Newsletter

Jacques Samarut (ENS Lyon) : "Le projet de licence pluridisciplinaire sera porté par la communauté de Lyon - Saint-Étienne"

Mathieu Oui
Publié le
Envoyer cet article à un ami
Jacques SAMARUT-ENS Lyon- ©Vincent Moncorgé
Jacques SAMARUT-ENS Lyon- ©Vincent Moncorgé

Un an après la création du Collège des hautes études Lyon Science[s], qui regroupe cinq grandes écoles lyonnaises, le président de l’ENS de Lyon, Jacques Samarut, tire le bilan des premières actions du collège, et dévoile le projet de licence pluridisciplinaire, qui sera porté par la COMUE Lyon-Saint-Étienne.

Quel est le bilan des actions mises en place par le CHELS (Collège des hautes études Lyon Science[s]), créé en janvier 2013 et qui réunit Centrale Lyon, l’ENS de Lyon, Sciences po Lyon, VetAgro Sup et le Conservatoire national de musique et de danse ?

Depuis la rentrée 2013, les étudiants en master de nos cinq écoles ont la possibilité de suivre un cours dans un autre établissement. Pour cette première année de mise en place, ce dispositif concerne encore peu d’étudiants car cela nécessite des aménagements d’horaires. Nous en comptons 40 au total, dont 7 de l’ENS. À titre, d’exemple, 12 étudiants ont demandé à suivre un cours d’histoire de la musique contemporaine, délivré par le conservatoire.

Par ailleurs, en septembre 2014, nous allons lancer un nouveau cours “Risques, décisions et complexité”, destiné aux étudiants de master et de doctorat, qui associera nos 5 établissements et donnera lieu à un MOOC, délivré en parallèle du cours en présentiel.

Il était question que l’EM Lyon rejoigne le groupement. Qu’en est-il ?

Pour l’instant, nous avons décidé de rester à cinq établissements, tant que le dispositif n’est pas encore consolidé. Mais nous restons attentifs à la demande de l'EM Lyon, ou d’autres établissements.

Quels sont les projets du CHELS en matière de recherche ?

Nous avons lancé l’initiative des labos juniors, pour permettre à des étudiants en master et doctorat de développer des travaux très innovants, mais différents de leur sujet de thèse. Il s‘agit de projets à la fois interdisciplinaires et inter-établissements, qui impliqueront des étudiants d'au moins deux établissements du collège.

Chaque projet retenu sera doté d’un financement de 5.000 € maximum, et devra déboucher sur une publication ou un colloque. Nous envisageons d’en sélectionner 6 à 7 chaque année.

Autre projet phare : la création d’un premier cycle interdisciplinaire, qui devrait ouvrir à la rentrée 2014. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Il s’agit d’un premier cycle innovant interdisciplinaire qui débouchera sur une licence “sciences et société”. Il a émergé du collège et s’est ouvert aux universités. L'objectif est de former les étudiants à un haut niveau, tout en conservant un large spectre de disciplines.

La première année sera destinée aux acquis fondamentaux dans les deux grands domaines. La deuxième année comportera beaucoup de travaux personnels et une ouverture internationale, avec par exemple un stage à l’étranger. Enfin, la troisième année sera une année de spécialisation disciplinaire.

Il s'agit ensuite d’ouvrir les débouchés sur les masters de la COMUE (Communauté d’universités et établissements) de Lyon et Saint-Étienne. Mais les diplômés pourront aussi intégrer les grandes écoles par le biais des concours parallèles, comme ceux de l’école vétérinaire ou de notre établissement.

Le diplôme de licence sera porté et délivré par la communauté : nous faisons une demande au ministère en ce sens.

La première année de cette licence, qui réunira deux groupes de 50 étudiants, sera dispensée dans les lycées du Parc (Lyon) et Claude-Fauriel (Saint-Étienne). Pourquoi ce partenariat ?

Le choix de conduire l’opération avec des lycées préparant aux grandes écoles repose sur le fait que leurs équipes pédagogiques sont bien formées à ce type de filières de haut niveau et que ces établissements sont intéressés par des filières d’études parallèles aux prépas classiques.

Beaucoup d’étudiants brillants ne souhaitent pas forcément s’engager dans une classe prépa, c’est donc une façon de les capter. Les enseignants de CGPE participeront aux cours de première année, qui seront délivrés dans les deux lycées. Les deuxième et troisième années seront délivrées au sein des universités.

Une licence à l’anglosaxonne, pour le directeur de Sciences po Lyon
"Il y a une logique de démocratisation et d’égalité des chances dans ce projet [de licence pluridisciplinaire “sciences et société”] ou seront associés nos partenaires des Cordées de la réussite", complète Gilles Pollet, directeur de l’IEP de Lyon et porteur du projet.

"Nous ciblons des bacheliers de bon niveau, qui ne sont pas forcément acculturés au système de l’enseignement supérieur, afin de faire émerger des candidatures de profils différents des candidats classiques aux IEP ou aux prépas", ajoute-t-il.

Sous réserve de validation par le ministère, le programme contiendra un bloc de sciences dures (mathématiques, physique, chimie, biologie, sciences de la Terre), un second bloc de sciences humaines (histoire, géographie, économie, sciences politique, droit), complétés d’un tronc commun en langue et en méthodologie.

"Nous nous situons dans une logique de bachelor à l’anglosaxonne, qui confère un bagage culturel pour être à l’aise dans différents domaines et pouvoir se spécialiser ensuite en master", conclut Gilles Pollet.

Mathieu Oui | Publié le

Vos commentaires (1)

Nouveau commentaire
Annuler
* Informations obligatoires
Pic de la Mirandole.

Quel projet ridicule ! A grand renfort de publicités, ils viennent d'inventer... la 3e de collège !!! Si l'on part du principe qu'entre les cours et le travail personnel, un étudiant (idéal) travaille une quarantaine d'heures par semaines, cela fait 4h par discipline et par semaine et encore, sans compter les langues et les cours de méthodologie ! Bref, ces étudiants seront nuls en tout et prétendront faire un master dans des disciplines qu'ils ne connaissent pas !