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Laurent Champaney : "Arts et Métiers doit retrouver de la sérénité"

Laura Makary
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Un cours à Arts et Métiers ParisTech
En 2017, Arts et Métiers sera évaluée par le HCERES et la CTI. Les rapports seront rendus en 2018. // ©  Arts et Métiers ParisTech
Appropriation des nouveaux statuts, avenir d'Hesam, relations avec l'association des anciens...Tout nouveau directeur général d'Arts et Métiers, Laurent Champaney revient pour EducPros sur les dossiers qui vont marquer ses premiers mois à la tête de l'école d'ingénieurs.

Laurent Champaney, directeur général d'Arts et MétiersVous avez été nommé le 27 février 2017 à la tête d'Arts et Métiers à la suite de Laurent Carraro. Qu'est ce qui a, selon vous, fait la différence ?

J'ai un parcours assez classique pour un directeur d'établissement. Je suis professeur des universités avec une expérience en pilotage d'établissement, j'ai travaillé dans le milieu universitaire, ainsi que dans une ENS (École normale supérieure) et j'ai l'habitude de travailler avec les enseignants-chercheurs. De plus, je connais bien Arts et Métiers, sa configuration et son histoire particulières, puisque j'en étais directeur général adjoint depuis 2012.

Votre nomination a eu lieu dans un climat tendu, l'association des anciens élèves ayant exprimé des inquiétudes. Comment y répondez-vous ?

Depuis le conseil d'administration du 12 janvier [au cours duquel trois candidatures, dont celle de Laurent Champaney, avaient été retenues], il y a eu en effet des tensions et un climat peu favorable. Mais l'école doit affronter des enjeux importants, dans une période où la concurrence est à la fois française et internationale.

Il est temps de déposer les armes et de se concentrer sur les enjeux forts pour l'école. Je vais donc rencontrer très rapidement le président de l'association des anciens ainsi que l'association des étudiants, pour voir comment avancer ensemble. Je savais que ma candidature serait clivante, mais, désormais, nous devons trouver des solutions pour travailler et avancer ensemble.

Les anciens sont très attachés à l'école, ils veulent la soutenir et l'aider, et je le comprends. J'ai fait face à des critiques pendant la campagne, mais aujourd'hui, je ne suis absolument pas dans une logique de revanche. Les urgences sont ailleurs.

Quels sont vos projets et les prochaines échéances pour l'école ?

Nous commençons par une année particulière, puisque l'école sera évaluée par le HCERES et la CTI, avec des rapports à rendre cet été, des visites en automne et des évaluations rendues début 2018. L'établissement doit retrouver de la sérénité, pour se préparer à ces échéances importantes. Ce sera l'occasion de préparer des auto-évaluations et de faire le point.

Il est temps de déposer les armes et de se concentrer sur les enjeux forts pour Arts et Métiers

Pour ma part, jusqu'à cet été, je vais entrer dans une phase de communication, pour aller à la rencontre des personnels et des étudiants, voir leur ressenti, partager la situation et leur exposer mes ambitions pour l'établissement. Leurs retours seront bien entendu importants pour établir notre trajectoire.

Arts et Métiers a vécu de nombreux changements au cours des derniers mois, notamment en termes de statuts. Tout cela n'a pas encore été totalement digéré. Nous n'allons donc pas introduire de nouveaux outils, mais, au contraire, faire fructifier ceux en place, pour consolider l'établissement, avec un management participatif. Il nous faut de la stabilité dans l'organisation.

En prenant la tête d'Arts et Métiers, vous héritez d'un autre dossier complexe, Hesam. Quelle est votre position vis-à-vis de la présence de l'établissement dans cette Comue, qui connaît depuis quelques mois des moments compliqués ?

La situation d'Hesam va en effet s'imposer à nous. Cette Comue a mis du temps à se structurer, à cause d'un assemblage d'établissements multi-régionaux, avec une cinquantaine d'implantations, tous différents. À la suite du départ de l'université Paris 1, nous travaillons désormais sur des pistes de réflexion pour le futur d'Hesam, car nous avons jusqu'ici passé beaucoup de temps sur l'organisation et trop peu sur les projets.

Aujourd'hui, les membres sont de taille similaires, il est plus facile de travailler ensemble. Mais on ressent tout de même un essoufflement. Le conseil d'administration doit être reconstruit, il faut se replonger dans nos statuts, créer un conseil académique… Cela demande de l'envie et de la motivation. Étant le dernier arrivé, peut-être est-ce en partie à moi de redonner une impulsion à ces dossiers ? C'est ce que je vais m'attacher à faire, car je suis persuadé que la France a besoin d'établissements comme celui-là.


Laura Makary | Publié le

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Sébastien Favre (CL201).

j'aimerai bien moi aussi une réponse a cette question, et qui n'est pas valable que pour les Arts et Metiers d'ailleurs... Qu'elle est l’intérêt de rassembler des universités avec des écoles d'ingénieurs? pour l'université, on prends bien l'interet... mais pour l'Ecole d'Ingé? Le jour ou le ministere de l'éduc nationnale comprendra que c'est leur intérêt de dialoguer avec les futurs employeurs pour adapter la formation au marché de l'emploi, nous aurons fait un grand pas... dans le cas présent, l'employeur majoritaire est l'industrie, et cette industrie veut des ingénieurs, la simple mention du partenariat avec une université ne fait que dévaluer le diplome...

François Tussy.

Devinez qui était le sinistre de la "déséducation nationale" qui a nommé ce monsieur directeur général adjoint en juin 2012 ?? Réponse : Vincent Peillon... François Tussy (Aix 158)

Frida.

J'entends dire que les A&M s'effondrent dans les classements. Est-ce vrai et quels en seraient les explications ?

Lamoitier.

Bonsoir, J'aimerais comprendre l'intérêt pour notre Ecole de s'allier à une université française qui est malade. Une union avec une autre grande école d'ingénieur ou de commerce me semblerait a priori plus judicieuse. Le rattachement de l'ENSAM à un Ministère à recréer qui serait un Ministère de l'Industrie serait aussi une bonne chose. Jean-Pierre Lamoitier (Li 157)

Baes.

Entièrement d'accord avec ta proposition Jacques Baes (Ai 158)

mal-pensant.

Pour une Ecole, aucun intérêt. L'état croit encore qu'en mettant dans le même lit un malade et une personne à peu près bien portante il va guérir le malade... alors qu'il ne fera que rendre malade l'autre. Pus sérieusement, en termes d'image et de ranking (type Shanghai) il pense que l'insertion des écoles dans les universités suffira à faire briller ces dernières. Pure illusion ! Il faut commencer par soigner les universités et pour ça il faut les délivrer du rôle de garderie post-ba qu'on leur a assigné : -en n'y conservant que les formations ayant des débouchés suffisants et avec des effectifs en lien avec ces débouchés (ce qui implique d'y fermer la plupart des STAPS et des licences de psychologie et de sociologie) -en introduisant une vraie sélection à l'accès à ces formations -et en leur accordant les moyens matériels et humains nécessaires à la crédibilité de ces formations. Ce qui veut dire, grosso modo, que les universités devraient adopter le modèle des écoles... C'est uniquement à ces conditions que des rapprochements mutuellement avantageux pourront s'établir entre écoles et universités.