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La CCI Paris-Île-de-France à la recherche de nouvelles ressources pour ses écoles

Cécile Peltier
Publié le
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Novancia Business School
La CCI Paris-Île-de-France réfléchit à implanter le Bachelor de Novancia sur les campus européens de l'ESCP Europe. // ©  Novancia
Après un grand plan de départs volontaires en 2015, la CCI Paris-Île-de-France a annoncé, fin avril, plus de 300 nouvelles suppressions de postes, essentiellement administratifs. Son président, Jean-Paul Vermès, détaille pour EducPros la stratégie de rationalisation de ses 24 écoles. Au programme notamment, un rapprochement entre Novancia et l'ESCP Europe.

Jean-Paul Vermès, président de la CCI Paris-Ile-de-France.Ces dernières années, la CCI Paris-Île-de-France a connu une baisse importante de ses ressources. Quelle en est la conséquence sur ses écoles ?

Entre 2013 et 2016, la taxe pour frais de chambre, collectée par l'État auprès des entreprises et reversée à la CCIR (Chambre de commerce et d'industrie de Région), est passée de 348 à 208 millions, soit une chute de 140 millions d'euros. Puis est venue s'ajouter une ponction de l'État de 153 millions sur nos réserves.

Obligatoirement, cette diminution de nos ressources a un retentissement sur toutes nos activités, à commencer par nos 24 écoles qui, avec 60% de notre budget, constituent pourtant notre priorité.

En matière d'investissement, nous n'avons pas les moyens de mener certains chantiers importants de remise aux normes. Par exemple, il nous manque les 12 millions d'euros nécessaires à la rénovation de l'IFA Chauvin, un centre de formation des apprentis du Val-d'Oise, spécialisé dans la technique et la vente, que nous essayons de céder.

Après un premier plan de 700 départs volontaires en 2015, vous annoncez 315 nouvelles suppressions de postes. Qui visent-elles ?

En effet, les départs de l'an dernier n'ont pas suffi : il nous faut supprimer 315 postes en 2016 pour parvenir à un équilibre budgétaire précaire. Les écoles sont forcément touchées, dans la mesure où près d'un tiers des postes visés appartiennent au pôle enseignement, recherche, formation, mais quasi exclusivement sur des fonctions administratives. 

On peut faire dans toutes nos écoles, y compris les plus prestigieuses, des économies sur les services supports, mais nous ne toucherons pas aux enseignants qui font leur renom.

On peut faire dans toutes nos écoles des économies sur les services supports, mais nous ne toucherons pas aux enseignants qui font leur renom.

En 2017, vous n'êtes pas sûr de pouvoir conserver à son niveau actuel la dotation que vous versez à vos écoles. HEC, l'Essec ou l'ESCP Europe qui constituent vos fleurons auront-elles les moyens de rester dans la course internationale alors qu'on sait que les très bons professeurs coûtent cher ?

Je le crois, mais, pour cela, elles devront développer de nouvelles ressources. Elles pourront toutes encore augmenter un petit peu leurs droits de scolarité, mais selon leur niveau et dans des proportions raisonnables.

Ces écoles doivent aussi faire appel à la générosité de leurs anciens. On cite toujours l'exemple de la Fondation HEC, à la tête de laquelle l'ancien président, Daniel Bernard, a accompli un travail extraordinaire, mais l'Essec et l'ESCP Europe ont également un vrai potentiel de collecte.

Elles peuvent aussi compter sur des MBA parmi les mieux classés au monde et des programmes d'executive education qui fonctionnent bien.

Au 1er janvier 2016, HEC a adopté le nouveau statut d'EESC (établissement d'enseignement supérieur consulaire). L'ESCP Europe devrait faire de même prochainement. Ce statut est-il un moyen pour les écoles d'augmenter leurs ressources ?

Pas directement. La fondation HEC va prendre des parts dans l'école et nous ferons en sorte que d'autres acteurs privés fassent de même. Mais s'ils investissent, c'est une affaire d'image de marque, pas d'argent.

Les entreprises ne peuvent pas compter sur des dividendes, interdits par le statut d'EESC. Elles ne peuvent pas non plus escompter de plus-value en cas de revente de leurs titres, dans la mesure où cette plus-value est assise sur les dividendes attendus.

Et quelle place réservez-vous à Novancia dans cette stratégie ?

Les écoles doivent avoir leur propre domaine de stratégie pour rayonner : HEC au plan mondial, l'ESCP Europe au niveau européen, et l'Essec dans des grandes zones comme l'Asie. Novancia n'a pas les masters renommés de ses trois consœurs. Il faudra voir comment améliorer ça. 

