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Cocooner le chercheur et sa famille

Céline Manceau
Publié le
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C’est avec femme et enfants qu’un enseignant-chercheur s’expatrie le plus souvent. Les universités prennent donc aussi en charge l’inscription des enfants dans une école bilingue, la recherche d’un poste pour le conjoint et diverses démarches administratives (telle l’ouverture d’un compte en banque).

« Nous nous devons d’avoir la même exigence de professionnalisme pour les recrutements que pour la recherche », estime Hugues Dreyssé, vice-président ressources humaines de l’université de Strasbourg. Ce dernier s’est démené pour que les aspects logistiques d’une carrière à l’international soient pris en compte très en amont dans les négociations : « Nous avons sensibilisé les directeurs de laboratoire et d’UFR afin qu’ils puissent aborder très vite toutes les questions pratiques avec les candidats potentiels. » À Paris-Diderot, qui compte environ 200 enseignants-chercheurs étrangers permanents dans ses rangs, une personne leur est dédiée sur toutes ces questions.

Un poste pour le conjoint

Le droit à l’erreur n’est pas permis. « C’est très préjudiciable pour le bouche-à-oreille lorsqu'un enseignant est finalement déçu », relève Hugues Dreyssé. Son université a signé un accord dual careers avec les universités de Fribourg, Karlsruhe, Bâle et Mulhouse pour tenter d’offrir à l’épouse ou l’époux, très souvent enseignant(e) également, un emploi dans l’enseignement public. Des négociations sont en cours avec des partenaires industriels. « L’objectif est d’apporter une réponse directe à une demande précise : à quel poste pourrait prétendre le conjoint ? » poursuit Hugues Dreyssé.


Le logement est une autre préoccupation des candidats. En province, la recherche d’une maison ou d’un appartement se fait plutôt ponctuellement en fonction des besoins. À Paris, les universités ont déjà anticipé un peu plus le problème. Paris-Diderot dispose de chambres à la Cité internationale. À l’université Panthéon-Assas, des travaux sont actuellement en cours pour aménager des appartements au dernier étage de l’université, avec vue imprenable sur le Panthéon… une offre incomparable qui, de l’autre côté de l’Atlantique, peut éventuellement compenser un différentiel de salaire.

Le choix du cœur


Tous ces éléments d’ordre plus personnel emportent parfois la décision finale. « Mais il ne faut pas se leurrer sur la concurrence entre les établissements. Nos universités ont surtout la capacité d’attirer des enseignants-chercheurs étrangers déjà potentiellement séduits par la France, parce que mariés à une Française ou ayant effectué une partie de leurs études en Europe », tempère le président de l’université Pierre-et-Marie-Curie, Jean-Charles Pomerol.

Céline Manceau
Février 2011


Céline Manceau | Publié le

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