Un peu de Cambridge en France

De notre envoyée spéciale, Virginie Bertereau
Publié le
Envoyer cet article à un ami
Un peu de Cambridge en France
Concurrents des tests américains TOEIC et TOEFL, les tests de Cambridge ESOL – so british – commencent à gagner du terrain en France. Pour preuve, l’organisme a été choisi par le ministère de l’Éducation nationale pour certifier des lycéens. 

Cambridge, Royaume-Uni. Ses bus rouges, verts ou bleus qui roulent à gauche. Ses cabines téléphoniques. Ses parcs. Son université pluricentenaire. Et le test de certification de langue de Cambridge ESOL (1). Depuis 1858, ce département de la fac propose à tous les publics de tester leur anglais. Ici pas de moyenne à obtenir, mais une note qui indique votre niveau de compétences écrites et orales. Pour l’anglais général, Cambridge ESOL a défini 6 « grades », de A1 (utilisateur élémentaire, niveau introductif ou de découverte) à C2 (utilisateur expérimenté, maîtrise) liés au Cadre européen commun de référence  pour les langues (2).  

Lycéens motivés et volontaires

En 2008, Cambridge ESOL a été choisi par le ministère de l’Education nationale français pour faire passer un test de niveau B1 (intermédiaire) – le CEC (Cambridge English Certificate), spécialement conçu pour l’occasion (3) – à des lycéens de seconde section européenne et de première de lycée professionnel. Soit 18 550 jeunes (71 % des élèves de ces classes) qui se sont portés volontaires pour connaître leur connaissance de l’anglais, sans préparation spéciale préalable. « Le CEC n’est pas un examen. Il n’était pas question de favoriser le bachotage », indique un professeur d’un lycée participant. Les épreuves écrites (compréhension écrite, expression écrite, compréhension orale) se sont déroulées le 4 avril 2008. Les oraux (d’une douzaine de minutes) sont programmés jusqu’au 30 avril. Résultats en juin. Analyse en septembre 2008. De quoi être un peu plus fixé sur les compétences des jeunes Français…

Timides et pessimistes, les Français ?

Pour le moment, il est en effet difficile d’affirmer si la tendance est à la hausse ou à la baisse. Selon une étude réalisée par ETS Europe, à l’origine du TOEIC® (Test of English for International Communication), le niveau de la population française globale a stagné entre 2002 et 2006. Par manque de moyens ? D’envie ? « Les Français ne sont pas si mauvais qu’ils le disent. Beaucoup n’osent pas parler anglais alors qu’ils le pourraient. Cela fait toute la différence avec les Italiens qui ont moins de connaissances mais se lancent davantage », assure Anthony Harvey, responsable de Cambridge ESOL France.

Pourquoi se faire certifier ?

La certification tisse-t-elle la fin de la subjectivité ? « Demain, nous ne dirons plus « je parle couramment anglais » ou n’écrirons plus sur un CV « anglais lu, écrit, parlé », cela ne suffira pas. Nous indiquerons un niveau : « Je suis A2 à l’oral, B1 à l’écrit », etc. », explique Brian North, responsable du développement académique à Eurocentres, fondation pour l’enseignement des langues. Bien utile pour poursuivre des études ou chercher un emploi à l’étranger.  

Demain, tous certifiés (ou presque)

Ainsi, si l’opération menée par Cambridge ESOL dans les lycées est une réussite, celle-ci pourrait bien être étendue. A l’horizon 2010, 51 400 élèves seraient alors certifiés. Reste le coût de l’entreprise… Selon plusieurs sources concordantes, environ 100 € par élève auraient été déboursés par l’État (les lycéens ne paient rien) pour le test CEC. Ces quelque 185 000 € au total resteraient au travers de la gorge de bon nombre de professeurs-correcteurs-examinateurs qui, eux, ne sont pas rémunérés pour les heures supplémentaires fournies. Dans les lycées, les dents grincent. Mais si c’est pour la bonne cause…  

(1)   Cambridge ESOL est une organisation non gouvernementale à but non lucratif. Elle possède 3000 centres d’examens dans le monde et réalise plus de deux millions de certifications par an dans 135 pays.


(2)   Publié en 2001 par le Conseil de l’Europe, celui-ci permet d’établir une base commune pour la conception de programmes, de diplômes et de certificats (tests et examens) de langues. 

(3) Les élèves qui n’arriveraient pas au niveau B1 pourront être certifiés au niveau inférieur dit A2 (utilisateur élémentaire intermédiaire ou usuel).      


De notre envoyée spéciale, Virginie Bertereau | Publié le