Jean-Loup Salzmann (CPU) : "Il reste à se pencher sur l’entrée dans la carrière des enseignants-chercheurs"

Olivier Monod
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Khaled Bouabdallah, Gérard Blanchard et Jean-Loup Salzmann ont été élus au bureau de la CPU en 2012, réélus en 2014
Khaled Bouabdallah, Gérard Blanchard et Jean-Loup Salzmann ont été élus au bureau de la CPU en 2012, réélus en 2014 // ©  Camille Stromboni
Le colloque annuel de la CPU (Conférence des présidents d’université), qui se déroule du 15 au 17 mai à Rennes (35), a pour thème principal cette année les ressources humaines. L'occasion pour EducPros de faire le point sur les dossiers en cours et sur la préparation de l'application de la loi ESR de Geneviève Fioraso en discussion au Parlement, avec son président Jean-Loup Salzmann. Entretien.

Le thème du colloque 2013 de la CPU est “Les femmes et les hommes qui font l’université. Quelles politiques de ressources humaines pour l’université de demain ?” Pourquoi cet axe sur les ressources humaines ?

Les missions des universités sont essentiellement effectuées par des femmes et des hommes. Les ressources humaines sont donc au cœur du travail des universités. De plus, il nous semblait important de faire le point sur les modifications récentes et de se positionner vis-à-vis de la loi et des décrets à venir.

À l’issue du colloque, la CPU prendra-t-elle donc des positions quant à la loi et à son application ?

Nous espérons avoir des propositions originales à présenter. La CPU s’est inscrite en tant que lobby auprès de l’Assemblée et du Sénat. Nous travaillons également déjà avec le gouvernement sur certains amendements. Nous souhaitons par exemple faire évoluer le texte sur la nomination des personnalités extérieures au conseil d’administration et sur la possibilité pour un président d’université d’être président de la communauté d’université.

Et lors du colloque quels seront les sujets prioritaires ?

Nous en avons plusieurs, comme la résorption de la précarité, l’accueil des étudiants handicapés, ou encore la formation tout au long de la vie des personnels.

Quels en sont les enjeux ?

Nous souhaitons améliorer la formation à la pédagogie de nos enseignants-chercheurs en nous appuyant notamment sur des cours en présentiel et sur du e-learning. Pour le handicap, l’enseignement secondaire a fait beaucoup d’effort pour amener cette population au baccalauréat et nous devons faire des adaptations pédagogiques pour mieux accueillir les publics spécifiques.
Enfin sur la précarité, nous avons un plan sur quatre ans pour régler le problème de la titularisation des personnels BIATSS de catégorie B et C. Il reste à se pencher sur l’entrée dans la carrière des enseignants-chercheurs.

Depuis la loi LRU, les universités se sont vu attribuer de nouvelles fonctions, et ont dû gérer de nouveaux dossiers, ces problématiques seront-elles aussi abordées ?

Oui. Des problématiques comme le handicap ou l’unification des corps étaient auparavant gérées au niveau gouvernemental et sont maintenant à orchestrer au niveau des universités. Mais nous traiterons aussi de l’action sociale, de la parité et du sentiment d’appartenance…

Il revient à la CPU d’agir pour dire que la sortie de crise que vit notre pays passe par un investissement dans l’enseignement supérieur et la recherche.

Vous avez été élu il y a un peu moins de six mois. Quel bilan tirez-vous de votre début de mandat ? Quels ont été les dossiers les plus chauds, les plus prenants ?

Je trouve cette fonction enthousiasmante, c’est un vrai bonheur ! Je suis à un poste exaltant, au sein d’une communauté vivante à un moment politique excitant avec la loi en cours de discussions.

Le sujet le plus chaud est bien évidemment celui des moyens, car il n’est pas réglé alors même que l’équilibre budgétaire des universités est en danger. Il revient à la CPU d’agir pour dire que la sortie de crise que vit notre pays passe par un investissement dans l’enseignement supérieur et la recherche. Nous avons d’ailleurs pris une position commune avec nos collègues allemands et polonais pour demander que l’ESR soit en dehors de la règle des 3 % imposée par la Commission européenne. Celle-ci devrait se prononcer bientôt sur le sujet.

Sinon j’aimerais souligner la grande avancée obtenue concernant le concours en fin de première année de médecine. Ce sujet plombe l’université et la société civile depuis des années. La CPU a fait des propositions et elles ont été intégrées dans la loi. Il s’agissait aussi d’un sujet chaud, mais dont l’issue sera, je l’espère, heureuse.


Olivier Monod | Publié le

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