B. Ducasse (Montpellier BS) : "Donner aux élèves les outils pour qu'ils soient les acteurs du changement"

Agnès Millet
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B. Ducasse (Montpellier BS) : "Donner aux élèves les outils pour qu'ils soient les acteurs du changement"
// ©  photo fournie par l'établissement
En mars 2020, Montpellier BS présentait son plan stratégique pour 2025. Après deux ans de crise sanitaire, Bruno Ducasse, directeur général de l'école de management, confirme les orientations annoncées : la RSE, l'ouverture sociale et le futur campus restent ses priorités.

En mars 2020, la RSE était au cœur de la stratégie. En mai, vous avez d'ailleurs décroché le label DD&RS. Est-ce toujours votre priorité ?

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La RSE est toujours dans notre ADN. D'abord par son volet sociétal, puisque nous développons l'alternance depuis 25 ans et qu'elle est possible en 2e et 3e années de PGE et en 3e année de bachelor.

De plus, en 2022, nous avons créé de nouvelles aides pour les boursiers admis en PGE après une prépa ou via les admissions sur titre. Elles concernent tous les boursiers de 1re année. Désormais, à Montpellier BS, on peut donc suivre un cursus entier sans débourser de frais de scolarité.

Désormais, à Montpellier BS, on peut suivre un cursus entier sans débourser de frais de scolarité.

Depuis cinq ans, nous renforçons également notre volet environnement à travers des enseignements et des parcours dédiés. Nous avons des temps forts, comme le Challenge ODD (Objectifs de développement durable). Durant une semaine, les étudiants de 1re année travaillent sur un projet en lien avec une entreprise.

Enfin, plusieurs de nos cinq chaires traitent ces sujets. Ce qui est intéressant, c'est que nos professeurs peuvent proposer des points de vue différents sur ces questions.

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Cette orientation vient-elle aussi d'une demande des étudiants ?

Oui, beaucoup d'étudiants se font entendre sur ces sujets. En tant qu'école, nous voulons leur donner les outils nécessaires pour qu'ils soient les acteurs de ce changement.

On ne veut pas les transformer en militants, mais ils doivent avoir conscience que la transformation économique est inéluctable. Ce sont eux qui feront bouger les lignes, surtout dans les petites entreprises.

Depuis cette année, vous recrutez vos étudiants post-prépa via le concours Ecricome et non plus BCE. Quel est le premier bilan ?

Nous avons eu une plus grande diversité de profils de candidats et de provenance géographiques.

Ils étaient aussi plus mûrs dans leur façon de restituer une de leurs expériences de vie, qui constitue notre entretien d'admission. Nous ne changerons pas cette base atypique, qui nous permet une plus grande diversité de profils. Sélectionner sur la culture, les connaissances ou le projet professionnel crée un biais.

En 2020, vous annonciez un parcours d’excellence "BEST" (Business environnemental and social transition). Où en est-il ?

À la rentrée 2022, nous lançons notre nouveau centre d’excellence RSE, baptisé Impact (Inclusive management, prosperity and collective transformations for sustainability).

Il regroupera les structures et activités déjà impliquées dans la RSE, le développement durable et la diversité, que ce soient des chaires, des groupes de recherche ou encore des partenariats institutionnels ou avec les entreprises.

À la rentrée 2022, nous lançons notre nouveau centre d’excellence RSE, baptisé Impact.

Il englobera également les enseignements, les programmes ou les certifications relatifs à ces sujets. Au sein de ce centre sera développé, par exemple, le parcours d’excellence "Act for Change", proposé aux étudiants du PGE en janvier 2023.

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Quelles évolutions prévoyez-vous pour l'alternance ?

Pour permettre à nos alternants de travailler dans les filiales internationales des entreprises françaises, nous aimerions proposer des cours à distance à une cohorte limitée, pour la rentrée 2023. Nous l'expérimentons déjà pour des effectifs restreints d'alternants, en France.

Plus généralement, nous voudrions tester de nouveaux dispositifs pour améliorer l'expérience internationale des alternants.

Vous êtes implanté en Afrique (Cameroun, Côte d’Ivoire et Sénégal) et vous annonciez, en 2020, des ambitions d'ouverture de programmes sur les trois continents. Se sont-elles concrétisées ?

Avec la crise sanitaire, ces projets ont pris du retard. Nous sommes en cours de discussion avec une université chinoise pour un contrat de partenariat et nous avons aussi un projet en Amérique centrale ou en Amérique du Sud, mais rien de concret encore.

Du côté de l'Amérique du Nord, nous cherchons des partenaires aux États-Unis. L'idée est d'avoir des partenariats forts, pour envoyer des cohortes.

Par ailleurs, nous avons un bachelor et des masters spécialisés à Dakar. À partir de cette année, nous proposerons à des bachelors de Montpellier d'y partir une semaine ou quinze jours.

En France, le campus de Montpellier doit déménager. Le projet était annoncé pour 2023. Où en est-il ?

Là encore, il y a eu du retard. Les travaux commenceront en 2023 et le nouveau campus doit être livré en 2025. Actuellement sur trois sites, l'école rassemblera ainsi toutes les équipes sur un même campus.

L'université va y implanter des bâtiments, ainsi que l'école Ynov. Des entreprises vont s'installer… L'écosystème sera intéressant. Nous nous rapprochons d'ailleurs de l'université pour créer un laboratoire commun dédié à la RSE.

En 2025, l'école rassemblera toutes les équipes sur un même campus. L'université va y implanter des bâtiments, ainsi que l'école Ynov. Des entreprises vont s'installer.

Dans ces espaces pédagogiques évolutifs, nous pourrons accueillir plus d'étudiants : 6.000 étudiants dont 2.800 en pic, lorsque nos alternants sont présents, contre 3.700 et 1.500 aujourd'hui.

Avec les CCI de l'Hérault, de l'Occitanie et la Banque des territoires, nous serons propriétaires de cet éco-bâtiment, alors que nous sommes locataires aujourd'hui.

Avez-vous des projets en formation continue ?

Oui, nous allons lancer un executive bachelor d'un an, fin 2022 ou début 2023 avec Orpi. Il s'adressera à des profils atypiques de niveau bac ou bac+2 avec de l'expérience professionnelle et sera décliné dans une formule plus "généraliste" à la rentrée 2023.

Sur le même modèle, nous avons un projet d'executive master, à la rentrée 2024. De plus, nous avons un projet de digital MBA, à la rentrée 2022. L'objectif est de passer d'un chiffre d'affaires de deux millions d'euros à cinq millions d'euros en 2025.

Retrouvez la biographie EducPros de Bruno Ducasse


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