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Bilan Pécresse : les grands organismes de recherche agences de moyens ?

Frédérique Letourneux
Publié le
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En 2007, Nicolas Sarkozy annonçait : « Je transformerai nos grands organismes en agences de moyens, pour qu’ils financent la recherche française selon une logique de projets. Nos universités deviendront les principaux opérateurs de la recherche, comme cela est le cas dans tous les pays à la pointe de l’innovation. »

Deux ans après, l’objectif est en passe d’être atteint, du moins dans les textes, si ce n’est dans les faits. Valérie Pécresse s’est en effet attelée à transformer en profondeur les organismes de recherches. Au forceps et dans la douleur.

Un rééquilibrage des rôles entre organismes et universités

Les départements scientifiques réorganisés en instituts. Malgré une forte opposition de la communauté scientifique, le CNRS (vote du CA le 27 novembre 2008) et l’INSERM (décret publié le 11 mars 2009) ont été réorganisés en instituts en lieu et place de leurs anciens départements scientifiques. Mais plus globalement, la ministre a commencé à initier un rééquilibrage des rôles entre les organismes et les universités, donnant à ces dernières, dans la droite ligne de la loi sur l’autonomie, de plus grandes prérogatives en matière de recherche.

Dans le but qu’elles soient, à terme, responsables de la gestion de la majorité des unités mixtes qu’elles hébergent (*) et de la valorisation des recherches qui y sont menées. Les organismes, et surtout le CNRS, se comportant dans bien des cas en simples agences de moyens, pour ne rester opérateur que sur quelques domaines stratégiques.

Vers des coquilles vides ? Pour les syndicats, le risque est grand que le CNRS (mais aussi INSERM, INRA, IRD) devienne une simple coquille vide, une simple agence d’intérim pour les universités. Pourtant, Valérie Pécresse a rappelé le 26 mai 2009 – sans doute notamment pour éviter que la fronde se propage – qu’il n’y aurait aucune suppression d’emploi en 2010 et 2011 dans les organismes de recherche. Par ailleurs, le ministère devrait débloquer 4,5 millions d’euros en 2009 pour la création des fameuses chaires CNRS-enseignement supérieur. Une autre « innovation ministérielle » qui doit permettre à un enseignant-chercheur de se consacrer totalement à la recherche pendant plusieurs années.

Les attributions de l’AERES et de l’ANR font débat

Cela suffira-t-il à contenter tout le monde ? On peut gager que non, tant les points de crispation sont nombreux, notamment autour de la question de l’évaluation de la recherche par l’AERES (Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur) et du financement par projets à travers l’ANR (Agence nationale de la recherche). Deux agences nationales sur lesquelles Valérie Pécresse s’est appuyée tout au long de son ministère. De mai 2007 à mai 2009, il y bien eu un fort pilotage politique dans le domaine de la recherche.


(*) 80 % des UMR (unités mixtes de recherche) sont hébergées par les universités. Le rapport de François d’Aubert sur les UMR remis à la ministre, en avril 2008, a notamment recommandé de simplifier les modes de gestion de ces labos mixtes.


Frédérique Letourneux | Publié le

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