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Budget des universités : le nouveau modèle de répartition met les présidents en ébullition

Camille Stromboni
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Université Versailles Saint Quentin - UVSQ - Amphi Licence 1 Droit - Septembre 2014 ©Camille Stromboni
Université Versailles Saint Quentin - UVSQ - Amphi Licence 1 Droit - Septembre 2014 ©Camille Stromboni // ©  Camille Stromboni

Sujet sensible à l’horizon. Le nouveau système de répartition des moyens entre universités – le fameux modèle Sympa – s’appliquera d’ici à la fin de l’année 2014. Si les négociations sont toujours ouvertes, pour le ministère, les présidents d’université ont émis une fin de non-recevoir. Explication avec Gérard Blanchard, vice-président de la CPU (Conférence des présidents d’université).

Gérard Blanchard - Conférence des présidents d'université ©CS dec2012Pourquoi le conseil d’administration de la CPU [Conférence des présidents d’université] s’oppose-t-il au nouveau modèle d’attribution des moyens entre universités, en cours de finition ?

Nous ne sommes pas du tout favorable au modèle Sympa tel qu’il nous est proposé par le ministère. Nous avons eu accès à des simulations concernant la répartition des dotations entre universités, elles sont inacceptables.

On observe, pour nombre d’établissements, des variations très importantes entre l’ancienne et la nouvelle version, sans que l’on comprenne pourquoi, avec pour certains le passage d’un statut de sous-doté relatif à celui de sur-doté relatif…

Cela ne manque pas de questionner la fiabilité du modèle ! Cet outil manque de stabilité et ne donne manifestement pas la visibilité ni la prédictibilité nécessaires aux universités pour leur prévision budgétaire. En l’état, il ne peut pas être accepté par les établissements.

Vous demandiez pourtant cette réforme, critiquant le modèle appliqué jusqu’ici…

Nous demandions cette réforme, en effet, pour de nombreuses raisons, mais en grande partie pour pouvoir mener une réflexion sur les coûts de formation qui conditionnent directement les coefficients appliqués aux différentes disciplines universitaires par Sympa [le coût d'un étudiant de lettres n'est pas le même que celui d'un étudiant de sciences dures, NDLR]. L'idée étant d'essayer d'objectiver ces coûts.

Un chantier a ainsi été lancé par le ministère en parallèle de celui de la réforme de Sympa. Or il est toujours en cours. Ses résultats ne pourront donc pas être pris en compte dans le nouveau modèle dès la fin de l'année pour le calcul des dotations 2015. Une autre modification de Sympa serait alors encore nécessaire pour le calcul des dotations 2016. Cela n’a aucun sens.

Rien n’est encore figé, assure le ministère, il reste plusieurs semaines pour finaliser cet outil. Espérez-vous qu’une solution soit trouvée d’ici à la fin de l’année ?

Le chantier pour fixer le plus objectivement possible les coefficients disciplinaires ne donnera pas de résultats dans le mois qui vient. Nous voulons retravailler véritablement avec le ministère, qui doit repousser la réforme à l’an prochain. La mettre en place maintenant dans la précipitation ne pourra être que contre-productif.

Nous voulons retravailler véritablement avec le ministère, qui doit repousser la réforme à l’an prochain.

Étant donné la stagnation du budget, le modèle ne semble avoir eu jusqu’ici que peu de conséquences sur le budget réel des universités…

En effet, l’enveloppe globale distribuée par Sympa n’augmente plus depuis plusieurs années et nous ne souhaitons pas de redistribution entre nos universités, qui sont toutes, rappelons-le, sous-dotées par rapport à la moyenne internationale. Pour permettre un rattrapage des universités les plus mal dotées, il faut une augmentation en crédit de l’enveloppe Sympa.

En revanche, les simulations issues du modèle Sympa servent de base pour répartir les emplois nouveaux, c’est-à-dire 65% des 5.000 emplois pour l’enseignement supérieur qui seront apportés entre 2013 et 2017. C’est un enjeu important dans le contexte actuel !


Camille Stromboni | Publié le

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François.

Voir statistiques OCDE reprises dans le rapport d'étape StraNES (en % PIB page 10 - en répartition des ressources entre public-privé-familles page 49)

Arnaud Martin.

J'ai un peu de mal à comprendre l'argument sur la sous-dotation par rapport aux autres universités au niveau international. La France est dans un tout petit groupe de pays où le financement de l'ESR est quasiment uniquement public (le groupe de pays inclus les pays du sud de la zone francophone). Toutes les autres universités du monde ont des revenus beaucoup plus diversifiés. Elles doivent donc être proportionnellement au nombre d'étudiant être nettement sous-dotées par rapport aux universités françaises. Non?