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Jean-Loup Salzmann : "Nous allons continuer de sélectionner en master"

Morgane Taquet
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Université de Bordeaux, bibliothèque du site de la Victoire
Cet été, l'université de Bordeaux a été contrainte par le tribunal administratif de la ville à inscrire un étudiant en M2, après lui en avoir refusé l'accès. // ©  Camille Stromboni
La sélection en master refait déjà parler d'elle, avant même la rentrée universitaire. Alors que le gouvernement semble vouloir avancer par la voie législative, la Conférence des présidents d'universités a claqué la porte des négociations avant l'été. Explications avec son président, Jean-Loup Salzmann.

Jean-Loup SALZMANN - Université CPU - Avril 2014 - © CSPourquoi avoir décidé de rompre les discussions avec le ministère sur la sélection en master ?

Il y a quelques mois, nous avions passé un accord avec le gouvernement, afin d'expérimenter le contrôle continu intégral. Des universités avaient été choisies, les équipes avaient travaillé d'arrache-pied, les conseils avaient voté en faveur du processus... Et, en juillet 2016, à la lecture de l'ordre du jour du Cneser, nous nous rendons compte que, sur ordre de Matignon, le sujet n'est plus d'actualité

Nous n'en pouvons plus de travailler dans ces conditions. Si le gouvernement agit de la sorte sur un sujet tel que le contrôle continu intégral, que nous réserve-il sur la sélection en master ? La confiance est rompue.

"Les Échos" assurent qu'une proposition de loi supprimant la sélection en cours de master pourrait voir le jour en octobre. Qu'en dites-vous ?

Depuis la suspension des expérimentations du contrôle continu intégral, en juin, nous n'avons participé à aucune réunion sur le sujet. Les discussions continuent donc sans nous. Mais nous sommes fermement opposés à ce que le gouvernement semble vouloir proposer. 

De notre côté, nous œuvrons également auprès des parlementaires. Parlementaires qui semblent très sensibles à nos explications.

Que demandez-vous ?

Nous préférons le statu quo au projet du gouvernement, qui semble vouloir un droit à la poursuite d'études. Dans les discussions que nous avions avec le ministère, nous étions d'accord pour organiser le passage de la licence vers le master. C'est d'ailleurs déjà ce que nous faisons, puisqu'il y a autant d'étudiants en L3 qu'en master.

Nous étions favorables à ce que, par exemple, chaque université puisse dire combien d'étudiants elle va accueillir en M1 et en M2. Le gouvernement voudrait nous obliger à inscrire des étudiants qui n'ont pas le niveau. Le droit à la poursuite d'études est le corollaire de l'instruction scolaire obligatoire, or il n'y a aucune obligation à poursuivre des études supérieures !

Le tribunal administratif de Bordeaux a suspendu le refus d'inscription en master 2 d'un étudiant de l'université de Bordeaux, qui s'est vue dans l'obligation de procéder à l'inscription. Qu'en pensez-vous ?

Nous verrons bien si l'étudiant arrive à suivre en M2 ! Dans le contexte actuel, nos équipes pédagogiques vont continuer, comme auparavant, à sélectionner en cours de master, que les M2 soient inscrits dans le décret ou pas.

Il y aura très peu de recours et les situations se régleront au cas par cas. C'est une solution bancale certes, mais préférable au projet sur lequel Matignon planche.


Morgane Taquet | Publié le

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