Concours littéraire : les écoles de commerce posent leurs conditions


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Sur le principe, les écoles de commerce sont toutes d'accord pour ouvrir leurs bras aux brillants élèves des classes préparatoires littéraires, et utiliser la future BEL (banque d'épreuves littéraires), commune aux ENS (écoles normales supérieures) et aux IEP (institut d'études politiques). Le président du Chapitre des écoles de management, Andrès Atenza, s'est prononcé dans ce sens.

De fait, deux concours communs (BCE et Ecricome) pour les khâgneux existent déjà. En 2009, ils ont permis aux écoles de management de recruter 460 étudiants. Un chiffre que beaucoup jugent insuffisant, alors que le nombre de candidats stagne, voire diminue selon les années. « La création d'un concours commun avec les ENS apporterait une bouffée d'air, on peut imaginer que le nombre de candidats doublerait », estime Thierry Debay, directeur du concours de la BCE.

Deux concours ?

Toutefois, certains directeurs regrettent qu'avec la BEL, les étudiants « jouent leur peau » sur quelques épreuves, sans avoir la possibilité d'une seconde chance. « Du coup, nous réfléchissons à garder, à côté de la BEL, notre concours comme alternative », indique Thierry Debay. D'autres directeurs considèrent qu'il serait bon d'organiser, en plus de la BEL, des épreuves écrites spécifiques pour les écoles de commerce, comme le résumé de texte et la seconde langue. Enfin, certains ne souhaitent utiliser que quelques épreuves du concours ENS (par exemple les lettres et l'histoire), et non la totalité. Sur ce point, un bras de fer avec les professeurs de classes préparatoires est engagé. « Pour nous, il est essentiel de prendre en compte l'ensemble des matières du concours afin de continuer à motiver nos classes dans toutes les disciplines », affirme Françoise Carmignani, présidente de l'APPLS (Association des professeurs de première et de lettres supérieures).

Une « commission de péréquation » pour revaloriser les notes des littéraires ?

Dernier point d'achoppement : la notation du concours, estimée trop sévère, et pas assez progressive. En effet, les écoles de commerce veulent pouvoir classer les khâgneux dans le même « tableau » que ceux issus des prépas HEC, en additionnant les points obtenus aux différentes épreuves. Car ils mettent un point d'honneur à ne pas créer de quotas de littéraires dans leur recrutement. Mais cet « interclassement » serait impossible dans le cadre du concours géré par les ENS : les moyennes des littéraires seraient trop basses. Quand bien même la notation changerait, cela ne permettrait pas à ces étudiants d'atteindre les moyennes des prépas HEC, où les mathématiques jouent un rôle clé. Du coup, une « commission de péréquation » pourrait se mettre en place pour revaloriser les notes des littéraires. Avec toute une discussion sur les coefficients à appliquer. Il ne sera pas facile de trancher.

Jessica Gourdon


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