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Exclusif. Plus d’un étudiant sur deux favorable à la sélection en master

Catherine de Coppet
Publié le
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Prises séparément, les mesures prises par François Hollande pendant le quinquennat pour l'enseignement supérieur recueillent l'adhésion.
Prises séparément, les mesures prises par François Hollande pendant le quinquennat pour l'enseignement supérieur recueillent l'adhésion. // ©  Nicolas Tavernier / R.E.A
Selon un sondage Ifop-l’Etudiant, les étudiants approuvent les mesures concernant l'enseignement supérieur prises durant le quinquennat de François Hollande. Et notamment la sélection en master. Malgré tout, un étudiant sur deux juge que leur situation s'est dégradée durant ces cinq dernières années.

Globalement, les étudiants approuvent les mesures concernant l'enseignement supérieur prises durant le quinquennat de François Hollande. C'est ce qui ressort du sondage Ifop en exclusivité pour l'Etudiant, réalisé auprès de 604 personnes entre le 25 octobre et le 4 novembre 2016.

Ainsi, 88 % des sondés sont favorables au développement des aides à l'insertion professionnelle, 87 % à la création du statut d'étudiant entrepreneur, 77 % à la création de deux nouveaux échelons pour les bourses étudiantes, et 56 % à l'instauration d'une sélection à l'entrée du master à l'université.

"Ce dernier chiffre est très significatif, car en phase avec l'actualité et les débats qui agitent l'université, note François Kraus, directeur du pôle politique à l'Ifop. Quand on regarde la question de la sélection dès la licence, ils sont 52 % à l'approuver, contre 44 % en 2012, c'est une vraie nouveauté. Il faut y voir le triomphe d'un certain réalisme, sans doute."

Les deux mesures sur le sup ne recueillant pas l'adhésion majoritaire des jeunes sont l'instauration des quotas d'élèves issus de bac pro ou technique dans les BTS ou DUT (48 % d'opinion favorable) et l'augmentation des droits d'inscription à l'université (39 %). Cette dernière mesure est la seule, parmi celles testées dans ce sondage, qui n'a pas été concrétisée lors du quinquennat Hollande.

CONFIANCE DANS LE DIPLÔME, MAIS SITUATION DÉTÉRIORÉE

Toujours sur l'enseignement supérieur, le sondage révèle que les étudiants gardent une certaine confiance vis-à-vis de leurs études : 75 % déclarent avoir confiance en la valeur de leur diplôme et 64 % estiment que leurs études vont jouer un rôle d'ascenseur social. Rappelons que selon le sondage, ils sont 63 % à citer l'emploi comme enjeu phare de cette élection.

Malgré ce sentiment de confiance, 50 % des étudiants sondés estiment que la situation des étudiants s'est plutôt dégradée ces cinq dernières années. Pour 29 % d'entre eux, la situation des étudiants n'a pas changé, et pour 21 % seulement, elle s'est améliorée. Un échec pour le quinquennat Hollande, qui avait placé la jeunesse au cœur de ses préoccupations en début de mandat.

50 % des étudiants sondés estiment que la situation des étudiants s'est plutôt dégradée ces cinq dernières années.

"Ces chiffres renvoient aux mauvaises conditions de scolarité des étudiants, insiste François Kraus directeur du pôle politique de l'Ifop. Aux amphis surchargés s'ajoutent les problèmes de logement, la cherté des transports, etc. Alors que les étudiants font partie des jeunes les mieux lotis, ces chiffres montrent que quelque chose ne va pas."

Plus largement et malgré l'approbation des mesures pour l'enseignement supérieur, la confiance entre les étudiants et le chef de l'État est rompue : seuls 20 % des étudiants jugent qu'il répond à leurs attentes pour 2017.


Catherine de Coppet | Publié le

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Thomas.

Pour compléter ce que dit Quentin: la sélection en école de commerce (càd les ESC accréditées et mastérisées), c'est surtout un concours national pluridisciplinaire après 2 ans de travail intensif en prépa...Même chose pour les écoles d'ingénieur. Seules quelques filières en fac fonctionnent à l'identique. Encore une exception française, alors que partout dans le monde, l'accès au supérieur est sélectif, et que seules les formations sélectives et exigeanttes sont monneyables sur le marché du travail...

Quentin.

Étudiant en master 1 finance, je suis également favorable à la « sélection en master ». En fait, ce qu’il faut savoir c’est que cette soi-disant sélection en master existe déjà, et certainement depuis longtemps. Cependant, ce n’est pas « reconnu » a proprement parlé, car il n'y a aucun chiffre ni aucune méthode clairement affichée au sein des facultés pour justifier l’admission ou le refus d’un étudiant lorsque celui-ci candidate. Alors qu’en école de commerce, c’est plutôt clair : il y a un examen d’entrée (TOEIC, TAGE-MAGE, Score IAE Message...). Cela dit, discuter de la sélection en master a quand même son importance. En effet, je pense que cette reconnaissance permettrait davantage de transparence lors d’une admission, et ainsi avoir des répercussions positives face aux entreprises lors de l’obtention du diplôme. D’ailleurs, la sélection à la faculté n’existe pas qu’en master 1, mais aussi dans chaque année du cursus universitaire, mais peut-être à des degrés plus ou moins marquants pour chacun d'entre nous...

Frida.

Les étudiants prennent le virage à droite. On va peut-être en finir avec 70 ans de démagogie égalitariste