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Design thinking : le programme précurseur de l'Essec fête ses dix ans

Étienne Gless
Publié le
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Essec programme CPI
Essec programme CPI

En 2004, l'Essec, Centrale Paris et Strate College Designers lançaient CPI (Création d'un produit innovant), un programme mixte d'innovation ouverte fondé sur le design thinking et visant à faire travailler ensemble les futurs managers, ingénieurs et designers.

Former des managers, ingénieurs et designers innovants grâce à la transdisciplinarité : c'est l'objectif de CPI (Création d'un produit innovant), programme créé il y a dix ans par l'Essec, Centrale Paris et Strate College. "CPI concerne environ 70 étudiants chaque année, issus des trois écoles partenaires", rappelle Emmanuelle Le Nagard, professeur permanent de marketing et responsable pédagogique du programme pour l'Essec.

Son concepteur, Jean-Claude Charlet, en est toujours le coordinateur pédagogique en 2014. Cet entrepreneur et ancien de l'Essec préparait un MBA à Stanford à la fin des années 1990. Sur le campus, il constate que les étudiants de la School of Engineering, de la Shool of Design et de la School of Management travaillent ensemble sur des projets d'innovation. L'idée lui vient de répliquer le modèle en France avec l'Essec et l'École centrale. Très vite, dès la troisième année de l'existence du programme, l'école de design Strate College est associée.

L'ambition du programme CPI est d'amener les jeunes étudiants de tous horizons à développer ensemble une culture de l'innovation. "Les élèves travaillent avec des entreprises partenaires sur la création de nouveaux produits, services ou process innovants voués à être lancés sur le marché", précise Emmanuelle Le Nagard. Chaque année, des projets sont confiés par les entreprises à dix ou douze équipes pluridisciplinaires de six à huit étudiants chacune.

Un "trade show" annuel en avril réunit les équipes qui doivent présenter  leurs prototypes opérationnels pour le compte des  grandes entreprises comme KPMG, La Poste, les cuisines Igena, Sanofi, Thalès ou encore Canal+. 

Principale difficulté  : trouver un lieu et un temps uniques

Mais pour préparer les projets, encore fallait-il trouver un endroit où les étudiants puissent se retrouver. Étant donné la situation géographique des écoles, à Sèvres, Cergy et Chatenay-Malabry, "il nous fallait un lieu facilement accessible à tous par le RER A ou B", explique Isabelle Le Nagard. Moins évident en région parisienne qu'à Stanford où les étudiants des trois écoles sont physiquement sur le même campus...

Autre difficulté rencontrée : harmoniser les emplois du temps pour faire entrer ce programme de six mois dans les différents cursus. Chaque école l'intégrant à sa manière dans la formation : si à Centrale Paris, CPI fait partie du projet d'entreprise que les élèves ingénieurs doivent mener en deuxième année, à l'Essec, il n'est qu'un module parmi d'autres du programme grande école.

Après plusieurs essais, c'est désormais au Numa que les étudiants des trois écoles se retrouvent tous les mardis après-midi. Situé au 39, rue du Caire à Paris, au cœur du Sentier, cette pépinière de 1.500 m2 dédiée à l'innovation et au numérique regroupe déjà des espaces de co-working (La Cantine) et un accélérateur de start-up (Le Camping).

Du design thinking au design learning

À l'Essec, le design thinking ne se résume pas au CPI. Le concept infuse déjà un cours plus classique qui sensibilise tous les élèves à cette méthode de conception de l'innovation. On en retrouve aussi les principes dans le récent programme de la chaire Entrepreneuriat social, qui propose depuis janvier 2014 à des équipes d'étudiants de créer non plus un produit, mais un service social innovant pour le compte d'entrepreneurs sociaux.

En outre, le design thinking a inspiré à Jean-Michel Blanquer, le directeur de l'Essec, la notion de "design learning" au cœur du nouveau projet éducatif de l'Essec présenté en février 2014. Le principe ? Permettre aux étudiants de dernière année de définir soi-même son parcours, grâce à des échanges avec des enseignants et des professionnels. Et éventuellement de proposer la création des cours qui n'existent pas dans l'école.

"Au travers de cette innovation, on a tout ce qu’on peut attendre en termes pédagogiques, estime Jean-Michel Blanquer : la participation de l’étudiant à la définition de son besoin, sa capacité de projection dans le futur, l’interaction entre professeurs et étudiants pour la confection d'un cours qui correspond de façon précise à ses ultimes besoins." Ou comment le mode de pensée design permet à l'Essec de renouveler sa formation.


Étienne Gless | Publié le

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Mathieu.

Un programme génial qui a déjà fait ses preuves, longue vie