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F. Fotiadu : "L’Insa doit contribuer à la politique de site"

Muriel Florin
Publié le
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F. Fotiadu : "L’Insa doit contribuer à la politique de site"
Le nouveau directeur de l'Insa Lyon évoque les sujets en cours avec Educpros. // ©  Laurent Cérino - REA
Après la démission d’Eric Maurincomme, en partie liée aux mésententes autour de la construction de l’université cible de Lyon-Saint-Etienne, Frédéric Fotiadu a été nommé à la tête de l’Insa Lyon le 14 novembre. Le point sur les principaux objectifs que se fixe le nouveau directeur.

Il y a dix ans, vous preniez la direction de Centrale Marseille. Aujourd’hui, vous quittez Centrale pour l’Insa Lyon. Les deux écoles sont-elles interchangeables ?

 // © INSA LYON

Il y a une proximité entre les écoles et un vrai réseau dans le monde des ingénieurs. Nous partageons un modèle commun de formation de l’ingénieur à la française. C’est un modèle qui nous rassemble, avec des objectifs et des particularités propres à notre pays. Nous sommes davantage complémentaires que concurrents.

Quel est ce modèle ?

Nous formons d’excellents techniciens, qui possèdent aussi des connaissances générales et d’autres compétences leur permettant d’être tout de suite opérationnels sur le marché du travail. Cela passe par des stages, par des pratiques professionnelles en cours de cursus, ce qui constitue une originalité française. Autre particularité, ce sont des diplômes d’écoles, et non des cursus technologiques au sein d’une université comme cela peut être le cas ailleurs. Le lien entre le diplôme et l’établissement qui le délivre fait partie du modèle. Il favorise la proximité avec les élèves que nous accompagnons tout au long de leur cursus, la proximité avec notre environnement, avec les entreprises. Le fait que le diplôme soit évalué et accrédité par la CTI apporte aussi un gage de qualité.

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Selon vous, l’Insa possède-t-elle d’autres particularités ?

Historiquement, dans ce modèle d’ingénieur à la française, il y a une forte préoccupation pour la transmission des savoirs au-delà de l’aspect académique. Cette dimension humaniste est particulièrement forte à l’Insa. Il y avait, de la part des pères fondateurs la volonté de former des experts conscients des impacts des technologies et capable de prendre des décisions face aux enjeux de société. Cette vision est très moderne. Elle doit être encore plus présente. C’est l’un des objectifs que je me fixe : connecter encore davantage l’Insa à ses valeurs fondatrices.

Vous arrivez après un épisode particulier dans la construction du site Lyon-Saint-Etienne. Le 27 juin dernier, le conseil d’administration de l’Insa n’a pas approuvé le document d’orientation stratégique de l’université cible… Quelle est votre feuille de route sur ce dossier ?

Je souhaite renouer des relations peut-être un peu distendues avec l’ensemble des acteurs académiques et des écoles. Le choix a été fait de ne pas rejoindre l’UdL en tant que leader de sa composante ingénierie. Je ne reviendrai pas sur ce choix.

J’ai la conviction (…) qu’on peut collaborer très étroitement dans des relations d’absolue confiance et avec une stratégie partagée, sans être forcément imbriqués.

Pour autant, nous allons travailler main dans la main avec des partenaires stratégiques. Nous partageons déjà le campus avec l’Université Claude-Bernard-Lyon1, nous avons 13 UMR… L’Insa est l’une des pierres angulaires du site lyonnais et un poids lourd en ingénierie. Elle doit contribuer à la politique de site.

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A quelle place, si ce n’est à la tête du pôle ingénierie ?

Etre plus puissants, mieux coordonnés pour devenir plus visibles, c’est la dynamique de l’Idex : former des champions français dans la compétition mondiale. A Lyon, l’université cible sera magnifique. Nous allons renouer des relations de confiance pour travailler tous ensemble, et soutenir sans réserve la candidature.
J’ai la conviction, qui s’appuie sur mon expérience, qu’on peut collaborer très étroitement, dans des relations d’absolue confiance et avec une stratégie partagée, sans être forcément imbriqués. Peut-on sérieusement imaginer que le pôle ingénierie de la future université de Lyon puisse faire l’économie de travailler avec l’Insa, Centrale, l’ENTPE ou d’autres écoles ? Il m’appartient de trouver de nouvelles modalités de collaboration, tout en conservant des personnalités morales et juridiques distinctes.

Bio express

-Frédéric Fotiadu (54 ans) est diplômé de l’Ecole supérieure de chimie de Marseille en 1987. Il poursuit avec un doctorat de chimie organique en 1991 avant d’obtenir une HDR de l’Université d’Aix-Marseille.
-Après avoir continué ses recherches à l’Université autonome de Barcelone, il est recruté en 1994 dans son ancienne école renommée Ensspicam, l’une des quatre écoles qui ont fusionné pour créer Centrale Marseille.
Il prend la direction de Centrale Marseille en 2009. Alors que son deuxième mandat s’achevait, il est nommé directeur de l’Insa Lyon le 14 novembre 2019, où il succède à Eric Maurincomme
-Avec 5.400 étudiants, près d’un millier de doctorants, 1.500 membres du personnel, et un budget de 150 millions d’euros, l’école lyonnaise est la tête de pont du groupe Insa.


Muriel Florin | Publié le

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Frida.

"Dimension humaniste". Traduire "Avis à la population : je suis franc-maçon"