L'idée serait de rationaliser en prenant le meilleur de chacune : le Bachelor de Novancia pourrait être implanté sur les campus européens de l'ESCP.

Rien n'est acté, mais nous réfléchissons à des synergies entre Novancia et l'ESCP Europe. L'idée serait de rationaliser en prenant le meilleur de chacune : par exemple, le Bachelor de Novancia pourrait être implanté sur les campus européens de l'ESCP.

Ces écoles jouent dans des cours différentes. N'y a-t-il pas un risque de brouillage de leur image ?

Oui, en effet, c'est un risque. Mais il faut bien faire la différence entre un Bachelor et un programme grande école. Quelle que soit l'école, un Bachelor n'est jamais un accès vers la grande école.

Envisagez-vous d'aller jusqu'à la fusion ?

Une fusion, une absorption ou simplement davantage d'échanges... Tout est possible. Nous examinerons les différentes options, voir ce qui fait consensus et offre le positionnement le plus intelligent sur le marché. Dans tous les cas, je pousse pour qu'une décision soit prise dans les prochaines semaines.

Envisagez-vous de céder certaines de vos écoles ?

À part l'IFA Chauvin, nous n'avons pas d'autre projet de cession. Nous avons intérêt à garder toutes nos écoles tout en développant des alliances. On peut imaginer que des fonds privés pourraient être intéressés par la possibilité d'investir en tant qu'actionnaires minoritaires dans certaines de nos écoles, comme Les Gobelins ou Ferrandi. 

Il faudrait alors trouver un équilibre entre les objectifs de rentabilité attendus par un fonds et la qualité de nos formations. Aujourd'hui, 80% des jeunes que nous formons trouvent du travail dans les six mois qui suivent l'obtention de leur diplôme. Il est important de préserver ce niveau.


Cécile Peltier | Publié le

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Personnel de Novancia.

Indignons-nous ! Devant le déferlement de violences verbales et d’attaques d’un mépris insupportable envers notre Ecole et nos étudiants, nous avons à cœur, aujourd’hui, de vous dire : - Que nous aussi, nous nous inscrivons dans l’histoire (ancienne Ecole commerciale née en 1863, 1ère école de notre institution) - Que nous pouvons nous enorgueillir d’avoir formé des milliers d’étudiants et d’apprentis au parcours d’excellence (taux d’insertion, parcours de carrière professionnelle…) - Que nos entreprises partenaires s’inscrivent dans la durée, portées par la confiance mutuelle, aussi bien dans les programmes développés innovants et créatifs, que dans les valeurs d’engagement, d’audace et de bienveillance. - Que derrière ces « évidences », il y a des hommes, des femmes, des enseignants, des administratifs, qui ont convergé vers un seul but : se mettre au service de cette longue histoire. Notre humilité a sans doute fait notre succès. Nous sommes fiers de nous et comprenons les envies que nous suscitons. Le personnel de NOVANCIA

BeausolDeParis.

Cet interview est surprenante, d'autant plus que les Alumni n'ont pas été, il me semble, consulter sur ce projet, pour le moins "structurant". Je suis surpris de ce fait et il me semble évident que ce rapprochement restera qu'au stade d'ébauche. Monsieur Vermès sera forcément obligé de reconnaître - après rapides discussions - qu'on ne peut comparer une école post-bac et une grande école de catégorie A, qui nécessite au bas mot 2 années de prépa (des meilleures) : positionnement, marque, niveau d'excellence, ambitions, et ...finances ! En effet, la contradiction point dans ses propos : d'une part, il vante la puissance de la Fondation HEC - soutenue par les alumni et leurs entreprises - pour soutenir la pérennité de la Grande Ecole et appelle aux autres établissements de la CCI de faire de même ; d'autre part, il évoque ce rapprochement de l'ESCP Europe avec NOVANCIA ! Pense-t-il sérieusement que les alumni ESCP vont financer un tel projet mortifère pour leur école ? C'est comme comparer un doctorat avec un DUT (sans dédain de ma part, croyez-le bien) dont les objectifs sont différents et le niveau également. Monsieur Vermès le comprendra, j'en suis sûr. Quant à "Philip", je l'invite à déclarer sa flamme aux étudiants de la prochaine promotion - ou de celle qui va être diplômée cette année - pour leur annoncer cette "bonne" nouvelle... Je ne peux garantir la joie ou les "Hourra"qui vont forcément s'exprimer sur leur visage ! Une dernière chose : la segmentation géographique proposée par Monsieur Vermès de nos écoles me semble quelque peu dépassée : l'ESCP Europe est une école qui puise sa force dans son attachement à notre continent, terre entrepreneuriale, d'innovations et de cultures, mais ne se cantonne pas à ce périmètre ô combien propre sur papier ! La réalité est que la compétition est mondiale et que les efforts de nos élèves et de nos anciens déployés pour exprimer leurs talents se font sur tous les continents ! Voilà. Ce n'est pas un "coup de gueule" mais juste un point de vue. Je suis confiant que Monsieur Vergès écoutera à terme notre avis ; mais qu'il fasse preuve un peu d'ouverture en invitant les alumni ESCP à ses réflexions, dans une démarche collaborative. C'est un peu la clé du management d'aujourd'hui, il me semble :)

