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Paris 2 et IEP Paris : des stratégies de développement inverses

Sarah Piovezan
Publié le
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Une école, une université, deux structures très différentes. Certes, il est difficile de comparer deux modèles si dissemblables : sélection et frais d'inscription du côté de Sciences po, qui bénéficie en plus d'un statut d'autonomie porté par la Fondation nationale des sciences politiques, de droit privé ; non-sélection et gratuité du côté de l'université publique. De même, au niveau des moyens : 18 000 étudiants à Panthéon-Assas contre 8 600 à l'IEP Paris, pour un budget consolidé de respectivement 80 et 110 millions d'euros. Côté professeurs permanents en revanche, Sciences po est un poids plume : l'école n'en aligne que 52 (le restant des cours étant assurés par plus de 2 200 vacataires), contre 300 à Paris 2. Et la différence est encore plus grande si l'on ne prend en compte que les professeurs de droit : moins d'une dizaine à Sciences po, alors qu'ils forment la majorité du corps professoral de Paris 2.

« Nous ne jouons pas dans la même catégorie, estime Louis Vogel, le président de Paris 2 Assas. Sciences po propose une formation généraliste avec une petite spécialisation en droit. Nous, c'est l'inverse. Nous avons adopté une stratégie de niche, une spécialisation à outrance en droit, tandis qu'ils sont sur une stratégie en éventail. » Un peu comme si la grande école des sciences politiques voulait devenir une université des sciences sociales, quand Assas se rêve en école de droit.


Droit : Assas et Sciences po en concurrence frontale. En effet, depuis son arrivée à la direction de l'IEP Paris, Richard Descoings imprime le modèle de la fac anglo-saxonne : une base généraliste pendant les trois premières années, suivie d'une spécialisation de deux ans dans des disciplines aussi variées que le management, les affaires publiques, l'urbanisme ou les affaires européennes. Ses masters en communication et en journalisme sont même délivrés au sein de ce que Sciences po nomme des « écoles ». À Paris 2 en revanche, l'objectif final est de devenir « THE french law school », l'école de droit de référence en France. Stratégies opposées, donc ? Oui, mais... qui finissent par se concurrencer frontalement, quand chacun des deux établissements va chasser sur les terres de l'autre. Ainsi, Assas vient d'ouvrir un « collège de droit » de niveau licence, sélectif, où le cursus juridique de base est agrémenté de matières d'ouverture comme l'économie-gestion, les affaires internationales, la sociologie ou l'histoire. Une école de droit de niveau master, conçue sur le même modèle, ouvrira dans deux ans. Sciences po l'a devancé en lançant officiellement son école de droit fin septembre 2009...


Sarah Piovezan | Publié le

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