Frank Bostyn (DG de RMS/RBS) : “Notre nouvelle offre de programmes sera déployée à la rentrée 2014”

Cécile Peltier
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Frank Bostyn
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Patience… Il faudra attendre septembre prochain pour connaître le nom de la nouvelle école issue de la fusion entre les ESC de Reims et de Rouen, officialisée le 24 avril. En attendant, Frank Bostyn, nommé à la direction générale de l’établissement, en dévoile, en avant-première pour EducPros, les contours qui seront présentés le 14 mai : statut, gouvernance, offre de formation… Avec 7.500 étudiants et 68 millions d’euros de budget annuel, il possède “une taille convenable pour acquérir une visibilité à l’international”, estime le nouveau directeur, qui place les entreprises au cœur de ses préoccupations.

Sur les forums, les spéculations vont bon train concernant le nom de la nouvelle école. Comment va-t-elle s’appeler ?

Désolé de vous décevoir, mais vous allez devoir encore patienter un peu ! Nous avons décidé d’attendre septembre pour lancer la nouvelle marque. Un groupe de travail “marque” planche sur ce choix qui viendra couronner le travail de réflexion, mené depuis un an et demi dans le cadre des groupes de travail paritaires.

Quel est le statut juridique du nouvel établissement ?

Les deux associations qui géraient Reims Management School et Rouen Business School ont été dissoutes pour donner naissance à RMS/RBS, une nouvelle association loi 1901. Mais un basculement vers un statut de société anonyme à objectif pédagogique [le nouveau statut des écoles de commerce en cours d’élaboration] est ensuite clairement envisagé. Nous attendons la sortie des décrets. Nous en profiterons alors pour intégrer Paris Executive Campus, la filiale spécialisée dans la formation continue, créée conjointement par les deux écoles en 2009.

Pouvez-vous nous en dire plus sur la gouvernance de ce nouvel établissement ?

Les deux chambres de commerce, qui restent nos “actionnaires principaux”, siègent à parité au sein du conseil d’administration de la nouvelle association, qui compte également des représentants des autorités locales et régionales, ainsi que des représentants des diplômés et des étudiants. Un conseil d’administration qui sera présidé par l’ancien président de RMS, Yves Bénard.

Quelle est l’organisation qui a été retenue ?

Nous allons organiser les directions au niveau de l’école, et non des campus, afin de favoriser l’intégration culturelle. La direction est ainsi composée de cinq directeurs généraux adjoints : Céline Davesne (ex-directeur académique à Rouen) est nommée DGA Programmes ; Adilson Borges (professeur de marketing à Reims), DGA Faculté ; François Bonvalet, (ex-directeur général de RMS), DGA Développement et Relations Internationales ; Alain Dulondel (ex-directeur par intérim de RBS), DGA Services ; et Olivier Le Fournier (directeur général de Paris Executive Campus), DGA Executive Education.

Certains services purement “back-office” (administration…) seront centralisés. Pour d’autres, où la proximité avec le client est très importante (“student affairs” par exemple), nous conserverons un service par campus, en les harmonisant, afin d’assurer le même niveau de service.

Nous sommes en train de choisir les pilotes des différents programmes. Il s’agira essentiellement de nominations internes.

Comment comptez-vous structurer l’offre de formation ?

Nous prévoyons un déploiement de notre nouvelle offre de programmes pour la rentrée 2014. Nous allons fusionner nos deux bachelors généralistes au sein d’un programme unique organisé sur les deux sites, avec des spécialités différentes. Par ailleurs, le Bachelor Distribution-ECAL et le Bachelor of Science in International Business (ex-IFI), proposés à Rouen, ainsi que le programme Cesem (bac+4), à Reims, vont subsister, avec de nouvelles possibilités de développement.

Nous allons également créer un programme Grande École unique. À partir de 2014, les étudiants passeront un seul concours : Ecricome pour les sortants de prépa, ou Tremplin 1 ou 2 pour les admissions parallèles. Ils auront ensuite le choix entre les deux campus, sachant qu’en troisième année, contrairement aux spécialités très demandées, que l’on retrouvera à la fois à Rouen et Reims, certaines options plus pointues ne seront présentes que sur l’un des deux campus (trajectoire luxe à Reims ou logistique à Rouen).

