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Andrew Wachtel (candidat américain à Sciences po) : "Si je gagne, on saura que tout n’était pas prévu"

Propos recueillis par Olivier Monod
Publié le
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Andrew Wachtel - DR
Andrew Wachtel - DR

Le nom d’Andrew Wachtel a longtemps été un mystère. Il était "le candidat américain" à la succession de Richard Descoings à Sciences po. Une caution internationale qui a maintenant un nom, un visage et un projet. Entretien avec un docteur en lettres spécialiste de culture slave aujourd’hui président de l’université américaine d’Asie centrale (République kirghize).

Louis Vogel vient d’annoncer le retrait de sa candidature, comment jugez-vous ce processus de sélection ?

Ce n’est pas à moi de critiquer une procédure au centre de laquelle je me trouve. Les membres du comité m’ont posé des questions sur les critères publiés. La discussion était très ouverte et j’avoue que je n’imaginais pas qu’ils considèrent sérieusement un Américain pour ce poste.

Peut-être que tout est décidé d’avance, on verra. Si je gagne, on saura que tout n’était pas prévu.

Pourquoi êtes-vous candidat à Sciences po ?

Je connais bien Sciences po. Lorsque j’étais doyen des études à l’université de Northwestern (Etats-Unis), j’ai signé un accord de co-tutelle doctorale avec l'Institut et j’étais le premier directeur de thèse de cet accord.

C'est un établissement très attractif qui offre des formations de qualité et reconnues, la possibilité de travailler ici est très intéressante.

En tant que directeur, votre action se situerait-elle dans la continuité de la politique de Richard Descoings ?

La direction générale est la bonne. Il faut conserver une approche multidisciplinaire et internationale. Les élites françaises doivent être formées dans un monde globalisé.

Ceci dit, il faut faire évoluer la gouvernance de Sciences po vers plus de transparence et collégialité. Une stratégie de long terme s’explique plus qu’elle ne s’impose. Le prochain directeur devra changer la manière de travailler. Le directeur décide mais dans la collégialité.

Sur le plan international, Sciences po est relativement petit et ne doit pas se disperser. Il faut s’appuyer sur les points forts. Aujourd’hui, l’institut essaie d’en faire trop. Une discussion doit avoir lieu entre la direction, les responsables pédagogiques et les chercheurs pour savoir ce qu’on doit faire, ce qu’on peut faire et ce qu’on ne doit pas faire.

Quels sont vos atouts personnels ?

J’ai dit au comité de recherche que parfois un œil extérieur peut voir la forêt plutôt que de s’arrêter à l’arbre. J’ai l’impression que, dans Sciences po, les personnes voient trop les arbres et pas assez la forêt.

J’ai eu des expériences très diverses aux Etats-Unis et maintenant en République kirghize, je sais tirer profit de possibilités très différentes. On peut faire beaucoup même si on n’a pas la ressource critique des grandes universités.

Comment avez-vous décidé de vous présenter ?

Un ami à Northwestern m’a écrit pour me parler de la procédure et me conseiller de tenter ma chance. Je suis très heureux dans ma fonction actuelle mais je me suis dis « pourquoi pas ? Il faut essayer ! »


Propos recueillis par Olivier Monod | Publié le

Vos commentaires (3)

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Lola.

"Un ami à Northwestern m’a écrit pour me parler de la procédure et me conseiller de tenter ma chance. Je suis très heureux dans ma fonction actuelle mais je me suis dis « pourquoi pas ? Il faut essayer ! »" Quel vide abyssal...

Lola.

J’ai dit au comité de recherche que parfois un œil extérieur peut voir la forêt plutôt que de s’arrêter à l’arbre. J’ai l’impression que, dans Sciences po, les personnes voient trop les arbres et pas assez la forêt." Quelle métaphore...

Sirius.

Une candidature intéressante, mais qui apparaît, comme il le pressant lui-même, comme un alibi international pour finalement faire le pire des choix franco-français : un énarque ne connaissant rien à l'enseignement supérieur.