Scepienne Masquée.

En tant qu’étudiante dans le programme grande école de l’ESCP, je suis très surprise par la décision de Monsieur Vermès. Celle-ci a beau être logique en termes de coûts, elle n’en demeure pas moins aberrante en ce qui concerne le niveau et le rayonnement de l’ESCP à l’international et ce pour les raisons suivantes : 1. Il existe déjà un programme Bachelor à l’ESCP, depuis 1 an. Ses étudiants sont censés étudier sur les différents campus de l’école. Intégrer le programme Bachelor de Novancia à l’ESCP n’a donc aucun sens. Au vu du nombre d’ étudiants de Novancia (223 en première année, selon les derniers chiffres fournis par Challenges), il semblerait que le programme Bachelor de l’ESCP soit donc condamné à disparaître ou bien à fusionner avec celui de Novancia. 2. Pour des raisons évidentes de niveau : le niveau de recrutement en grande école ou dans les programmes spécialisés de l’ESCP est très largement supérieur à celui de Novancia. Pour rappel, l’essentiel des étudiants en grande école à l’ESCP sont recrutés sur concours après une classe préparatoire. Tandis que les étudiants de Novancia sont recrutés au niveau post-bac. Faut-il également rappeler les classements actuels? Novancia est classée 14ème seulement dans la catégorie écoles post-bac par Challenges quand l’ESCP se maintient à sa traditionnelle 3e place des écoles de commerce post classes préparatoires. Fusionner ces deux écoles qui n’ont strictement rien en commun si ce n’est leur appartenance à la CCIP, aboutirait donc à un recul de l’ESCP dans les classements. 3. Pour des raisons d’espace : les campus de l’ESCP à l’étranger sont particulièrement petits et les bibliothèques, bondées. En effet, différents programmes (MEB , MiM, Masters spécialisés) se côtoient. L’arrivée des bachelors de l’ESCP cette année (une poignée d’étudiants) a déjà accentué ce problème. Il n’y a tout simplement pas suffisamment de place pour des étudiants en nombre venant du bachelor de Novancia. Pour toutes ces raisons, Monsieur Vermès risque de sacrifier la renommée de l’ESCP sur l’autel des baisses de coûts. Plutôt que de s’accrocher désespérément à des écoles comme Novancia qui ne font déjà pas le poids face à leurs concurrentes post-bac (ESSCA, Iéseg, etc.), Monsieur Vermès ferait à mon sens mieux de focaliser les investissements de la CCIP sur des programmes qui font la renommée de notre pays à l’international. Que je sache, Novancia n’est jamais apparue dans les classements du Financial Times, contrairement à l’ESCP, régulièrement en tête.

Philip.

ESCP EUROPE est une institution solide et dynamique, c'est la plus vieille Ecole de Commerce du monde depuis 1819 et ses 6 campus accueillent pres de 4500 etudiants. Les Bachelor Novancia seront tres a leur aise pour se developper sur les campus europeens, et contrairement au message de Francois il n'y a aucun risque pour ESCP puisque la totalite de Novancia represente a peine 1500 etudiants en formation initiale sur son Bachelor et ses Master/MS/MSc.

François DUCHAMPS.

"Philip" qui n'ose pas donner son nom va certainement nous indiquer l’intérêt d'une telle fusion (hormis les suppressions de postes d'administratifs et le nivellement des conditions des professeurs par le bas) puisqu'il est certainement en charge de la com de ce projet.

Francois DUCHAMPS.

Le Bachelor Novancia absorbé par l'ESCP ? Vu les volumes respectifs, c'est le contraire qui va se passer. Cet interview est tout simplement la mort annoncée de l'ESCP.