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i-Lab à Toulon : Kedge BS et l'Isen investissent dans le design thinking

Étienne Gless
Publié le
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Inauguré en avril 2014, le i-Lab associe les écoles de commerce et de design du groupe Kedge et l'Isen Toulon // DR
Inauguré en avril 2014, le i-Lab associe les écoles de commerce et de design du groupe Kedge et l'Isen Toulon // DR

Kedge Business School, l'Isen Toulon et le conseil général du Var ont investi près d'un million d'euros pour créer un "i-Lab" de 700 m2 ouvert au printemps 2014. Objectif : permettre aux étudiants de concevoir, prototyper, expérimenter... voire "tuer" leurs idées.

Avril 2014, Toulon, sur le tout nouveau campus de Kedge Design School. Un "séminaire de créativité" réunit les étudiants designers et les futurs managers du programme grande école de Kedge. Le thème ? "Handicap et mobilité urbaine". Objectif : faire travailler des étudiants des différentes filières, du concept jusqu’au prototype, dans le cadre du nouvel espace collaboratif de l'école, "l'i-Lab" – comprenez Innovation Lab.

"C'est Bernard Belletante [directeur actuel de l'EM Lyon], alors qu'il était encore directeur de Kedge, qui m'a demandé de diffuser la pensée design sur l'ensemble des étudiants du groupe. Même si le programme grande école reste le navire amiral", rappelle Hervé Casiglia. Le directeur de Kedge Design School n'hésite pas à vanter la profondeur de la démarche de Kedge par rapport aux écoles concurrentes : "On ne se contente pas de proposer une spécialité en M2 à 30 étudiants. Ici, tous les élèves sortis de classe prépa seront passés par ce module. Ainsi, le futur contrôleur de gestion ou analyste financier aura été inoculé de pensée design ! Dans cinq ans, une entreprise qui recrutera un étudiant formé chez nous aura un salarié doté des bases pour penser hors du cadre."

Créée en 1992, l'ex-École internationale de design de Toulon (devenue Kedge Design Business School) propose un cursus en cinq ans sur l'innovation et le design thinking (avec obtention d'un titre designer certifié au RNCP) ainsi qu'un Master of Science (MSc) innovation & design thinking. La voici donc chargée d'irriguer l'ensemble des programmes en management du groupe en culture design.

L'"innovation Lab" verra aussi passer des élèves ingénieurs de l'Isen Toulon. "Cette pédagogie va permettre de former les ingénieurs de demain, des ingénieurs multifacettes", estime David Brun, le directeur du développement économique de l'école. "Cela permettra de confronter les étudiants ingénieurs à la réalité de l'entreprise et de travailler avec des étudiants designers et managers sur l'élaboration de projets de cocréation."

Du design thinking au design doing

L'Isen, le groupe Kedge, le conseil général du Var et TVT Innovation (des entrepreneurs de la région Paca) ont co-investi près d'un million d'euros pour créer cet espace collaboratif doté des derniers équipements permettant de passer du stade des concepts aux éléments tangibles. À disposition dans le "i-Lab", des salles d'activités créatives pour apprendre à maîtriser des outils dans un contexte professionnel : stations de travail avec PC arts graphiques, tablettes graphiques, mur d'image collaboratif. Et, bien sûr, un FabLab avec tout l'outillage pour passer au prototypage rapide : imprimantes et scanner 3D, découpe laser et vinyle, fraiseuse numérique, perceuses...

Kedge design school, l'école de design du groupe Kedge a Toulon

L'i-Lab pousse les étudiants à matérialiser vite leur concept d'innovation, quitte à le "tuer" si le projet fait fausse route

"La pédagogie de l'iLab consiste à donner aux étudiants une obligation de résultat pour qu'ils infléchissent leurs représentations et passent à la réalisation", explique Hervé Casiglia. Pour y parvenir, trois principes majeurs sont à l'œuvre : expliquer aux étudiants les process, les faire travailler ensemble, entre futurs ingénieurs, managers et designers, en mode projet, et enfin leur imposer une "deadline" : "Nous leur demandons d'aller vite, il s'agit de produire une innovation et son prototype en 15 jours", poursuit le directeur de l'école de design. Une pression qui doit pousser les étudiants à matérialiser vite leur concept d'innovation, quitte à le "tuer" si le projet fait fausse route. Une logique "à l'américaine", selon le responsable : jouer à fond la carte du numérique, se mettre derrière l'outil de production, et foncer !

Le design thinking version toulonnaise doit déboucher rapidement sur le "design doing". Plus qu'un mode de pensée pour "accoucher" de concepts d'innovation, il doit se concrétiser dans des réalisations : prototype ou scénarios d'usage. C'est ce que réclament les entreprises aux écoles : pour répondre aux nouveaux enjeux de compétitivité, il leur faut des salariés de profils divers, capables d'imaginer ensemble les produits et services de demain. Et de les réaliser puis de les emmener sur le marché, vite, toujours plus vite.


Étienne Gless | Publié le

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