L’intégration de l’offre de programmes postgraduate est déjà largement avancée. Il nous reste encore à fusionner les masters finance et les deux MBA. Nous allons également réfléchir au lancement d’un PhD et d’un DBA [Doctor of business administration], en respectant nos engagements avec Ecricome. Le Master of Science in Global Management proposé jusqu’ici à Rouen va également devenir un programme commun.

Enfin, nous allons faire évoluer le programme TEMA (bac+5), qui combine une formation en gestion et en technologie/innovation. Malgré de réels débouchés professionnels, il peine aujourd’hui à trouver son public auprès des bacheliers.

Quel sera l’impact sur les frais de scolarité ?

L’harmonisation était en cours, il n’y aura donc pas de rupture.

Et sur l’obtention du grade master ?

Nous avons entamé le dialogue depuis quelques mois avec les instances de tutelle. Nous continuerons à délivrer les deux grades jusqu’en 2014. Ensuite, pour le master Grande École unique, nous nous réengagerons dans le processus classique de reconnaissance. Cette démarche, sans être une formalité, devrait conduire à l’obtention rapide non seulement du visa, mais également du grade master comme c’est le cas aujourd’hui pour nos deux programmes.

Dans notre stratégie, la priorité sera donnée à nos relations avec les entreprises. Former des managers de qualité, capables de répondre aux besoins des entreprises, c’est la première mission d’une “business school”. Un objectif que certaines semblent parfois perdre de vue…

Quels sont vos objectifs de développement ?

Je ne suis pas un obsédé de la croissance, je tiens d’abord à la qualité de nos programmes. Le travail de synergie mené dans le cadre de la fusion va nous permettre d’économiser des fonds afin d’investir dans le développement de nos propres compétences.

Dans notre stratégie, la priorité sera donnée à nos relations avec les entreprises. Former des managers de qualité, capables de répondre aux besoins des entreprises, c’est la première mission d’une “business school”. Un objectif que certaines semblent parfois perdre de vue… Ainsi, tout le monde est d’accord, pour dire que la recherche est cruciale, mais à condition d’être en lien avec les problématiques de l’entreprise et cohérente avec les spécialités de l’école. Sinon, on augmente les coûts de manière importante sans retour d’investissement… Nous serons attentifs à ces questions…

Pour cette raison, nous souhaitons aussi investir dans l’“Executive Education” en lançant une série de programmes courts non diplômants. Nos deux écoles possèdent des spécialisations en marketing (notamment en matière de comportement du consommateur) et finance, et une expertise dans les RH, sur laquelle nous allons miser. Dans un contexte de changement permanent, les entreprises ont besoin de partenaires pour les aider à gérer les nouveaux défis organisationnels.

Comment cette stratégie va-t-elle se décliner à l’international ?

Nous allons monter des hubs dans quelques régions stratégiques (Chine, Indonésie, Singapour, Thaïlande, Malaisie, Turquie et Europe) où les entreprises françaises et européennes ont des intérêts importants, en nous appuyant sur des partenaires solides. Cela permettra également de recruter davantage d’étudiants étrangers pour nos programmes.

Si nous sommes crédibles, les rankings suivront

Certaines écoles fusionnées affichent des objectifs ambitieux en matière de classement. Et vous ?

RMS/RBS représente – sans Paris Executive Campus –, 68 millions d’euros de budget annuel, 7. 500 étudiants (dont environ 3.000 pour le PGE) et 200 professeurs permanents : une taille convenable pour acquérir une visibilité à l’international. Si nous sommes crédibles, les rankings suivront.

Comment allez-vous gérer cette fusion en termes d’accréditations ?

Nous avons notifié la fusion aux instances d’AACSB. Notre dossier n’est pas compliqué : nos deux écoles, assez similaires, sont toutes les deux accréditées. Il leur suffit maintenant de nous inscrire sur le calendrier du processus classique de renouvellement des accréditations. Même chose pour EQUIS. Le dossier a été discuté depuis longtemps. Hasard d’agenda, pour nos deux écoles, le renouvellement de l’accréditation intervient cette année.


Cécile Peltier | Publié le

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