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Christophe Prochasson (recteur de Caen) : "Il faut encourager les bacheliers professionnels à poursuivre leurs études, en STS ou en IUT"

Propos recueillis par Sandrine Chesnel
Publié le
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Christophe Prochasson, recteur de l'académie de Caen
Christophe Prochasson, recteur de l'académie de Caen

Nommé recteur de Caen fin juillet 2013, Christophe Prochasson dresse le portrait d'une académie où l'enseignement professionnel reste très présent, dans une région traditionnellement industrielle. Il insiste sur la nécessité d'inciter les jeunes bas-normands à poursuivre des études supérieures.

Quelle est la singularité de l’académie de Caen et en quoi cela oriente-t-il votre politique ?

La principale caractéristique de cette académie est d’être dominée par l’enseignement professionne. Ce qui me rend d'autant plus sensible à la nécessité, au niveau national, de mettre en place des dispositifs qui permettent de valoriser l’enseignement professionnel aux yeux des jeunes, mais aussi auprès des professeurs.

À quoi est due cette forte proportion de bacheliers professionnels ?

La région Basse-Normandie a été longtemps une région d'industrie, tournée vers l’automobile et l’agroalimentaire. Il y a une forme de "tradition" industrielle qui explique peut-être cette forte représentation des bacheliers pro. Une autre explication parfois donnée est que les jeunes bas-normands manquent d’ambition, et ont moins envie que les autres de s’engager dans les filières générales, et dans les parcours d’études qui en découlent.

On parle aussi d’autocensure. Mais c’est une explication dont on ne peut se contenter. Effectivement, notre taux de réussite au bac est plus élevé que la moyenne nationale, mais le taux de poursuite d’études est inférieur. C’est une autre de nos particularités. Et c’est une autre de mes priorités : encourager les bacheliers professionnels à poursuivre leurs études, en STS ou en IUT.

Comment ?

D’abord, en n’attribuant pas toutes les places en filières courtes aux bacheliers généraux et technologiques. Ensuite en faisant découvrir aux bacs pro les formations de l'enseignement supérieur et en les informant sur les attentes de ces cursus.

Quelles sont vos autres priorités ?

Parmi nos grands chantiers figure la mise en place d’un "campus des métiers et des qualifications" autour des énergies maritimes renouvelables, à Cherbourg. La première étape, l’obtention du label, est franchie. Aujourd’hui nous travaillons à la mise en place de la gouvernance, pour une ouverture dont la date n’est pas encore fixée, en 2014 ou 2015. C'est unbeau projet puisqu’en phase avec l’économie de notre région.

L’université doit être au centre de l’enseignement supérieur

L’université de Caen attire à elle seule près de 70% des étudiants bas-normands. Est-ce un avantage ou un inconvénient ?

Personnellement, je ne suis pas gêné par le fait que l’université de Caen ait peu de concurrence dans la région, car je crois que l’université doit être au centre de l’enseignement supérieur. C’est l’éclatement de l’enseignement supérieur qui peut rendre les parcours moins visibles et moins lisibles pour beaucoup de jeunes et leurs familles.

Mais, si l’université de Caen a peu de concurrence au sein de notre région, elle doit quand même faire face à la concurrence des régions voisines, Bretagne et Île-de-France. Une anecdote : en recevant avec le président de région les meilleurs bacheliers de Basse-Normandie, j’ai entendu certains d’entre eux nous expliquer qu’ils souhaitaient poursuivre leurs études dans des classes prépa parisiennes. Cela pose question. À nous de réfléchir à la façon de les garder, par exemple en leur proposant des formations rares, ou dans des domaines dans lesquels l’université de Caen excelle, au sein de son pôle santé, par exemple, ou dans le domaine de la recherche.

L'Etudiant vient à la rencontre des étudiants de Caen
A l'occasion du salon de Caen les 6 et 7 décembre 2013, la rédaction de l'Etudiant se rend sur place pour vous faire vivre l'événement en direct. Des témoignages d'étudiants, de lycéens, des conseils sur l'orientation par des experts à suivre en direct sur letudiant.fr.

Propos recueillis par Sandrine Chesnel | Publié le

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sophie.

Les bacs pro n'ont pas à poursuivre des études sauf VAE etc... Ce n'est pas leur but, le diplôme sert à fournir des ouvriers, employés qualifiés ou artisans et non à aller en BTS ou IUT. Les BTS sont dans la continuité des bacs technos et les IUT ont été crée pour les bacs généraux qui ne peuvent pas tous réussir à l'université. On manque de métiers manuels, de boulangers, bouchers, serveurs et 1/3 des diplômés de l'enseignement supérieur n'exercent pas 1 métier qui correspondent à leur niveau d'études, mais on pousse les bacs pros à poursuivre des études, quitte à baisser le niveau d'exigences des diplômes: DUT, BTS...