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Bilan Pécresse : opération Campus, vers un nouveau paysage universitaire

Sylvie Lecherbonnier
Publié le
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Quand Valérie Pécresse lance, en février 2008, l’opération Campus, elle met en avant le piètre état des universités françaises dont 30 % des locaux sont vétustes.

L’immobilier, facteur d’attractivité des universités

L’objectif de cette opération est de répondre aux situations immobilières les plus urgentes et de penser l’immobilier comme un facteur d’attractivité des universités. Comment ? En investissant massivement sur dix sites universitaires pour en faire les campus de demain, de « véritables lieux de vie et d’épanouissement ». Pour les repérer, la ministre lance un appel à projets et met en place un comité de sélection.

Cinq milliards d’euros à attribuer. Quatre critères déterminants sont identifiés : l’ambition pédagogique et scientifique du projet, l’urgence de la situation immobilière, le développement d’une vie de campus et le caractère structurant et innovant pour le territoire. À la clé, une manne financière conséquente pour les lauréats. Cinq milliards d’euros sont attendus de la cession de 3 % du capital d’EDF.

Mais la ministre le promet : cette initiative bénéficiera à toutes les universités « parce que les plus petites d’entre elles seront incitées à s’associer avec d’autres pour présenter un projet commun, et parce que les universités qui ne seront pas sélectionnées pourront bénéficier des crédits budgétaires libérés pour accélérer leur rénovation ».

Les réalisations en juin 2009

Excellence. Le mot n’est pas prononcé en février 2008, mais fait son apparition au fil de la sélection des projets. Car l’ambition est bien là : faire émerger des campus capables de rivaliser avec les meilleures universités mondiales… dans les classements internationaux, notamment. Le rapprochement universités-grandes écoles devient aussi un leitmotiv. L’opération suscite un véritable engouement. En deux vagues successives, 66 projets sont déposés.

Douze projets sélectionnés. Dix sont retenus dans le cadre du plan Campus : Bordeaux, Grenoble, Lyon, Montpellier, Strasbourg, Toulouse, puis Aix-Marseille, Paris-Aubervilliers, Saclay et… Paris intra-muros pour lequel une mission d’audit est commandée afin de mettre au clair le dossier. Deux autres projets, Lille et la Lorraine, sont repêchés par le plan de relance initié pour faire face à la crise économique. En tout, 650 000 étudiants et 21 000 chercheurs sont concernés.

Trois milliards d’euros attribués. Début juin 2008, plus de la moitié des lauréats ont connaissance des financements qui leur sont attribués. Plus de trois milliards d’euros ont déjà été promis, dont 850 millions d’euros pour le projet de Saclay (91), le plus conséquent. Des fonds non consomptibles, dont seuls les revenus des placements seront disponibles. Soit quelques dizaines de millions d’euros par an.

Les différents acteurs en attendent surtout un effet levier pour engager des partenariats public-privé et attirer les investisseurs. Un montage financier qui soumet les acteurs aux aléas économiques. Valérie Pécresse a réussi à faire émerger son idée de campus d’excellence sans susciter de véritable fronde chez les recalés. Un prix de consolation a néanmoins été décerné à neuf d’entre eux, jugés « campus prometteurs ou innovants » : Clermont-Ferrand, Créteil-Marne-la-Vallée, Nantes, Nice, Rennes, Cergy, Dijon, Le Havre et Valenciennes.

Le succès de l’opération Campus va désormais se jouer sur le terrain et sur le long terme. Mais nul doute qu’il modifiera en profondeur le paysage de l’enseignement supérieur français.


Sylvie Lecherbonnier | Publié le

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