Jacques Tisseau (ENI Brest) : “L’heure est au ‘big is beautiful’, mais nous défendons une autre approche”

Propos recueillis par Céline Authemayou
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Jacques Tisseau (ENI Brest) : “L’heure est au ‘big is beautiful’, mais nous défendons une autre approche”
Avec la disparition de l’ENI Val-de-Loire, devenue INSA Centre Val-de-Loire grâce à son rapprochement avec l’ENSI Bourges, l’avenir des ENI (écoles nationales d’ingénieurs) semble être chahuté. Mais les quatre écoles du réseau comptent bien continuer leur mission d’enseignement. Jacques Tisseau, directeur de l’ENI Brest, détaille les stratégies en cours, portées par une ligne directrice : l’ancrage territorial.

Désormais, le groupe ENI ne compte plus que quatre écoles membres : Brest, Metz, Saint-Étienne et Tarbes. Quelle est aujourd'hui la priorité du réseau ?

La première question qui se pose pour nous est celle des CUE (communautés d'universités et d'établissements). Dans ce cadre-là, c'est la politique de site qui passe avant la politique de réseau, car chaque école du groupe a une réflexion différente en fonction de son propre contexte local.

À Metz, par exemple, l'ENI est associée à l'Université de Lorraine, sans en être membre [le contrat de site signé avec l'université évoque une possible convention de rattachement de l'ENIM, ndlr]. À Saint-Étienne, la question n'est pas tranchée, contrairement à Toulouse où la situation est claire : l'ENI Tarbes sera membre à part entière de l'Université de Toulouse tout en étant associée à l'INP.

Quant à Brest, une grosse interrogation persiste sur la définition du périmètre territorial. La communauté sera-t-elle bretonne ou associera-t-elle aussi les Pays de la Loire ? Aujourd'hui, du côté de Brest, les avis penchent en faveur de la seule Bretagne. Les deux projets sont sur mon bureau et l'Eni espère que la communauté sera portée par l'Université européenne de Bretagne. Quoi qu'il en soit, nous serons membres de cette CUE.

Le débat a animé le monde des écoles d'ingénieurs il y a quelques mois, ces dernières voulant être membres à part entière des communautés et non seulement écoles associées. Vous défendez donc aussi cette idée ?

Pour nous, le principe de l'association correspond à autre chose : il permet de regrouper des écoles qui n'ont pas forcément un lien territorial. C'est le cas du groupe ENI, qui a été créé au début des années soixante pour permettre à ceux qui n'avaient pas suivi la voie royale des classes préparatoires de devenir ingénieurs. Et on continue aujourd'hui sur cette même lignée.

La politique de site passe avant la politique de réseau

Pour des établissements de petite taille comme les vôtres, y a-t-il aujourd'hui une vraie crainte de disparition ?

Il faut bien reconnaître que nous sommes dans une période où “big is beautiful”, quel que soit le gouvernement en place. Mais nous défendons une autre approche...

Une autre approche, qui consiste tout de même à se lier à des institutions plus importantes. C'est le cas de l'ENI Saint-Étienne, qui va coopérer avec Centrale Lyon dans le cadre d'un projet nommé “Centrale Lyon Technologies” ?

C'est une vraie problématique, en effet. Il est indispensable de renforcer les pôles ingénieries. La formation en école d'ingénieurs vise une approche métier et permet à ses diplômés de s'insérer très bien sur le marché du travail. Il est donc essentiel de défendre nos établissements. Et cela passe en effet par le renforcement des liens et des réseaux, à l'image, par exemple, du groupe des ENI.


Propos recueillis par Céline Authemayou | Publié le

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