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Universités d’entreprise : de bonnes raisons de se lancer

Morgane Taquet
Publié le
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Outil interne de formation, L’université d’entreprise est un espace privilégié de collaboration entre l’entreprise et le monde de l’éducation. Enseignements sur mesure, renouvellement de la pédagogie et des travaux de recherche, diversification des financements... Chacun est sûr d’y trouver son compte.

Aujourd'hui encore, le monde de l'université et celui de l'entreprise se cherchent, collaborent et parfois se comprennent. Il y a pourtant 60 ans, c'est bien le terme d' "université" que les entreprises américaines ont choisi pour nommer leurs propres structures éducatives internes, les corporate universities. Nées aux États-Unis, les universités d'entreprise seraient aujourd'hui plus de 4.000 à travers le monde.

Outil destiné à animer un réseau de collaborateurs et à fédérer autour de la marque ou véritable établissement de formation à de nouvelles compétences, cette entité recouvre des réalités très ­diverses. Il existe en effet autant d'universités d'entreprise que de types d'entreprise, d'autant que les grosses PME s'y mettent aussi : "Si certaines sont centrées sur la formation aux métiers, d'autres se concentrent sur la préparation de la relève, décrit Annick Renaud-Coulon, présidente de Global­CCU (Global Council of Corporate Universities), quand d'autres enfin sont conçues pour aider aux transformations de l'organisation."

En France, le groupe Accor a fait figure de précurseur avec le lancement de la première université à Évry (Essonne), en 1985. Depuis, toutes les entreprises du CAC 40 se sont dotées d'un organe plus ou moins proche dans sa forme. Au total, on compte désormais dans l'Hexagone pas moins d'une centaine d'universités d'entreprise. C'est le cas par exemple chez PSA : "Il y a beaucoup d'ingénieurs et ils ont besoin de comprendre la vision stratégique de l'entreprise pour donner du sens à leur ­action", explique Annick Gentés-Kruch, directrice de la Corporate University PSA, créée en 2009 à l'arrivée du nouveau P.-D.G Philippe Varin. Mais, plus largement, l'entreprise ­souhaite que ses "collaborateurs parlent anglais, s'ouvrent à l'interculturel, soient efficients dans l'exercice de leur métier dans le groupe, que le développement se fasse de manière responsable, que la sécurité et le bien-être au travail soient assurés, etc.", énumère Annick Gentés-Kruch. Des challenges dans lesquels le regard extérieur et les compétences académiques et péda­gogiques d'un établissement d'enseignement supérieur ­peuvent s'avérer précieux. ­

Au-delà des aspects purement financiers (formation continue et initiale, recherche, conseil), les avantages d'une telle collaboration pour l'enseignement supérieur ne manquent pas non plus. Tour d'horizon.

Un levier de financement

Tout d'abord, très prosaïquement, les universités d'entreprise constituent un gisement d'opportunités pour les écoles et surtout les universités en quête de diversification de leurs sources de financement. "Il y a une forte demande de la part des entreprises pour travailler avec des universités, même si pour le moment l'essentiel des collaborations se fait avec les ­écoles de management", note Annick Renaud-Coulon.

HEC est championne du genre. L'école de commerce tire 40% de son chiffre d'affaires de ses actions de formation continue : "Nous avons connu une croissance significative de ce chiffre ­d'affaires", explique Bertrand Moingeon, directeur adjoint ­d'HEC en charge de l'executive education, qui signale une ­multiplication par 10 en dix ­ans. En 2012, l'école de commerce a formé 8.500 personnes, dont plus de 2.000 dans le cadre ­d'universités d'entreprise, ­représentant 60 nationalités. Pour preuve : "HEC est classée première institution au monde en matière de formation continue selon le dernier classement du Financial Times", souligne le directeur adjoint.

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