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F. Bonvalet, directeur de TBS : « Je voulais partir avec une école sur les rails, c’est chose faite »

Dahvia Ouadia
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F. Bonvalet, directeur de TBS : « Je voulais partir avec une école sur les rails, c’est chose faite »
Le campus actuel de Toulouse Business School, qui devrait déménager dans les années à venir dans de nouveaux bâtiments. // ©  Jessica Gourdon
François Bonvalet, directeur général de TBS, quitte l’école qu’il dirige depuis cinq ans fin septembre 2019. Quelques semaines avant son départ, il fait le bilan de son action et des chantiers à venir pour son successeur avec notamment un futur campus en centre-ville de Toulouse et l’international en ligne de mire.

Vous quittez prochainement la direction de TBS. Quel bilan faites-vous de vos cinq années passées à sa tête ?

François Bonvalet est directeur de Toulouse Business School depuis le 1er septembre 2014. // © DR

Quand je suis arrivé à TBS, en septembre 2014, l’école était déjà connue et reconnue, cependant, elle sortait d’une période d’instabilité organisationnelle avec trois directeurs qui se sont succédé avant moi. L’école avait besoin de stabilité, d’organisation et de restructuration, ce que nous avons fait avec, notamment, la création d’un poste de DG adjoint.

Sur la partie académique, le nombre d’étudiants avait beaucoup augmenté, en revanche, celui des professeurs permanents n’avait pas suivi. En cinq ans, nous sommes passés de 4.600 étudiants pour 82 professeurs permanents à 5.800 étudiants pour 115 professeurs permanents dont 50% sont internationaux. Grâce à cette évolution, le volet recherche a également fait un bond en qualité.

J’ai également mené l’école vers plus d’autonomie de gestion avec le passage au statut d’EESC (établissement d’enseignement supérieur consulaire) en même temps qu’HEC.

A l’international, l’école rayonne. Nous avons les trois accréditations internationales. TBS vient de recevoir le renouvellement de l’accréditation AACSB et nous sommes en attente pour l’accréditation Equis mais les premiers éléments du rapport sont plus que positifs.

Qu’a apporté le statut EESC à TBS ?

Le changement de statut était une absolue nécessité simplement parce que les chambres de commerce n’ont plus la possibilité d’être support d’une école. Le droit consulaire n’est pas adapté aux activités de l’école. Il fallait évoluer.

Est-ce que le statut d’EESC est le bon statut ? Avec ce statut, le mode de pilotage se calque sur celui d’une entreprise avec une autonomie de gestion forte et notamment un directeur exécutif qui préside le CA et prend les décisions.

Mais la limite de ce statut, c’est de ne pas pouvoir distribuer de dividendes aux actionnaires ce qui peut les freiner dans leur décision d’investir dans l’école. Ce qui est important pour TBS c’est de pousser le projet du grand campus et d’asseoir son financement. Nous nous sommes moins focalisés sur l’apport des entreprises au budget de l’école.

TBS a pourtant connu une période mouvementée en 2018 lorsque l’école n’a pas rempli sa promotion à l’issue du Sigem…

Effectivement, en 2018, nous avons eu une baisse de plus de 90 places du nombre d’étudiants au concours post-prépa. Nous ne nous étions pas attendus à une baisse aussi importante, d’autant que nous avions ouvert plus de 400 places cette année-là. Cette période a été un vrai moment de remise en cause de l’institution. On s’est rendu compte que nous avions dû manquer des choses et nous avons cherché à comprendre ce qui avait pu se passer.

Lire aussi : Sigem 2019 : Inquiétudes sur la diversité de l'écosystème des business schools

Dès septembre 2018, nous avons lancé un plan de reconquête complet que ce soit sur le volet académique, la communication, l’international. Nous avons investi sur les admissibles pour appuyer cette reconquête. Et le résultat ne s’est pas fait attendre : en juillet 2019, le nombre d’admissibles a sensiblement augmenté et nous avons pu remplir l’ensemble des places du programme grande école tout en maintenant un recrutement de qualité. Par ailleurs, le cap a été maintenu sur le recrutement des admissions parallèles et nous avons pu intégrer par ce biais de très bons éléments. Nous avons ainsi reconquis en 2019 ceux que nous avions perdus l’an dernier et récupéré par ailleurs le manque à gagner économique.

