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Jérôme Rive (président du réseau des IAE) : "La mise en place de quotas va impacter notre vivier de recrutement"

Morgane Taquet
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Jérôme Rive, président du réseau des IAE © David Venier - Université Jean Moulin Lyon 3
Jérôme Rive, président du réseau des IAE © David Venier - Université Jean Moulin Lyon 3

Contrats d’objectifs et de moyens, quotas de bacheliers technologiques, la loi ESR touche également les IAE (Instituts d'administration des entreprises) qui tenaient leur congrès annuel à Nice les 13 et 14 juin 2013.
Jérôme Rive, directeur de l’IAE de Lyon et président du réseau, revient pour Educpros sur les problématiques et les attentes spécifiques à ces écoles internes aux universités.

Comment se positionnent les IAE vis-à-vis de la loi ESR ?

La grande majorité des IAE relèvent de l’article 713.9 du Code de l’Education, ce qui leur attribue le statut d’école interne et un certain niveau d’autonomie financière et de gestion au sein des universités. Nous demandons simplement l’application du cadre réglementaire lié à notre statut.

Aujourd’hui, seulement une grosse moitié des IAE a signé des contrats d’objectifs et de moyens (COM) pluriannuels. Nous demandons que le COM des écoles internes soit intégré au contrat d’établissement, c’est important d’avoir un outil de dialogue, une base contractuelle d’engagement entre l’IAE et l’université mère. D’autant que notre discipline se prête à cette vision pluriannuelle : nous contractualisons beaucoup avec l’extérieur, nous développons sans cesse de nouveaux produits.
La vision pluriannuelle et un contrat définissant le cadre d’action nous permettent une plus grande souplesse et une plus grande réactivité dans nos développements, pour les appels d’offres par exemple. Malheureusement, la loi ne réaffirme pas pour l’instant ce principe. Mais elle est encore en mouvance… Nous ne désespérons pas !

Nous demandons simplement l’application du cadre réglementaire lié à notre statut

Partagez-vous les craintes des IUT quant à l’accueil des bacheliers technologiques ?

Nous avons discuté de cette question avec l’Adiut (Association des directeurs d'IUT) qui travaille depuis longtemps sur l’intégration de profils divers dans leurs établissements. De notre côté, nous ne sommes pas directement concernés par cette évolution, mais, indirectement, la mise en place éventuelle de quotas impacterait inévitablement l’un de nos principaux viviers de recrutement.

J’ose espérer que la logique pragmatique de proportion, définie territoire par territoire avec le rectorat, l’emportera. Mais il y a une relative inquiétude. Nous resterons très vigilants, dans l’univers hyperconcurrentiel de la formation supérieure au management et à la gestion, quant au maintien et à l’attractivité d’une offre publique d’enseignement supérieur de qualité, ayant d’excellents taux d’insertion professionnelle. Nous partageons avec les IUT ces valeurs et un maillage fort sur l'ensemble du territoire.

Quel était l’enjeu de votre congrès ?

Au-delà de nos spécialisations, l’enjeu de ce congrès consacré à "Sciences et Management" était de dépasser le tryptique traditionnel "droit, éco, gestion". Faire jouer la transdisciplinarité est important dans le contexte de ruptures que nous connaissons.

Nous profitons également des congrès pour partager nos pratiques. Par exemple, les IAE échangent beaucoup sur les accréditations Qualicert, Epas ou AACSB. Nous avons des domaines de compétition entre IAE, mais le réseau est notre force, il constitue notre moyen de développer des coopérations constructives.

Par ailleurs, et comme chaque année, quelques doctorants issus de nos structures sont venus présenter l’avancement de leurs recherches, et recueillir l’avis et conseils des professeurs, ce qui permet de soutenir la formation doctorale en gestion et management.

Le réseau des IAE s’agrandit
A l’occasion de son congrès 2013, le réseau vient d’intégrer l’IAE de La Rochelle, passant ainsi de 31 à 32 membres.
"L'entrée d’un établissement dans le réseau IAE est conditionnée par sa conformité aux règles de certification Qualicert ou toute autre accréditation d’établissement. Cette conformité doit être réalisée dans l’année suivant son admission, qui constituera une période probatoire, faute de quoi celle-ci sera automatiquement révoquée", explique Sarah Lempereur, directrice exécutive du réseau.
Créé il y a 20 ans et certifié Qualicert depuis 2009, l’Institut de gestion de La Rochelle dispose d’une  licence de gestion et deux mentions de master. Il accueille 900 étudiants.

Trois autres IAE ne sont actuellement pas membres du réseau : l’ISAG-IAE St-Etienne, l’IAE Savoie-Mont-Blanc et l’IAE Besançon. A l’heure actuelle, aucune procédure d’intégration d’un nouvel IAE n’est officiellement en cours.

Morgane Taquet | Publié le

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