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Alain Storck (UTC) : “Un centre de l'innovation conçu comme un creuset de créativité”

Propos recueillis par Céline Authemayou
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Le centre de l'innovation de l'UTC accueillera sur 5.100m2 étudiants, chercheurs et entreprises. ©Eric Nocher
Le centre de l'innovation de l'UTC accueillera sur 5.100m2 étudiants, chercheurs et entreprises. ©Eric Nocher

Ambitieux projet porté par l’école d’ingénieurs depuis plus de cinq ans, le Centre de l’innovation de l’UTC (Université de technologie de Compiègne) ouvrira ses portes au cours du premier semestre 2014. Alain Storck, directeur de l’établissement, revient sur les objectifs de ce centre, pensé pour devenir la clef de voûte d’un “écosystème local d’innovation et de créativité”.

Alain Storck, directeur de l'UTC © UTCIl y a deux ans, lorsque vous avez pris la direction de l'UTC, le chantier du Centre de l'innovation était déjà lancé. Depuis quand l'école travaille-t-elle sur ce projet ?

Dès 2006, l'UTC a commencé à réfléchir à la création d'une telle structure. À l'époque, une première plate-forme test avait été mise en place, avec un objectif simple : favoriser les rencontres entre les différents acteurs de l'innovation. En 2008, l'idée du centre s'est concrétisée, avec l'inscription du projet au contrat de plan État-Région. C'était la matérialisation d'une dynamique, d'une volonté politique forte portée par l'établissement depuis bien longtemps. L'UTC fête en 2014 ses 40 ans et assume depuis l'origine trois missions fondamentales : la recherche, la formation et l'innovation. Et ce triptyque est toujours au cœur de nos préoccupations.

Concrètement, à quoi va ressembler ce centre, qui sera abrité dans un bâtiment neuf dédié ?

Le lieu, de 5.100 m2, accueillera quatre pôles. Le premier, administratif, abritera entre autres une antenne de l'INPI (Institut national de la propriété industrielle) et l'Agence régionale de l'innovation. Le second pôle sera consacré aux plates-formes technologiques. Trois laboratoires de l'école vont être implantés dans le centre et y installeront des équipements de pointe (salle de réalité virtuelle, plate-forme de mécanique vibratoire, etc.). Ensuite, un troisième espace sera réservé à l'entrepreneuriat. Et le quatrième fournira des plateaux de projets, un FabLab, etc.
Nous voulons que ce lieu devienne un creuset de créativité et qu'il permette aux idées de jaillir ! Pour cela, nous réfléchissons à une organisation différente de celle de l'école, avec, par exemple, des horaires d'ouverture étendus – Pourquoi pas 24 heures sur 24…

Comment avez-vous financé ce projet, à une époque où les budgets sont plus que serrés pour les établissements publics ?

La création du centre a coûté 12 millions d'euros, financés dans le cadre du contrat de plan État-Région. Les différents acteurs (Région, Feder, entre autres) nous ont fait confiance. Aujourd'hui, j'estime à 200.000 € annuels les frais de fonctionnement de la structure.

Un business plan a été mis en place pour que nous puissions très vite – d'ici à deux ans – couvrir au moins la charge logistique de fonctionnement. Pendant la phase de lancement, d'une durée de trois ans, la Région va nous soutenir en payant quatre ingénieurs à temps plein. L'idée est donc de pouvoir ensuite prendre le relais. Le but recherché étant l'autofinancement.

Vous l'avez dit, la Région et les collectivités vous ont soutenus dans ce projet. Quelles seront finalement les retombées pour le territoire ?

En réalité, le Centre d'innovation est la pièce maîtresse d'une stratégie plus globale menée en Picardie. Depuis deux ans, nous travaillons à la création d'un “écosystème local d'innovation et de créativité”.

Le but est simple : il s'agit de mettre en relation un ensemble de structures dont l'objectif partagé est de produire des innovations (université, entreprises, acteurs du territoire…). Il faut multiplier les échanges entre acteurs aux profils très différents (scientifiques, sociologues, artistes, société civile…) pour favoriser les rencontres improbables et créer une véritable émulation.

Il faut multiplier les échanges entre acteurs aux profils très différents pour favoriser les rencontres improbables

L'innovation a de multiples champs d'application. Quels seront ceux développés par cet écosystème ?

Il est clair qu'il faut faire émerger des domaines dans lesquels le territoire dispose à la fois de compétences scientifiques fortes et d'activités industrielles dynamiques. C'est pourquoi cet écosystème va se concentrer sur trois thèmes bien précis : la chimie du végétal, portée notamment par l'institut Pivert, labellisé IEED (Institut d'excellence dans le domaine des énergies décarbonées) ; le transport et la mobilité, avec l'IRT (institut de recherche technologique) Railenium et enfin les technologies de la santé.

D'un point de vue administratif, ce projet dispose-t-il d'une structure ?

Je suis convaincu que, pour favoriser les rencontres improbables, il ne faut pas mettre un cadre trop rigide, sous peine de ralentir, voire de figer, le processus… Un comité de pilotage est apparu comme étant la meilleure solution. Il a donc été créé et est composé de six représentants, de l'université, des collectivités locales et des entreprises. De plus, un “advisory board” international accompagnera le développement du projet. Il rassemblera quant à lui industriels et universitaires internationaux de haut vol.


Propos recueillis par Céline Authemayou | Publié le

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