Quels sont les chantiers à venir pour votre successeur ?

TBS va se doter d’un nouveau campus dont le chantier va être lancé en 2020. Jusqu’à présent nous avions deux sites et disposions de cinq bâtiments. Avec ce chantier, l’école aura un nouveau campus sur un seul site et un seul bâtiment, toujours en centre-ville de Toulouse.

L’architecte est connu, il s’agit de l’équipe de Francisco Aires Mateus qui a été choisi à l’unanimité à l’issue d’un concours. Nous avons les financements, l’école apporte des capitaux et la chambre de commerce contribue aussi à hauteur de 27 millions d’euros et un bâtiment. Nous cherchons par ailleurs de nouvelles subventions pour ce projet de construction dont le budget s’élève à 100 millions d’euros.

La limite de ce statut c'est de ne pas pouvoir distribuer de dividendes aux actionnaires, ce qui peut les freiner dans leur décision d'investir dans l'école.

Le deuxième chantier sera celui de l’international. TBS doit continuer à affirmer sa position à l’international. Mon successeur devra travailler sur les projets de nouveaux campus à Barcelone et à Casablanca, où nous sommes déjà présents mais aussi sur un projet d’implantation au Moyen Orient. Il ou elle aura aussi à développer de grands partenariats à l’international. Seule l’implantation à Londres est aujourd’hui en stand-by à cause du Brexit.

Le troisième dossier sera le lancement des deux clusters de l’école avec des activités de recherche et d’enseignement. Nous avons conçu deux clusters thématiques sur l’aérospacial d’une part et l’intelligence artificielle d’autre part pour consolider les expertises de TBS dans ces secteurs. Enfin, le quatrième volet concerne l’innovation pédagogique. L’école est très innovante et nous avons recruté un nouvel ingénieur pédagogique pour accompagner la transformation.

Votre successeur va aussi devoir gérer l’intégration à Parcoursup…

Effectivement, nous avons reporté le transfert de notre bachelor au sein de Parcoursup à 2020. Nous avons participé aux réunions avec le ministère mais il faut faire preuve de vigilance, notamment sur notre visibilité sur la plate-forme mais également l’intégration des étudiants qui viennent de lycées français à l’étranger. Les discussions sont en cours et, nous observons les écoles qui ont déjà intégré la plateforme et qui « essuient les plâtres ».

Quelle est la procédure de recrutement de votre successeur ?

Le CA se réunit prochainement. Nous nous orientons plus vers une solution interne de recrutement. En attendant, Stéphanie Lavigne, directrice générale adjointe, assurera l’intérim à partir d’octobre.

Quel bilan personnel tirez-vous de votre passage à TBS ?

Je pars avec le sentiment d’avoir vécu une belle expérience humaine. En cinq ans, j’ai eu le temps de laisser une empreinte et de faire en sorte que le bilan soit le mien. Je suis fier d’avoir su mettre l’expérience étudiante au centre de l’école avec la création d’un service dédié à cette thématique. La seconde source de fierté, c’est d’avoir renforcer la dimension durable et RSE au sein de l’ADN de l’école. Je voulais partir avec une école sur les rails qui se développe à l’international, c’est chose faite.

Qu’allez-vous faire ?

Je prévois de prendre cinq à six mois sabbatiques avant de reprendre une activité en lien avec les écoles et l’international.


Dahvia Ouadia | Publié le

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Thomas.

La "reconquête" de TBS en 2019 passe surtout par une baisse de 1 point de la barre aux écrits (10,5 à 9,5/20). Entre réduire la taille de la promo ou réduire le niveau d'exigeance, le choix fait est parlant...