait récemment un voyage d'études au Japon, l'un des tout premiers pays au monde pour le dépôt de brevets. L'occasion pour les étudiants de découvrir la vision nippone des technologies de demain, avec des conférences données par l'université de Tokyo, mais aussi des visites de laboratoires, de parcs technologiques (Tsukuba) et de centres de recherche d'entreprises comme Nikon-Essilor ou NTT Docomo. "Ce voyage leur a aussi permis de se familiariser avec les principes du Kaizen, ce processus d'amélioration continue qui débouche sur l'innovation, qui est l'un des facteurs clés de la compétitivité du Japon", évoque Alexandre Fidanza, professeur à Centrale Lyon et coanimateur du mastère.

En prime, plusieurs temps forts dans l'année scolaire, comme les "24 heures de l'innovation", qui servent de dispositif d'intégration et plongent d'emblée les étudiants dans le sujet. Ou en mai les "GEM Inno Awards", une compétition de projets innovants (une centaine cette année) reposant sur des problématiques d'entreprises.

En formation continue, des modules axés sur l'innovation amont sont inclus dans plusieurs cycles conçus avec des entreprises comme Renault, STMicro ou SEB. L'école a même monté avec l'Ifop un "Baromètre de l'innovation", chargé de décrypter les comportements et les attentes des entreprises dans le domaine.

des débouchés concrets

Le sujet est également abordé dans la recherche : les enseignants de GEM planchent sur la gestion stratégique de l'innovation et des activités de haute technologie. Le "Management de l'innovation" a d'ailleurs fait l'objet d'un manuel dédié à l'enseignement de la discipline, et rédigé par deux professeurs, Séverine Le Loarne et Sylvie Blanco. GEM s'appuie notamment sur plusieurs centres de recherche dédiés, comme le MOTI (Management des organisations, de la technologie et des innovations).

Omniprésent dans les enseignements et dans la vie de l'école, ce dispositif porte ses fruits, en offrant des débouchés en nombre croissant à la sortie, à des postes comme responsable de projet d'innovation ou chargé de produits innovants... Au total, près de 30% des diplômés travaillent déjà en lien avec le MTI.


Jean-Claude Lewandowski | Publié le