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Écoles de commerce : des rémunérations globalement plus élevées qu'ailleurs

Jessica Gourdon
Publié le
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Les directeurs des grandes écoles de commerce font partie des personnels les mieux payés du monde de l’enseignement supérieur français... et comparables pour la plupart aux doyens des business schools américaines.

D’après nos différentes sources, la plupart des directeurs d’école de commerce gagnent entre 120.000 et 160.000€ brut par an. Soit un salaire net mensuel compris entre 7.700 et 10.300€. Pour les meilleures écoles, ces chiffres peuvent grimper au-delà des 200.000€ annuels.

Les n° 2 ou n° 3 (directeurs de programme grande école, directeurs délégués) de ces groupes touchent quant à eux «autour de 100.000€», estime Michel Caste, P-DG du cabinet de recrutement HRM, l’un des chasseurs de têtes les plus connus dans ce milieu.

Deux rapports de la Cour des comptes


Peu de chiffres précis circulent sur ce sujet, mis à part lorsque ceux-ci sont épinglés par la Cour des comptes pour leur excès. Dans un rapport publié en 2007, on apprenait ainsi que le DG d’Euromed de l’époque, Jean-Paul Léonardi, touchait 283.664€ (brut), soit un salaire net mensuel que la Cour a estimé à 19.000€. Il faut ajouter à cela une prime d’intéressement annuelle de 120.000€. Quant au directeur adjoint de l’époque, Bernard Belletante, aujourd’hui aux commandes d’Euromed, son salaire s'établissait à 14.300€ net mensuels, primes incluses à cette époque (1).

La même institution s’est penchée sur la Chambre de commerce de Lyon : dans un tableau récapitulatif des transferts de la CCI à son école, la ligne «salaire du directeur» correspond à une charge de 263.935€ annuels (en 2008).

Un salaire fonction du CV

Les déterminants du salaire d’un directeur sont multiples. La variable n° 1 est bien sûr le CV du candidat. En 2012, le directeur idéal est un enseignant-chercheur titulaire d’un doctorat, qui a une véritable expérience de l’entreprise, qui a si possible vécu à l’étranger et qui possède de solides capacités de management d’équipes et de développement commercial. Bref, la quadrature du cercle ! «Quelqu’un qui possède toutes ces qualités sera très recherché et, par conséquent, plus à même de faire monter les enchères», relève Michel Caste.

Le salaire de départ comme critère


Entre ensuite en compte la provenance de l’individu. Un candidat professeur en poste dans une université gagne souvent, au moment de sa candidature, moins qu’un candidat haut placé dans une entreprise. Cette rémunération de départ influe sur le salaire proposé.

«Toutefois, pour ceux qui partent d’un salaire très élevé, l’alignement n’est pas systématique. Les personnes qui quittent le monde de l’industrie pour celui de l’enseignement le font pour des raisons personnelles, et consentent généralement à des baisses de salaire», remarque Henri Hiribarrondo, du cabinet Sirca, chasseur de têtes spécialisé dans les profils de directeurs d’école.

L’âge et le statut de l’école

En outre, si la moyenne d’âge des directeurs d’école est de 54 ans, les plus jeunes tendent à décrocher des salaires dans la fourchette basse.

Enfin, le salaire dépend du statut de l’école. Dans les écoles consulaires, qui appartiennent à des établissements publics, les rémunérations sont plus contraintes, avec un système de grilles. De plus, il est difficilement envisageable que le directeur général de l’école soit mieux payé que son chef, le directeur de la CCI. De même, l’EM Strasbourg, composante universitaire, est moins libre dans ses niveaux de rémunération.

On peut également considérer que les salaires sont plus élevés dans les écoles de commerce du «top 10». Toutefois, hors de ce groupe, des écoles privées sous statut de société peuvent pratiquer des salaires comparables. C’est ce qu’a observé Michel Caste : «Ces écoles ont des exigences de résultats et de retour sur investissement très élevées. Du coup, elles ne prennent que des pointures, qu’elles paient bien. Il y a dans ces écoles d’excellents profils.»

Par ailleurs, nombre de directeurs perçoivent une partie de leur salaire en part variable. Celle-ci est indexée sur l’augmentation du nombre de candidats au concours, l’obtention d’accréditations, l’ouverture de nouveaux campus… Et même la progression de l’école dans les classements !



Jessica Gourdon
Mai 2012

(1) EM Lyon (ligne «directeur» : page 12).
Euromed (pages 16-18).

Aux États-Unis : des salaires comparables

168.000€ (222.300 $) : tel est le salaire moyen d’un doyen de business school, d’après l’enquête menée par l’association d’écoles AACSB auprès de 597 de ses membres américains. Le salaire médian est, quant à lui, de 145.000€ (193.000$). Ces montants sont donc comparables à ceux perçus par les directeurs français. En revanche, la différence est plus sensible concernant les salaires des professeurs, plus élevés outre-Atlantique.

Source : rapport 2011-2012 de l’AACSB .


Jessica Gourdon | Publié le

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nico dem33.

Leur salaire est très pour des raisons simples: - prix d’inscription exhorbitiants - peu de cours donc peu de profs à payer - 3 permanents pour 50 vacataires - un management par la terreur- - des conventions collectives aux petits oignons qui autorisent les cdds advitam eternam sans congés payés Et...j’en passe des vertes et des moins mûres. Dans un état totalitaire certaines de ces écoles feraient figure de modèles. Bref, toutes les meulleures de gestion du début du siècle dernier revisitées par les chercheurs du 21ème siècle au service du salaire. Qui l’eut cru?